Arion se dépasse : Merci madame Guimond !

Le concert d’Arion, présenté à 4 reprises cette semaine, est porteur de bonheur ! La complicité entre les musiciens de cet orchestre et le violoniste et chef invité, Enrico Onofri, ancien leader d’Il Giardino Armonico, est belle à voir et à entendre !

Enrico Onofri, violoniste et chef d’orchestre

«Musica notturna» s’ouvre avec la sérénade, «L’appel du veilleur de nuit» de Biber, qui s’avère une captivante entrée en matière, tellement les cordes des violons et altos, qu’on joue sans archet, sont pincées avec précision. Après un concerto pour 2 violons, cordes et basse continue de Barsanti, rarement entendu et le concerto pour flûte «La Notte» de Vivaldi, ce voyage musical emprunte la «Musique nocturne des rues de Madrid» de Boccherini, interprétée avec subtilité et nuances. On croit rêver ! Enfin, les musiciens se donnent avec un plaisir évident dans l’énergique «Serenata notturna» de Mozart, où le savoir-faire du timbalier, Ed Reifel, a de quoi épater.

Comme il s’agit du tout dernier concert conçu par Claire Guimond, qui va dorénavant partager son travail de direction artistique avec Mathieu Lussier, saisissons l’occasion pour souligner l’apport de cette artiste talentueuse et généreuse. Madame Guimond est la directrice artistique d’Arion depuis sa fondation en 1981. On constate une fois de plus, avec le concert «Musica notturna», que l’idée d’inviter à plusieurs reprises un musicien porte ses fruits. En effet, Enrico Onofri, qui en est à sa troisième visite chez Arion, semble plus à l’aise que jamais avec cet orchestre. On se souviendra aussi des prestations flamboyantes du clarinettiste et chef italien Lorenzo Coppola. Quelle bonne idée de nous avoir présenté ce brillant vulgarisateur qui peut illustrer ce que raconte la musique de Haydn ou Mozart, en la mimant à la manière d’un personnage de la commedia dell’arte !

 

Claire Guimond, flûtiste, a aussi signé des disques remarquables, notamment, «Guimond & Trio Sonnerie», consacré à Mozart. De plus, elle a contribué à la reconnaissance de nombreux talents, entre autres, celui de Vincent Lauzer, dont le disque «Vivaldi : Concertos pour flûte à bec», enregistré avec Arion, a reçu un «Diapason d’or» (http://lesartsze.com/un-diapason-dor-et-de-la-grande-visite/).

Jeudi soir dernier, lors de la première du concert «Musica notturna», madame Guimond qui s’apprêtait pourtant à monter sur scène pour jouer l’exigeant concerto «La Notte» de Vivaldi, prenait tout de même le temps d’accueillir les mélomanes, comme d’habitude. Toujours passionnée et au service de la musique, elle est allée jusque dans les recoins du hall de la Salle Bourgie, invitant gentiment les gens à se déplacer pour écouter les propos éclairants d’une musicienne sur les compositeurs et les oeuvres au programme. Merci madame Guimond ! Vous allez nous manquer. Ne vous éloignez pas trop.

 

Arion Orchestre baroque

Musica notturna

Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704)
Sérénade Der Nachtwächter pour cordes et basse continue

Antonio Vivaldi (1678-1741)
Sinfonia tirée de la sérénade La Senna Festeggiante pour cordes et basse continue

Francesco Barsanti (1690-1775)
Concerto no1 en sol majeur pour 2 violons, cordes et basse continue
D’après la Sonate Notturne Op.VI de G.B. Sammartini

Antonio Vivaldi
Concerto La Notte, RV439 pour flûte, cordes et basse continue

Luigi Boccherini (1743-1805)
La Musica Notturna delle Strade di Madrid, op. 30 no 6, G324 pour cordes

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Serenata notturna, K. 239 pour 2 violons, alto, contrebasse, cordes et timbales

À la Salle Bourgie, jusqu’au 5 mai

 

Sujets connexes

Print Share Tweet Follow Email +1 Share