Chat en poche de Feydeau: enfin du rire à l’ancienne!

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Chat en Poche au Theatre de Rougemont

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais les sacres et la vulgarité ne m’ont jamais fait rire. Je préfère les situations loufoques, les absurdités de la vie racontées sur scène, les jeux de mots brillants et les comédiens qui savent faire rire. C’est exactement ce que j’ai retrouvé au Théâtre de Rougemont que dirige depuis plusieurs années, Jean-Bernard Hébert, l’homme de théâtre qui depuis une trentaine d’années prend des risques fous afin de présenter du théâtre de qualité durant la saison estivale et en tournée.

Il avait déjà produit le Dindon de Feydeau qui est devenu un classique des théâtres en été dans les années 90 et voilà qu’il renoue avec le maître de la comédie de situation en présentant Chat en poche à Rougemont avec huit comédiens. Feydeau, c’est le maître du rire au théâtre et la plupart des comédies présentées au théâtre en été, s’inspirent de ce génie du quiproquos et du rythme comique.

À Rougemont, on a fait honneur au grand maître avec des comédiens de talent qui jouent parfaitement à l’intérieur du texte, sans en changer une virgule, un mot, une intonation; sans cela l’effet comique est détruit. Parce que le théâtre de Feydeau, c’est d’abord et avant tout une performance de comédiens.

Vincent Bilodeau se surpasse dans le rôle de l’homme d’affaire Pacarel qui a fait fortune dans le commerce du sucre et qui entend monter un opéra composé par sa fille Julie. Pour ce faire, il engage à fort prix, un ténor venu de l’opéra Bordeaux. Lorsque celui-ci s’amène chez les Pacarel, on s’aperçoit vite que le beau jeune Bordelais n’est pas celui que l’homme d’affaires espérait.

Il s’agit de Dufausset qui porte bien son nom tant il fausse mais on ne le sait pas encore et on le traite comme un grand ténor qu’il n’a jamais été et qu’il ne sera jamais. Qu’importe, il plaît à l’épouse de Pacarel, Marthe, à sa fille Julie ainsi qu’à une certaine Bibiche qui croient tous être aimées du jeune bellâtre. Bibiche est un personnage spécial interprété par Frédéric-Antoine Guimond. Dès qu’on l’aperçoit un jurerait une femme à très forte taille croulant sous les bijoux et les fourrures.

En réalité, c’est une création spectaculaire du comédien Frédéric-Antoine Guimond qui est la véritable révélation de ce spectacle. Jean-Bernard Hébert qui, une fois de plus, se paye la traite en interprétant un rôle dans une de ses productions, nous surprend avec des effets comiques dans la peau du docteur Landenau, un ami de Pacarel. Les deux personnages seront cocus dans cette histoire rocambolesque interprétée à un train d’enfer.  Et Jean-Bernard, cet amoureux du théâtre et de ses interprètes est celui qui s’amuse le plus follement sur scène.

Daniel Paquette, un des metteurs en scène vedettes du théâtre québécois depuis Roméo et juliette, Les liaisons dangereuses, La Cerisaie, Le Barbier de Séville, le Cid et autres pièces de répertoire, a manifestement imposé une rigueur dans cette comédie qui ne dépasse pas la mesure. Adèle Reinhart, par exemple, qui décroche un rire au moindre clin d’œil, s’est contenue et bat la mesure dans le rôle de madame Pacarel. Pierre-Luc Legault qui se tourne littéralement sept fois la langue avant de parler interprète un personnage particulièrement caricatural, lui aussi, sans dépasser la mesure. Une autre révélation du spectacle. Marcel Pomerlo, le serviteur Tiburce, le genre de personnage qu’affectionne particulièrement Feydeau, donne du mordant à la pièce avec ses répliques parfois cinglantes à l’endroit de ses maîtres. Bonne performance avec la perruque la plus laide qui soit.

Finalement, Lynda Johnson et Samuel Côté, le couple romantique de la pièce, interprètent Julie et Dufausset avec une belle énergie et un brin de sentiment qui couronnent fort bien cette comédie qui pourrait faire votre bonheur cet été.

Notes : Chat en poche de Georges Feydeau est présentée au Théâtre de Rougemont jusqu’au 26 août. Réservations au 450-469-1006…Il faudrait bien finir par annoncer dans les médias, la contribution de Pierre Karl Péladeau qui permettra aux productions Jean-Bernard Hébert de continuer le travail entrepris, il y a 32 ans. Chapeau au mécène qui devient ainsi partenaire du théâtre imaginé par Jean-Bernard Hébert.

 

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