« Cinderella » à la Place des Arts : un classique surprenamment revisité !

Montréal aime les comédies musicales. Il y a quelques années, Le Roi Lion, Cats, Wicked et Shreck s’étaient enchaînées en moins de temps qu’il n’en faut à Cendrillon pour se transformer en princesse. Pas étonnant donc, que ce spectacle à gros déploiement ait attiré de nombreux spectateurs Mardi 18 octobre pour sa première nord-américaine.

Avant tout, soyons directs : il ne s’agit pas de la version de Disney. Certes, les grandes lignes ont été conservées mais l’humour corrosif, les encarts à l’histoire originale et le rythme de la mise en scène pourraient surprendre quelques parents…

Dans un décor de forêt digne d’une image 3D, Cinderella fait son entrée, blonde et habillée de haillons. Jusque là, tout nous est familier. Mais une scène plus tard, voici que le Prince, tout en clichés et en crânerie, doit en découdre avec une cigale géante !!! Le ton est donné et un sourire vient de s’accrocher à notre visage.

Peu à peu, les autres personnages font leur apparition : les demi-sœurs godiches, la cruelle belle-mère, la fée marraine – dont la voix à elle seule vaut le déplacement – et un petit nouveau « Jean-Michel », militant politique dont le but ultime est de convaincre le Prince d’écouter son peuple.

Car oui, l’humour n’est pas utilisé uniquement pour désacraliser ce grand classique, mais sert aussi à mettre l’emphase sur l’injustice sociale, quête qui devient plus importante surtout dans la deuxième partie.

L’histoire, vous la connaissez ou presque : un grand bal est organisé pour obliger le Prince à choisir sa future épouse parmi une ribambelle de jeunes premières, alors que Cinderella vaque à ses occupations dégradantes ordonnées par sa belle-mère. Avec l’aide de sa fée marraine, la jeune fille parvient tout-de-même à se rendre au bal et réussit à attirer l’attention du Prince, grâce à sa beauté bien sûr, mais surtout grâce à sa gentillesse.

Cette première partie très rythmée, comporte la majorité des numéros dansés avec des chorégraphies soignées, synchrones et originales. Dans ce foisonnement de costumes, impressionnants et de superbes jeux d’éclairage, les transformations de la fée marraine et de Cinderella – les faisant passer de pauvres paysannes à magnifiques altesses en un tour de main ! – ont suscité des applaudissements sentis.

Malgré l’excellent numéro de Charlotte, la plus aigrie des deux sœurs, le défaut souvent observé dans les comédies musicales se retrouve ici avec une deuxième partie moins énergique. L’accent est mis sur l’amour naissant entre nos deux protagonistes et sur le combat de Jean-Michel.

« Pour être un bon roi, vous devez faire attention à ce que l’on vous dit d’ignorer », dixit Jean-Michel au Prince, qui, confronté à sa grande naïveté, décide de devenir digne de ses responsabilités en tenant tête à son conseiller. S’en suit la fameuse scène d’essayage de soulier qui lui permet – enfin ! – de reconnaître sa dulcinée et de la demander en mariage. Et c’est sur une cérémonie grandiose et un baiser langoureux que se termine le spectacle.

Si vous êtes ouvert à l’idée de bousculer un peu vos classiques, ce divertissement est à voir assurément. Petit bémol cependant : les nombreux francophones présents auraient peut-être appréciés des sous-titres français. Pour le reste, on passe une excellente soirée avec des artistes de talent qui prennent un plaisir évident à faire partie de cette douce folie.

D’une durée de 2h15 avec entracte, le spectacle « Cinderella» est présenté jusqu’au 23 octobre, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

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Charleyne Bachraty développe sa passion pour les arts depuis plus de 25 ans. Tout d’abord danseuse classique, elle se diversifie dans différents styles et a participé à plus d’une centaine de projets scéniques depuis ses débuts : concours, démonstrations, comédies musicales…

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