Critique du dernier album d’Anonymus: Sacrifices

 

Peu de formations Métal peuvent être fières d’avoir démontré une stabilité si exemplaire et une continuité dans ce monde musical de plus en plus ardu. Déjà trente années nous séparent des débuts du groupe québécois Anonymus et à défaut de recevoir des présents en cet anniversaire, ils nous offrent un nouvel album surprenant et digne de leur expérience ainsi que de leur savoir-faire.

Un titre qui en dit long ; Sacrifices, où l’on emploie le pluriel afin de (je crois) nous démontrer que leur carrière n’a pas toujours été aisée et sans rebondissements.

L’album débute avec la pièce titre, une intro d’un peu moins d’une minute, une entrée en matière en lenteur et en nous préparant à enfoncer le premier clou.

Fusionnée avec l’intro par une habile manipulation de type fade out fade in afin d’en assurer une continuité, la pièce L’union fait la force agit comme un hymne, une invitation à l’éveil des masses et de sa solidarité nécessaire afin d’éviter le pire pour notre avenir et futur. Très actuelle et impliquée socialement cette composition me rappelle les années quatre-vingt-dix où le death metal se mêlait très souvent aux thèmes et enjeux sociaux surtout dans la communauté punk et hardcore, ayant une forte tendance humanitaire et dénonciatrice.

Contrairement à nos habitudes, le refrain de la chanson est le moment le moins agité versus les autres moments de la pièce. Tout se finit en beauté avec un clin d’œil musical nous rappelant l’intro qui nous avait préparés à ces sournoises détonations bien orchestrées.

Scandale est un titre une fois de plus dénonciateur et revendicateur et se veut un regard sur la société malade. Des blast beats, des riffs à la Slayer nous entraine dans ce tourbillon de démence. La production est béton et sonne comme une tonne de brique!

La mèche est courte est comme une déflagration inattendue. De la vitesse, des guitares très <<Slayer-esques>> et des percussions très rapides qui nous propulsent à vitesse grand V. Du très bon thrash métal.

Vermine me donne littéralement l’envie de me lancer un mosh-pit, je suis dans un endroit public dont je vais devoir m’abstenir. Je me contenterai de mouvements cervicaux répétitifs et enjoués. Impossible d’être indifférent sur ce morceau alliant énergie, agression sonore ainsi qu’une certaine finesse.

Menaces de mort serait une histoire vécue au sein de la formation durant leur carrière. Nous avons donc droit à une violence exutoire sans pareil. Des guitares enflammées, de la batterie hargneuse et surtout, surtout, l’ardeur et la conviction dans les propos et chants d’Oscar.

Soif de vengeance semble être une certaine continuité dans le sens où le groupe semble avoir un certain désir de remettre les pendules à l’heure, et un besoin d’exorciser une certaine négativité. Le tout est très bien délivré.

La violence engendre la violence est, contrairement à ce que l’on pourrait croire, une chanson munie d’une certaine morale, un récit démontrant l’inutilité de la violence pour régler les conflits. Dès les premières secondes, nous partons en guerre : rapidité d’exécution d’une précision chirurgicale. Une structure musicale très death métal voire death thrash. Une dénonciation de la violence et surtout de ses effets pervers, son cercle vicieux. De très efficaces mélodies inspirées sont déployées près de la dernière minute de cette pièce formidable tant au niveau de l’exécution que du rendu final. Du très bon Anonymus.

Ces gaillards et vétérans n’en ont toujours pas fini avec nous et détruisent tout avec la pièce Pulvérise, un vrai thrash de la vieille école. La basse est très présente par moments pour mon plus grand plaisir, et comme disent les paroles : Ils me pulvérisent. Et c’est tout ce que je mérite. Nous avons droit à des rythmiques enlevante et musclées qui ne laissent aucune place pour le superflu. Au diable la nonchalance.

Le mur a une structure death mélodique digne de nos amis suédois et c’est vraiment intéressant. Ça me rappelle si je peux me permettre la formation At the gates. Une fois de plus et ce, plusieurs fois sur cet album, Oscar parle à la première première personne (JE) et s’adresse directement à quelqu’un en employant à profusion le TU. Le refrain sonne typiquement québécois et c’est vraiment excellent.

Positif signe l’approche de la fin sur une note conciliatrice et comme le dit le titre, positive. On peut apprendre de nos erreurs et continuer son cheminement toujours plus loin et mieux encore. Et pour terminer ma critique et ce voyage musical, je citerai ces paroles qui résument fort bien l’album ; Je laisse l’obscurité derrière moi et vais vers la lumière.

Merci Anonymus.

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