Germain s’éteint : la sentence du moins connecté

Présentée en avant-première au Cinéma Moderne, la websérie Germain s’éteint fait suite au court métrage sorti en 2017 – Retour de qualité – avec les mêmes protagonistes. Un sujet original, un format dynamique, une écriture efficace, des comédiens enthousiastes et amusés, font de Germain s’éteint une belle surprise à découvrir cet hiver.

À quelques minutes de la projection, Marc-André Coallier et Nathalie Mallette me confiaient avoir hâte de découvrir le montage. C’était une surprise pour eux aussi ! Quel plaisir de (re)découvrir ces deux comédiens très demandés au théâtre et plus rares devant la caméra. Et quel plaisir ont-ils eu, eux, à se projeter dans ce futur pas si lointain dans lequel Marc-André – alias Germain – se voit diagnostiquer d’obsolescence programmée. Des termes barbares pour désigner son incapacité à se conformer à la modernité et à la technologie, une « platitude » qui le condamne à une mort numérique.

«  Depuis que je fais la promotion de cette série, je me fais souvent dire que je n’ai pas eu de grand rôle depuis longtemps, que ça fait longtemps que l’on ne m’a pas vu. Pourtant, depuis 15 ans, je n’arrête pas de jouer au théâtre, mais les gens ne me voient pas parce que je ne suis pas à la télé ? Donc, je serais obsolète parce que je ne fais pas de télé ? » se demande Marc-André

Une réflexion pertinente sur notre mode de vie et de pensée : cette volonté d’être branché, connecté, toujours plus vite – loin d’être moralisatrice, cette websérie ne veut pas se prendre au sérieux, mais veut prendre au sérieux le ridicule des situations, l’absurdité des réflexions des personnages. Une facette comique donc, qui laisse aussi transparaître une vision plus mélancolique. « C’était mieux avant ! » peut-être, mais au-delà de ça, elle évoque l’isolement, la solitude que l’on peut connaître lorsque que l’on ne se conforme pas au moule, lorsque que l’on se sent différent.

La réalisation fait intelligemment ressortir cette dualité : le format court, le montage précis, des répliques qui visent juste pour le côté comique ; des plans cadrés, une bande-son discrète et des personnages réalistes pour le côté plus sombre.

Le mot de la fin pour Nathalie Mallette, qui a réellement été enchantée par la qualité d’écriture, ses collègues de plateau et l’aspect « fantaisie », moins représenté à la télé qu’au théâtre, mais qui apporte une dimension très appréciée par l’actrice.

Une suite est-elle prévue ? Après un court métrage et une websérie, jamais deux sans trois…

 

Germain s’éteint – Websérie disponible dès aujourd’hui sur ici.tou.tv

6 épisodes – Durée : 8 à 10 minutes par épisode

Avec Marc-André Coallier, Nathalie Mallette, Alexis Martin, Sandra Dumaresq, Marguerite D’Amour

Réalisation : Dan & Pag

Écriture : Christine Doyon

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