ANDRÉ GAGNON : nouvel album Les voies intérieures disponible

Aux côtés de Michael Néron (coréalisation, prise de son et mixage) et Michel Bélanger (direction artistique), il approche l’essentiel, faisant de nous les témoins des liens secrets qui existent entre son piano et lui. De ce qui était à l’origine des maquettes, ses complices et lui ont choisi de faire des pistes définitives, privilégiant un album « joué » en toute liberté, riche d’un émouvant lâcher-prise.

Ces voix intérieures nous soufflent d’abord Perdue et retrouvée, qui devait figurer sur Les chemins ombragés mais qui, de fait, avait été égarée avant d’être « retrouvée », à temps pour ouvrir le présent opus!

On se laisse bientôt gagner par Petite nostalgie, créée avec une pensée pour son ami Jacques Lacombe, chef de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et de l’Opéra de Bonn, en Allemagne, avec lequel André Gagnon a beaucoup travaillé et qui lui a dit un jour aimer l’entendre jouer en LA bémol, tonalité dans laquelle a été composée la pièce en question. Suivront Presque improvisée, qui de fait est née en studio, alors que le pianiste jouait ce qui lui passait par la tête pendant que Michael Néron installait les micros, ou encore Fin d’après-midi, qui traduit combien l’artiste aime ce moment de la journée, qui marque en douceur la fin de quelque chose et le début d’autre chose.

Compassion, elle, a été composée à l’invitation du producteur d’André Gagnon au Japon, Mitsuo Takaku, suite au tsunami qui a frappé l’archipel nippon en 2011. Encore jamais endisquée, elle trouve sa place ici, hommage aux habitants de ce pays où le pianiste a connu des tournées triomphales et où il a toujours de nombreux admirateurs – Les voix intérieures paraîtra d’ailleurs là-bas en 2017.

S’il comporte surtout des échappées au piano, morceaux introspectifs livrés comme on confie un secret, Les voix intérieures compte aussi quelques pièces orchestrées. Pour cor anglais, d’abord, où l’on entend cet instrument dont André Gagnon aime tant la douceur, et pour lequel il a convié en studio Pierre-Vincent Plante. Vient ensuite Pour Carla, pour et interprétée par la violoncelliste Carla Antoun, dont le compositeur dit qu’elle sait admirablement faire « pleurer » son instrument.

Le parcours se referme avec Aria, créée il y a trente ans, dans laquelle on pourrait voir la synthèse de toute une oeuvre : l’orchestration y est riche, on y entend notamment le violoncelle de Guy Fouquet et la voix de Catherine Robbin, mais aussi les synthétiseurs de Scott Price. André Gagnon ne joue pas sur Aria, d’ailleurs, comme s’il lui avait donné son impulsion avant de se retirer, sur la pointe des pieds, pour laisser la musique vivre d’elle-même.

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