3 mai 2014 – Un ouragan nommé Johnny Hallyday passait par Montréal

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Suzette Paradis

Suzette Paradis est journaliste depuis plus de 25 ans. Elle a fondé Les ArtsZé en août 2016. Précédemment, elle était à la tête de Cinéressources qui a traversé 20 belles années. Ses collaborations en tant que pigistes sont diversifiées - quotidiens, hebdomadaires, mensuels dans des domaines multiples (culturel, alimentation, médecine, politique, etc.)
C’était le 3 mai 2014 à la salle Wilfrid-Pelletier. Johnny Hallyday, le plus grand rocker de la francophonie venait au Québec pour une rare fois. J’y étais par grand bonheur! Voci mon article l’époque!

 Johnny Hallyday: Pourquoi ne reviendrais-tu pas au Québec?

À la Salle Wilfrid-Pelletier hier soir, un ouragan français nommé Johnny Hallyday a frappé fort aux portes de ses fans au Québec. Si impatients que le rideau se lève sur leur idole, nombreux étaient ceux qui portaient le T-shirt à l’effigie du rockeur de 71 ans. Puis enfin, cette masse humaine s’est éjectée de son siège à l’unisson, si tôt que l’ombre de l’homme est apparue côté jardin, dans le brouillard des faisceaux bleus des projecteurs.

Avec cette abondance de charisme qui remplit la salle en un rien de temps, fidèle au code rockeur classique, cheveux blonds lissés, toupet au garde à vous, blouson noir court, gant noir à la main droite, chemise noire ouverte sur un poitrail qui affiche une croix, silhouette découpée, les jambes écartées, guitare à la main, le grand Johnny a brisé le silence en entonnant Né dans la rue et Nashville Blues.

Durant cette introduction, les 2700 spectateurs debout ne cessaient de crier et d’applaudir, une scène d’autant plus surréaliste à la Place des Arts, habituellement peuplée de spectateurs effacés, que la majorité des fans, quinquagénaires, sexagénaires, septuagénaires, avec en prime quelques jeunes, s’abandonneraient pendant 90 minutes à leurs émotions de jeunesse. Johnny est aussi devenu un bain de Jouvence. Tant et si bien que sur scène, ses propres rides disparaissent.

On y apprend que sa chanson Quelque chose de Tennessee, hommage au dramaturge américain Tennessee Williams, écrite par Michel Berger a été enregistrée à Montréal. La chanson Gabrielle mettra en scène son harmoniciste, Zlap, avec qui il aura un duel musical, guitare contre harmonica. Bien entendu, la guitare électrique du monstre sacré soumettra l’harmoniciste, qui s’agenouillera aux pieds de Johnny. Pour ce qui est des batailles, Johnny en a connu plusieurs au cours de sa vie, santé mentale, santé physique, équilibre amoureux. Le résilient aura gain de cause à tout coup.Puis il y a cette voix puissante et remarquable qui grimpe dans les hautes, ce grain d’humanité, cette couleur Hallyday qui fait partie des secrets d’un succès qui dure depuis 50 ans. Mais plus encore, celui qu’on nomme le dieu de la scène transmet en peu de mots, avec une immense générosité d’artiste, une indéniable chaleur humaine. Cet homme adore de toute évidence son public. Il reprend avec plaisir le vieux truc des mouchoir noirs imbibés de sa sueur lancé dans la salle. Il descend chez les spectateurs en délire, envoie des baisers, pointe des spectateurs comme s’il leur parlait, et tient la main des femmes quand il chante certaines chansons dont l’immense Que je t’aime… imaginez !

Le chanteur de rock’n’roll est aussi généreux avec ses musiciens à qui il donne la place, le temps de solos et de performances endiablés tandis qu’il se retire derrière eux. Son boy’s club est composé de sept musiciens dont Robin le Mesurier, guitariste qui l’accompagne depuis 20 ans, Geoff Dugmore, le batteur en jupe écossaise, Yarol Poupaud, le guitariste frisé, Greg Szlapczynski dit Zlap, un as de l’harmonica.Le Québec n’a jamais été une terre d’accueil pour Johnny Hallyday dont on connaît certes les grands succès mais pas la portée de sa carrière. Trop près de sa principale influence, Elvis Presley, trop loin de la culture française, alors que pour nous la chanson française s’appelle Aznavour, Lama et compagnie, les Nord-Américains que nous sommes avons boudé Hallyday. Pourtant phénomène incontournable de la musique francophone, Johnny Hallyday est un artiste français terriblement fascinant. Il raconte que c’est la chanson d’Elvis, I’m gonna sit right down and cry qui lui a donné le goût de faire ce métier.

Après avoir chanté les très connues Ma gueule, 20 ans, Fils de personne, L’envie, etc. le public exalté s’entêtera à deux reprises à le faire revenir sur scène. La dernière chanson tirée de son dernier album, L’attente, donnera le dernier coup de barre aux amoureux de Johnny et à ceux qui le découvraient lors de Star Académie 2012 au Québec. Pour faire partie des grands, il y a certes la voix, le style, le charisme, mais le voir incarner les mots tristes de L’attente, le corps prostré, le regard accablé, avec que la guitare et le piano, et cette voix qui vous envahit le coeur, confirme l’exceptionnel. Alors, Johnny, Pourquoi ne reviendrais-tu pas au Québec? Le ciel est plus clément…

Il promène son spectacle Tournée Born Rocker Johnny Hallyday au Canada et aux États-Unis jusqu’à la fin mai.

 

Texte et photos © Suzette Paradis

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Suzette Paradis est journaliste depuis plus de 25 ans. Elle a fondé Les ArtsZé en août 2016. Précédemment, elle était à la tête de Cinéressources qui a traversé 20 belles années. Ses collaborations en tant que pigistes sont diversifiées – quotidiens, hebdomadaires, mensuels dans des domaines multiples (culturel, alimentation, médecine, politique, etc.)

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