50 ans de Bossa Nova avec Jean-François Léger: sensibilité et finesse

Ses années de création musicale pour le théâtre de marionnettes, le Théâtre sans fil, ont développé chez Jean-François Léger une sensibilité au mouvement qui se traduit dans sa musique et dans son chant. Cette sensibilité est un atout important pour interpréter avec finesse la subtilité des rythmes de la Bossa Nova qu’il nous fait redécouvrir, mardi le 20 septembre, lors du lancement de son nouveau CD, 50 ans de Bossa Nova, qui sera disponible en magasin dès le 30 septembre.

La voix de Jean-François Léger, tout à fait adaptée pour ce type de chansons nous convainc avec les notes du timbre clair de sa voix, qui est douce et chaleureuse nous transmet à merveille l’esprit de “Saudade” brésilien. Parfois, on peut sentir encore un petit accent qui trahit que le portugais n’est pas la langue maternelle de l’artiste, mais quant à moi, c’est un aspect sans pertinences dans mon échelle d’évaluation. L’artiste ne prétend pas être brésilien et dans un monde où les frontières des cultures s’effacent de plus en plus, tout le monde a un accent et cet accent n’a rien avoir avec une question de talent, mais plutôt, ajoute au charme !

Pour ce CD, Jean-François Léger nous livre son interprétation subtile et nuancée des classiques de la Bossa Nova. Il est à la voix, la guitare. Le piano est parfois interprété par celui-ci et par François Blouin qui a contribué sur les pièces Chega de Saudade et Desafinado, en leur donnant une belle touche personnelle. Les autres musiciens de talent dont Jean-François Léger s’est entouré pour la réalisation de ce CD comptent Michel Dupire à la percussion, François Marion à la contrebasse et à la basse électrique.

Sur cette sélection, ces artistes nous réchauffent le coeur, nous donnent envie de danser. Ils arrivent à recréer l’aspect intime d’une musique de chambre populaire et on se sent assis à côté d’eux en studio. Je dois lever mon chapeau à ces artistes, qui ensemble ont su recréer cette sensation chaleureuse et intime, qui était la démarche de la Bossa Nova, c’est-à-dire de créer une musique de chambre populaire.

Est-ce parce que j’ai besoin de romantisme ou bien que j’ai de la “Saudade”, mais leur musique nous donne le sentiment d’être bercé dans les bras de son (a) amant (e).

Jean-François a relevé un défi de taille avec la sélection qu’il nous propose pour son nouveau CD, 50 de Bossa Nova. Il a su combler les attentes qu’un titre de ce genre puisse générer chez les auditeurs en nous livrant d’abord, des ré-interprétations subtilement personnalisées, des grands noms brésiliens de la Bossa Nova qui ont marqué le monde avec leurs chansons enivrantes comme Vinicius de Moraes, Baden Powell, Antonio Carlos Jobim.

La sélection du CD 50 ans de Bossa Nova nous réserve aussi des surprises et nous refait visiter des chansons qui nous ont plus et que nous n’avions pas nécessairement associées à la Bossa Nova, d’artistes francophones comme Diane Tell et Georges Moustaki dont il interprète une chanson au défi de taille pour l’articulation, le rythme et le souffle !

Avec évidence, les défis ne semblent pas être des obstacles pour cet artiste de la chanson qui sait livrer la marchandise.

Ce qui est marquant chez cet artiste en plus de son souci du détail, de son professionnalisme et de son talent est sa capacité de se mettre en relation avec ses collaborateurs et avec son public. On sent que l’aspect humain est important pour lui et que les gens ne sont pas des numéros, ce qui n’enlève absolument rien au résultat final et à sa qualité. La dernière fois que j’ai pu observer un telle qualité d’amour pour son travail et de respect pour les gens avec qui l’artiste collabore, c’était en Inde, dans un Ashram

En plus de son talent et de ses qualités humaines, ce qui me plaît dans la démarche de cet artiste de la chanson est la clarté de son intention de travail et de l’articulation de son talent pour arriver aux résultats espérés et visés au départ de la démarche artistique.

Le défi était de taille pour arriver à une sélection de chansons représentants les points saillants de l’histoire de la Bossa Nova sans tomber dans le piège d’être trop commercial non plus. J’ai trouvé aussi intelligent, le souci de sélectionner un répertoire de chansons d’artistes en fait, non seulement Français, mais francophone de Bossa Nova.

Tout d’abord, ce choix aide à faire connaître le style et à le rendre plus accessible au public qui ne parle pas encore portugais, les paroles en français donne une autre porte d’entrée pour découvrir l’univers de la “Saudade” brésilienne. Cet accessibilité permet de développer de nouveaux publics et de générer une curiosité envers une culture, riche, qui a tant à offrir encore au monde.

Aussi, dans un monde où la peur des étrangers grandit, montrer des exemples d’échanges et de collaborations culturels réussis a du poids et désamorce à sa façon la machine de guerre. Cela montre la valeur de l’art, si souvent dénigré, mais qui contrairement aux autres domaines, réussit à sublimer les obstacles culturels, et que l’amour et l’ouverture sont les outils les plus puissants que les humains possèdent pour se rapprocher et éliminer les conflits.

Ceci sont des désirs purement égoïste, mais pour la prochaine fois M. Léger peut-on espérer des chansons d’Elis Regina ? Mais surtout, à quand vos propres compositions ? Osez, s’il-vous-plaît !

Si vous ne pouvez pas vous échapper au soleil cet hiver, je vous conseille le CD de Jean-François Léger, 50 ans de Bossa Nova, il vous donnera votre dose de vitamine D.

Bom viagem !

Emma Reno

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