La Société des poètes disparus à l’ère Facebook

Après avoir transposé à la scène, l’histoire du film culte «Fanny et Alexandre», d’Ingmar Bergman, le Théâtre Denise-Pelletier s’apprête à terminer sa saison avec une autre adaptation théâtrale d’une oeuvre cinématographique majeure, soit, «Dead Poets Society» de Tom Schulman. L’action de ce film, sorti en 1989, se déroule dans une prestigieuse académie de l’État du Vermont, où un enseignant aux pratiques plutôt originales, monsieur Keating, encourage le refus du conformisme et l’épanouissement de l’unicité de chacun. Le professeur incite aussi ses élèves à vivre pleinement chaque instant, selon l’expression latine carpe diem.

Fascinés par cet enseignement, certains étudiants vont relancer le cercle des poètes disparus dont Keating fut l’un des membres influents. La vie de ces jeunes en sera transformée, ce qui se traduira parfois par de grinçantes frictions avec leur entourage.

Sébastien David, metteur en scène
Crédit photo : Jean-François Brière

Le metteur en scène Sébastien David , également connu comme auteur («Les morb(y)des», «Les Haut-parleurs» et «Dimanche napalm») estime que cette réflexion sur le développement de la personnalité, sans céder aux diktats de la majorité, est d’une grande pertinence à notre époque où les réseaux sociaux s’apparentent à des rouleaux compresseurs prônant le consensus. «Cela dit, «la traduction de Maryse Warda demeure fidèle au texte original et je n’ai pas à aborder directement la question des réseaux sociaux. Je crois que le public de jeunes auxquels nous nous adressons principalement va vite comprendre que nous l’incitons à réfléchir sur le défi d’être fidèle à soi-même aujourd’hui, tout en vivant le moment présent.»

Diversité

Sébastien David prend toutefois quelques distances avec le film «La société des poètes disparus», à d’autres niveaux. «Je n’avais pas envie de mettre en scène une classe uniquement constituée de garçons blancs. Il y a donc dans la pièce une diversité d’origines ethniques chez les comédiens qui offre une résonance plus actuelle». Pas question non plus de miser sur les changements de décor, précise le metteur en scène. «La poésie comme le théâtre sont des arts de l’évocation. Notre décor se résume à un escalier de 48 pieds de large où les personnages se déplacent ou s’assoient.»

Des astres s’alignent

Alors que l’auteur de «Dead Poets Society» cite le philosophe, naturaliste et poète américain du 19e siècle, Henry David Thoreau, qui a notamment écrit sur la désobéissance civile, je souligne à Sébastien David une curieuse coïncidence. C’est que le chanteur Richard Séguin a lancé, l’été dernier, un album intitulé Retour à Walden, inspiré de l’oeuvre majeure de Thoreau, «Walden ou la Vie dans les bois», une réflexion sur l’économie, la nature et la vie simple menée à l’écart de la société. «Décidément, les questions de libertés individuelles et de notre positionnement face à la norme sont dans l’air ! Et souhaitons que Richard Séguin vienne aussi voir notre spectacle», conclut David, alors que plus de 20 000 billets ont déjà été vendus pour cette pièce, bien avant la première.

La Société des poètes disparus

Texte : Tom Schulman

Traduction : Maryse Warda

Mise en scène : Sébastien David

Avec : Patrice Dubois (monsieur Keating) et Mustapha Aramis, Jean-François Casabonne, Gérald Gagnon, Maxime Genois, Simon Landry-Désy, Étienne Lou, Anglesh Major, Alice Moreault et Émile Schneider.

Au Théâtre Denise-Pelletier, du 20 mars au 13 avril

Première photo

Répétition de la pièce La Société des poètes disparus

Courtoisie du Théâtre Denise-Pelletier

Sujets connexes

Print Share Tweet Follow Email +1 Share