Daniel Bélanger: un samedi soir en temps de paix…

Daniel Bélanger
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Marc-Yvan Coulombe

Daniel Bélanger remontait sur scène avec son spectacle tant aimé Paloma, quelques heures après une manifestation dans les rues de Montréal, en appui aux centaines de milliers d’Américains qui réclament un meilleur contrôle des armes à feu. Après les craintes légitimes exprimées sur toutes les ondes, l’heure était à la chaleur humaine et aux retrouvailles. D’ailleurs, Bélanger, pince-sans-rire, dira: «Y’a que des gens qui ont déjà vu le spectacle, ce soir!» Chose certaine, Daniel et ses quatre musiciens offrent deux heures de musique si propices aux déhanchements et aux envolées vocales qu’on ne se ferait pas prier pour y retourner.

Une fois de plus, des chansons du dernier album (Il y a tant à faire, Tout viendra s’effacer, etc.), côtoient celles d’autrefois (Sortez-moi de moi, Rêver mieux, etc.) qui n’ont pas pris une ride. Bélanger le rassembleur n’aura même pas besoin de le demander et le public chantera «Six milliards, six milliards de solitudes; six milliards ça fait beaucoup». On aura beau dire, mais il semble que le public a plus le coeur à chanter certains soirs, peut-être, entre autres, quand il a eu l’occasion de se rappeler quelques heures plus tôt à quel point tout est fragile devant une gachette.

Blagueur, Bélanger fait confiance au public et le prévient qu’il pourrait y avoir des spectateurs bavards durant les chansons. «Je vous laisse gérer ça. Ceux qui parlent, ce sont ceux qui n’ont pas payé, mais, il n’y en a pas beaucoup.»

Sans crier gare, Bélanger passe d’un humour bon enfant, à des refrains bouleversants d’où émane une quête de respect rarement chantée en ces termes: «Tu peux… chercher ton bonheur loin de moi, ailleurs, mais il y a la manière, la manière».

Si la musique est souvent rock, dansante et bien nourrie en décibels, la soirée ne manque pas non plus de moments doux sur le ton de la confidence, comme lorsque Bélanger rend hommage à Ferland qui a influencé son écriture.

Émotions fortes avec La folie en quatre que tout le monde fredonne avec lui. Puis, on cède les ondes à Daniel qui, seul à la guitare, chante: «Alors avant qu’un de ces jours la folie… Je t’aime» Un frisson traverse la salle.
Nous quittons le MTelus émus et sereins. Paloma, faut-il le rappeler, est un prénom évoquant la paix.

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