Exultation orphique dans le Concerto pour violon de Sibelius avec Blake Pouliot

Le 8 novembre, à la Maison symphonique, l’OSM au grand complet – dans une autre des multiples versions de la longue troisième symphonie de Bruckner – ne nous a pas permis de dépasser l’intensité des instants de haute inspiration qui avaient précédé cette dernière partie du concert.

Les émerveillements nous avaient été préalablement offerts par le lumineux violoniste de 24 ans invité à se produire, soit le vainqueur du concours OSM de 2017, Blake Pouliot, dont on a déjà abondamment parlé. Sa prestation mélodieuse, physiquement engagée dans le concerto pour violon en ré mineur opus 47 de Jean Sibelius a mené le soliste jusqu’à la danse en contrepartie de quoi les musiciens de l’orchestre se sont plu à lui répondre avec tout autant d’expressivité sublime. Ce furent trois mouvements d’une grande interprétation inoubliable pour le jeune homme qui avait pourtant songé sérieusement, il y a quelques années, à ne plus poursuivre sa carrière de virtuose.

Après l’accueil chaleureux du public l’ovationnant debout et l’aménité des propos séduisants de la directrice générale de l’OSM, Madeleine Careau, Blake Pouliot se voyait remettre sur scène le prix Virginia Parker de 25 000 dollars (en 1984, il était déjà exactement de cette valeur) bénédiction du Conseil des Arts du Canada pour le développement prometteur de sa carrière d’artiste talentueux. Sous peu, il repartira vers les États-Unis où sa carrière est véritablement lancée parmi une infinité de rivaux désireux aussi de se faire entendre et de marquer leur époque. Le chef invité David Afkham d’origine allemande qui fait carrière à Madrid ne dirigeait pas la symphonie de Bruckner de mémoire. On eût dit que l’orchestre pouvait se passer de toutes ses indications puisque ayant joué si fréquemment cette oeuvre, sans doute les musiciens de l’OSM, tous les pupitres confondus, avaient-ils tout à fait une idée déjà bien précise de la prolixité réflexive de cette version de l’oeuvre dont le troisième mouvement, en entier, reste l’invariable remémoration la plus vibrante.

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