The Book of Mormon ou l’art de divertir intelligemment

The book of mormon

Encore une comédie musicale ? Du chant, de la danse, des décors, le tout impeccablement orchestré ? Oui, il va s’en dire. Mais pourquoi The Book of Mormon a-t-elle acquis en 6 ans à peine une telle notoriété ? Sans doute parce que cette fois-ci, le texte n’est pas délivré dans l’unique but de réunir deux numéros musicaux, mais bien dans celui de faire réfléchir… dans la bonne humeur !

Pour les connaisseurs, Trey Parker et Matt Stone à l’origine de la création de The Book of Mormon, sont avant tout les créateurs de South Park, série télévisée américaine au ton acerbe, sarcastique et… disons-le… au langage quelque peu fleuri, qui se fait un malin plaisir de critiquer la société bien pensante de nos voisins. Là où on ne les attendait donc pas spécialement, ces deux messieurs nous proposent une comédie musicale dans tout ce qu’elle a de classique, mais avec leur humour grinçant et décapant en prime !

C’est donc dans cette atmosphère un peu déroutante que l’on suit la quête de deux missionnaires mormons, Elder Price et Elder Cunningham, envoyés en Uganda pour propager « la bonne nouvelle ». Mais une fois sur place, ils s’aperçoivent rapidement que les villageois ne portent pas vraiment Dieu dans leur cœur, eux qui se trouvent sous l’emprise d’un général sanguinaire sans foi ni loi. Leur séjour ne s’avère pas de tout repos et leur fera prendre conscience de ce qui les unit ou pas à leurs soi-disant croyances.

The Book of Mormon critique – c’est indubitable ! – la religion du mormonisme, sans violence ni polémique gratuite. De surcroît, elle offre un revirement final bien pensé : Elder Price au départ si croyant et persuadé de sa foi, finit par ne plus vraiment s’y retrouver alors qu’Elder Cunningham, tombé par accident dans la marmite, l’envisage sous un angle bénéfique, le tout opéré grâce à leurs expériences personnelles, dans un même contexte, mais avec une approche différente.

Que vivent-il donc en Uganda me demanderez-vous ? Au travers des numéros musicaux enchaînés avec une précision et un rythme ébouriffant, les maux de l’Afrique les frappe de plein fouet : dictature, famine, maladies, circoncision ! Pas facile de parler de circoncision dans une comédie musicale ! Pourtant, le message passe, avec juste ce qu’il faut de dérision pour rester élégant. La force de cette pièce : faire l’humour, pas la guerre.

Si notre prise de conscience n’est probablement pas décuplée en sortant de la salle, j’ose croire que tout a chacun ressort conscientisé des difficultés réelles de notre monde actuel. J’ose croire également, que la curiosité d’en connaître un peu plus sur cette religion et ses valeurs, se fait une place dans notre esprit. Certes, elle reste controversée, mais il est toujours de bon ton de savoir de quoi il est question lorsque vient le temps de critiquer.

This book will change your life!”… Peut-être pas à ce point, mais il vous fera assurément passer une belle soirée !

 

The Book of Mormon est présenté jusqu’au 23 avril à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Livrets, dialogues et musique TREY PARKER, ROBERT LOPEZ ET MATT STONE

Supervision musicale et arrangements vocaux STEPHEN OREMUS

Chorégraphies CASEY NICHILAW

 

Durée du spectacle
2 h 45 avec entracte

mm

par 

Charleyne Bachraty développe sa passion pour les arts depuis plus de 25 ans. Tout d'abord danseuse classique, elle se diversifie dans différents styles et a participé à plus d'une centaine de projets scéniques depuis ses débuts : concours, démonstrations, comédies musicales...

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