Jain : le petit grain de folie qu’il manque…

Un doublé gagnant pour la 4e performance de Jain à Montréal : une participation au Festival de Jazz pour deux dates, et le Métropolis/MTelus pour s’y produire. Avec une telle salle et les chansons très dansantes de ses deux albums, la soirée aurait dû être placée sous le thème du party…

Jain l’a dit elle-même : bien que le public soit sans doute plus familier avec les pièces de son très bon premier album Zanaka paru en 2015, celui-ci a aussi eu l’occasion de découvrir son plus récent, Souldier sorti plus tôt ce printemps. On ne change pas une recette qui gagne : un son électro, style « musique du monde », aux accents tropicaux qui se conjuguait parfaitement au 50°C degrés qui régnait en maître dans la salle.

Après une première partie assurée par Langston Francis, tout jeune chanteur de 16 ans, qui nous a offert une prestation R’nB-pop tranquille et planante, Jain a fait son entrée. Celle-ci, on ne peut plus discrète, contrastait avec les projecteurs aveuglants utilisés pour marquer le coup. D’ailleurs, les jeux de lumières et de projections ont été les seuls artifices utilisés par l’artiste. Pour le reste, ce fût la jeune française et sa console.

Bien que je comprenne – et admire – que Jain n’ait pas besoin de musiciens et de choristes – elle fait ses propres loops musicales et vocales, en direct – je dois avouer qu’elle paraissait petite et seule sur cette grande scène. Entre chaque morceau, elle devait revenir vers sa console pour préparer le suivant, faisait 2-3 allers-retours pour aller voir le public et jumper avec lui, s’arrêterait souvent au milieu dans cette pose très droite qui fait partie de son personnage et repartait derrière sa console. Une répétition de mouvements et d’attitudes qui laissait à penser qu’il y avait peu de place pour l’improvisation, ce qui est pourtant intéressant pour une artiste qui a très peu d’albums a son actif.

Après avoir proposé en ouverture, On my way de son deuxième album et Heads up de son premier album, Jain a alterné avec nouvelles et moins nouvelles chansons, suscitant une bonne réaction de la part du public. Un public qui répondait aux demandes très polies de l’interprète. C’est effectivement ce que je retiens de ce concert : des interactions public-chanteuse propres et polies, alors que je m’attendais à un combo folies-party.

Il est certain que la chaleur a dû assommer les fans plus téméraires, de même que la principale intéressée qui avait pour l’occasion, délaissé sa fameuse robe Claudine pour une combinaison INTÉGRALE rouge et bleue. Quand la sagesse des costumes contraste avec un univers musical plus éclaté. Malheureusement, je suis restée sur ce contraste, au sens premier du terme : une artiste très sage présentant de bons morceaux dansants.

 

Photo: Thesupermat

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Charleyne Bachraty développe sa passion pour les arts depuis plus de 25 ans. Tout d'abord danseuse classique, elle se diversifie dans différents styles et a participé à plus d'une centaine de projets scéniques depuis ses débuts : concours, démonstrations, comédies musicales...

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