À ne pas manquer: « Être ailleurs : l’année québécoise de M. Juppé » à Grands reportages ce jeudi – un gain en humanité

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Jeudi 17 novembre, à 20h, le documentaire de Carl Leblanc « Être ailleurs : l’année québécoise de M. Juppé », sera diffusé en primeur dans le cadre des Grands Reportages d’ICI RDI.

Retour aux faits
Fin de l’année 2004, la Cour d’appel de Versailles rend son verdict : l’ancien Premier Ministre français, Alain Juppé, est disqualifié de la course politique pour un an. S’ajoute à cela 14 mois de prison avec sursis qui constituent la sentence pour avoir détourné des fonds publics à des fins partisanes. La famille Juppé s’exile alors au Québec pour un an, le temps que la situation se décante et que l’homme politique regagne son éligibilité.

Le documentaire
On lui propose les termes de « traversée du désert ou purgatoire ». Il choisit « rédemption » pour qualifier son expérience au Québec. Carl Leblanc a fait de cette « année québécoise » – année hors du commun pour l’homme politique français – un documentaire captivant. « Être ailleurs : l’année québécoise d’Alain Juppé » est articulé en neuf chapitres : De la « Bienvenue » au Québec à « Je reviendrai à Montréal », clin d’œil à la chanson de Robert Charlebois qui apparaît dans le documentaire en tant qu’ami d’Alain Juppé, aux côtés de Claude Fournier et Jean Charest notamment.

Le documentaire, « Être ailleurs : l’année québécoise de Monsieur Juppé » de Carl Leblanc, est construit à partir d’entretiens rétrospectifs, d’images de la vie de famille, d’excursions à vélo, des différents lieux visités au Québec, de dépêches de presse et des commentaires d’amis ou d’observateurs québécois. Le documentaire de 55 minutes intéressera assurément les observateurs du paysage politique français mais aussi les analystes de « l’exil » et les curieux de la perception du Québec par ce « nouvel arrivant ».

L’arrivée
Suivant la chronologie des faits, le documentaire débute avec le départ de la France et l’arrivée à Montréal de la famille Juppé. Le parcours de l’homme politique français, coupable d’avoir détourné des fonds publics pour financer son parti, « sans enrichissement personnel » souligne-t-il dans le documentaire, n’a échappé ni aux médias québécois, ni aux bureaux d’immigration qui le perçoivent, confie-t-il à la caméra, comme un « dangereux criminel ». Il va sans dire que l’accueil qui lui est réservé n’est pas des plus chaleureux. Alain Juppé tente d’intégrer le corps professoral de l’UQÀM qui craint véritablement pour la réputation de son institution académique et qui se mobilise en défaveur de son engagement. « L’appréhension était devenue son nouveau métier », confie son épouse, Isabelle Juppé, à propos de ses débuts au Québec. L’ancien Premier Ministre français se tourne alors vers l’Ecole Nationale d’Administration Publique (ENAP) qui se montre, elle aussi, réticente avant de lui offrir un poste de Professeur invité. Paradoxalement, dans les rues de Montréal, il évolue dans l’anonymat. « [En tant que personnalité politique], on a besoin d’exister dans le regard de l’autre. J’aime être reconnu. C’est ce qui fait qu’on accepte nos contraintes ».

Une nouvelle vie
Si son arrivée au Québec s’annonce complexe, la suite de son expérience sera des plus positives. Alain Juppé semble découvrir une vie en dehors de la politique. « Nous avons dû apprendre à vivre une nouvelle vie ». L’homme politique renoue avec la vie de famille et les petites choses du quotidien qui lui avait échappées alors qu’il était absorbé par ses mandats politiques. Pour ce visage de l’élite politique française, quelle déconvenue de se retrouver au volant de sa voiture, sans chauffeur ni sans agent de sécurité! « Cherchiez-vous un mode d’emploi de la vie domestique? », interroge le narrateur. Monsieur Juppé reconnaît que ça aurait pu constituer une épreuve pour sa famille mais il affirme : « On a trouvé une harmonie ». C’est également ce que relatent les entretiens avec Isabelle Juppé, pétillante, qui garde un souvenir heureux du Québec, pour ne pas dire un brin de nostalgie. « Le Québec, ça a été chez nous », rappelle Madame Juppé à la caméra. « Il y a des larmes d’émotion lorsque nous retournons au Québec », ajoute Alain Juppé.

Le retour
Le documentaire conclue sur le retour d’Alain Juppé et de sa famille, à Bordeaux. « J’ai été condamné devant le pouvoir judiciaire. J’avais besoin de «relégitimation», de rédemption devant le suffrage universel ».

Le momentum
A quelques jours de la première échéance des primaires républicaines en France, le documentaire complète le portrait un peu « vieille France » qu’incarne habituellement ce professionnel de la politique. Le bilan que dresse le documentaire de Carl Leblanc de cette « année québécoise » souligne un gain en humanité et une contagion de « l’optimisme québécois ». « On m’a beaucoup reproché de ne pas fendre l’armure […]. On ne change pas et en même temps, on change tout le temps » confirme à demi-mots l’ancien Premier Ministre français et Maire de Bordeaux. Né à nouveau de ses cendres, Alain Juppé apparaît aujourd’hui comme étant le plus sérieux aspirant à la présidentielle française, pour la droite modérée.

Réalisateur : Carl Leblanc
Titre : « Être ailleurs : l’année québécoise de M. Juppé »
Diffusion : Grands Reportages, ICI RDI, jeudi 17 novembre à 20h.

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