Entrevue d’Alexandre Fecteau pour Le Timide à la cour jusqu’au 22 octobre à Denise-Pelletier

Alexandre Fecteau a fait la mise en scène de la pièce Le Timide à la cour de Tirso Molina. Notre collaboratrice Emma Reno l’a interviewé.

Je suis au courant que vous avez reçu une invitation de M. Poissant pour cette mise en scène le Timide à la cour. Aviez-vous le désir de travailler sur un classique et sur une comédie ?

En fait c’est une collaboration avec le Théâtre de la Banquette Arrière et oui, j’avais envie de travailler sur des classiques.

Pourquoi avez-vous retenu cette pièce ?

Déjà le Siècle d’or était une période qui m’intéressait. On a lu plusieurs pièces et nous avons retenu celle-ci à cause des représentations du théâtre dans le théâtre, de ces mécanismes classiques, de ces ressorts surprenants et de ces personnages féminins hors du commun. La place des femmes était plus importante dans cette pièce et les femmes étaient moins accessoires. Outre cet aspect, la pièce adresse aussi les thèmes de l’amour, du premier amour, de quête d’identité et des questions de pouvoir, pouvoir qui diffère selon les genres. (féminin ou masculin).

Nous avons aimé et choisi cette pièce aussi pour son inventivité et son originalité. Il y a un moment dans le pièce très original où Magdalena fait semblant de dormir et utilise ce subterfuge pour faire avouer à son désiré ses sentiments pour elle.

La pièce regorge aussi de situation de théâtre dans le théâtre ce sur quoi nous avons mis l’emphase. Au cours de l’histoire on peut observer aussi que tous les personnages usent de la tromperie dans leur quête de pouvoir et identitaire afin d’arriver à leurs fins. La pièce est montée sous forme de grands sketchs.

Comment avez-vous approché la mise en scène de ce classique, est-ce dans la même lignée que vos mises en scène précédentes ?

Non, on trouvait que faire une adaptation trop contemporaine de ce classique ne se prêtait pas à cette pièce et à la situation, nous sommes restés dans les conventions. Nous avons plutôt focussé sur le jeu. Je sépare mon travail personnel du théâtre classique. Pour moi, ce sont deux approches complètement différentes. Comme le texte est touffu et met vraiment l’emphase sur l’aspect parlé, je l’ai priorisé et l’ai mis à l’avant.

Avez-vous utilisé la version originale ? Oui

Avez-vous fait des coupures ? Oui, car sinon le spectacle aurait duré 3 heures, ce qui aurait pu être correct aussi, mais ce n’est pas ce que nous cherchions.

Avez-vous utilisé le texte original en espagnol ? Non, seulement la traduction française, car je ne parle pas espagnol.

En ce qui concerne la direction d’acteur comment avez-vous travaillé ? Quel style de jeu avez-vous favorisé? stylisé, réaliste, performatif ?
Comme je disais, j’ai séparé mon approche de mon travail de création personnelle, alors, il n’y a pas de projection et ce n’est pas un spectacle participatif. Nous n’avons pas eu recours à un chorégraphe, mais, nous avons tenté d’ancrer le jeu dans le corps, de rendre les enjeux du corps présents. Ils sont utilisés comme de petits accents qui nous amènent ailleurs, nous font sortir du jeu réaliste et nous amènent plus dans un univers de symboles et d’images.

Nous avons utilisé différents niveaux de jeu pour représenter les différents niveaux de pouvoir des personnages.

Comment avez-vous travaillé votre création en lien avec les autres disciplines ? Avez-vous participé à l’élaboration de la scénographie et des éclairages, par exemple ? Oui bien sûr, comme dans tout autre travail de mise en scène.

En ce qui concerne la musique nous avons essayé plusieurs pistes. Nous voulions une légère touche espagnole. Finalement, Éric Forget a créé l’environnement sonore avec ces machines virtuelles.

Est-ce que vous avez rencontré des obstacles ? Oui bien sûr comme dans tout processus de création.

Comment cette expérience s’est déroulée avec la nouvelle équipe du Théâtre de la Banquette arrière ? C’était un plaisir de travailler avec ce groupe. Ils sont ensemble depuis 15 ans, cela paraît, on sent une superbe cohésion dans le groupe. Ils ont été super généreux et m’ont fait confiance.

 

Alexandre Fecteau: prix John-Hirsch 2013

mm

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