Complètement Corcoran : l’art de la «playlist»

Lancée à quelques semaines de Noël, la compilation qui survole la carrière solo de Jim Corcoran mérite qu’on s’y attarde après le tumulte des Fêtes. Les 19 pièces de Complètement Corcoran pourraient sans doute être considérées comme un modèle de «playlist», concocté par Michel Bélanger, fondateur de la maison de disques Audiogram. Ça commence tout doucement avec De quoi j’me mêle, puis chaque chanson amène naturellement la suivante par le propos et le ton. Fallait s’y attendre met judicieusement la table pour Perdus dans le même décor dont l’émotion ajoute à l’intensité de On s’est presque touché. Fidèle à l’esprit du pétillant Jim, bientôt septuagénaire, on fait aussi place à l’humour et l’autodérision, alors que J’vais changer le monde est suivie par D’la bière au ciel et Je me tutoie. Soulignons qu’on a retenu principalement des titres folk. Ce n’est d’ailleurs qu’à la quinzième pièce qu’on retrouve le Corcoran qui en a fait danser plus d’un avec C’est pour ça que je t’aime, suivie de Ton amour est trop lourd. Vous aurez compris qu’il ne s’agit pas d’un «best of», comme disent les français. Il ne faut pas s’attendre à y trouver les mémorables Chair de poule, En chair et en os, J’ai fait mon chemin seul, Revenu de guerre et L’aube tarde. L’album se termine en douceur avec une nouvelle version de Éloge de la page blanche, en collaboration avec Jérôme Minière et Julie Thériault.  En résumé, Complètement Corcoran est une fine liste de lecture nous rappelant l’envergure de cet auteur-compositeur-interprète qui s’était effacé, depuis 2005, pour se consacrer à l’animation radiophonique. Le livret inclut les textes des chansons, ce qui n’est pas toujours le cas pour les compilations.

3,5 / 5

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