Cinémania : Un fidèle portrait de toutes les époques des amours masculines habituelles

Le cinéaste Christophe Honoré nous offre dans Plaire, aimer et courir vite un portrait des plus réalistes des rencontres homosexuelles avant notre ère actuelle des mariages gais et surtout le rachat de la bonne image sociale via les récentes familles homoparentales recherchant désormais l’acceptabilité du mimétisme hétérosexuel. En effet, les scènes de rencontres multiples, jour après jour, la multiplicité des rapports sexuels consentis et collectionnés comme autant de trophées de chasse, le refus de s’engager même en couple officiel quasiment toujours ouvert de part et d’autre à toutes les aventures, tout cet étonnant monde de franchise face au désir sexuel spontané et authentique entre mâles n’ayant jamais peur de leur sueur, eh bien tout cela est montré au grand écran par une histoire s’étant sans doute répétée des centaines de milliers de fois de par toute la terre.

Voici l’affabulation… Un jeune homme renaît de 22 ans soit Arthur (Vincent Lacoste) choisit enfin d’assumer sa préférence pour les hommes (ce qui présuppose de larguer quelques filles cousines lointaines de la nymphe Écho) mais il accepte de poser les mains dans les aventureux pièges de la séduction réciproque en se mesurant à plus expérimentés que lui soit des Parisiens dont un certain Jacques (Pierre Deladonchamps) âgé de 34 ans, contaminé du Sida à l’époque où on en mourait encore. Ce trentenaire a un très jeune fils qui assiste à tous ses ébats amoureux, mais ce n’est pas sur lui que porte le questionnement mais sur Arthur et Jacques qui est en plus écrivain publié et reconnu (Arthur visite emblématiquement les tombes de Bernard Marie Koltès et François Truffaut -?!!- au Père Lachaise).

Le début du film est pétri de la même frivole légèreté que la fin qui anéantit tout projet de vie commune et montre un jeune homme de plus comme ayant été dupé par un aîné dans ce milieu en trompe l’oeil qu’est le monde des mâles coureurs cherchant conquête par dessus conquête afin de plaire infiniment et de m’aimer qu’accessoirement en ample liberté très inconvenante pour les uns et très naturelle pour les autres. Un conte du désenchantement mais un portrait fidèle de la plus exacte et entière des libertés sans attache. Un très juste miroir de la grande majorité des amours masculines aujourd’hui même que nous feignons d’être si conformistes ou non au nom de la nauséabonde bien-pensance… Ce film fera l’ouverture prochaine du festival gai Image et Nation sous peu.

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