La Maison Symphonique en recueillement – Toute la jeunesse musicienne montréalaise et trifluvienne célèbre le War Requiem de Britten

Ce fut une vision de toute la jeunesse musicienne montréalaise que nous avons eue, en recueillement, mercredi le 13 mars dernier, à la Maison Symphonique. De tous les gradins de ce Temple Idéal rempli par les voix vibrantes des 450 jeunes choristes garçons et filles venus tant des conservatoires de musique de Montréal, Trois-Rivières, ses établissements affiliés que de l’école secondaire Joseph-François Perrault, on a senti les prodiges qu’exerce la musique sur l’âme de la jeunesse qui s’en instruit.

Le livre remarquable de Kent Nagano intitulé Sonnez! Merveilles! qui prône une conscience artistique et sociale par l’enseignement largement diffusé de la musique à toute la jeunesse y trouvait tout à fait une corroboration solide. Cette relève musicale qui ceignait l’orgue Pierre Béïque où s’était assise l’organiste Thi-Trieu-Duong Vu, enfin chacune des trois cents voix de filles et des cent cinquante voix de garçons a entonné les paroles solennelles du War Requiem (1961) de Benjamin Britten.

Les ensembles vocaux étaient  encadrés par l’Orchestre du Conservatoire de Montréal dirigé par maestro Jacques Lacombe lui-même appuyé par les chefs de choeur Raymond Perrin et Pascal Côté. La reconstruction de la ville anglaise de Coventry détruite par les bombardement allemands entre 1940 et 1945 avait jadis été le prétexte de la composition de cette oeuvre musicale riche quoique un peu prolixe et parfois difficile d’approche. Les trois voix solistes étaient magnifiques de somptuosité, tant le soprano Aline Kutan, le ténor Isaiah Bell et le baryton-basse Alexandre Sylvestre ont excellé en finesse d’interprétation, en intensité du sentiment musical et en clarté de diction, bien entendu. Le somptueux Concerto pour violon et orchestre d’Erich Korngold (1897-1957), un autre compositeur éprouvé par les événements de la fausse révolution nazie, fut offert en fragment préalable, hélas, en son seul premier mouvement joué par la violoniste Abby Walsh (élève de Johanne Arel) sans doute en raccourci faute de temps pour en inclure les pages complètes de l’oeuvre de toute façon trop rarement jouée.

Le public invité a manifesté son sincère enthousiasme à cette réalisation de la messe des morts de Britten, mais l’oeuvre remarquable et enivrante de Jacques Hétu intitulée Sur les rives du Saint-Maurice (opus 78) a reçu, en début de soirée, les méritoires vivats sincères les plus spontanés et nourris de la foule séduite d’emblée par cette autre oeuvre mélodieuse du compositeur québécois décédé il y a moins de dix ans.

Photo mise en avant: Aline Kutan

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