La grande conversation : Table ronde sur les enjeux de votre alimentation : Informer les consommateurs, responsabiliser les industries et sensibiliser les deux

La semaine dernière se tenait, la première la Table ronde sur l’Alimentation. Organisée à la Tohu par le programme Dux – Mieux manger, mieux vivre et sa dynamique présidente et cofondatrice, Lyne Gosselin, des représentants du grand public, et des experts de la recherche, de l’industrie alimentaire, de la médecine, de la diététique se sont rencontrés et ont échangé autour de trois thématiques : Le Panier d’épicerie démystifié ; Le Corps a ses raisons que les tendances ignorent et L’Avenir de la planète dans notre assiette.

Trois thématiques, mais huit débats, on peut d’ores et déjà saluer l’ouverture, la pertinence et la cordialité de tous les participants, car hormis dans la dernière portion de la journée qui faisait place à des thèmes plus sensibles, les échanges se sont faits dans la bonne humeur. Marie-France Bazzo, animatrice de la journée, a fait un travail exceptionnel, contribuant à la bonne marche des opérations, relançant les discussions et s’affairant à faire participer équitablement les nombreux intervenants.

L’objectif de cette journée était double : favoriser un travail conjoint entre le grand public et les industriels pour bonifier l’offre alimentaire et pour les consommateurs, se réapproprier leur alimentation, et apprendre à faire les bons choix en fonctions de leurs besoins.

La première partie du débat portait sur les aliments industrialisés, les étiquettes d’ingrédients et la valeur des aliments. Les grands méchants additifs et conservateurs ont tout de suite été portés au banc des accusés. Tous les spécialistes se sont entendus pour privilégier les aliments les moins transformés, dans la mesure du possible, pour inciter tout à chacun à lire les étiquettes et comprendre de quoi est composé leur produit. Les représentants de l’industrie ont rappelé l’importance des conservateurs pour lutter contre le gaspillage alimentaire notamment, et ont également rappelé que tous les éléments chimiques ajoutés faisaient l’objet d’un strict processus d’approbation.

La deuxième partie s’est avérée très intéressante, car elle confrontait notre société pressée et focalisée sur les médias sociaux, avec la vision factuelle et subjective de la médecine corporelle comme mentale. Nous avons pu constater l’énorme influence de l’internet et des réseaux sociaux sur les consommateurs, que ce soit au niveau de leurs préférences alimentaires (végétarien, vegan…) ou de leurs régimes. La docteure Stéphanie Léonard, psychologue invitée pour ce panel, a d’ailleurs mis en lumière que derrière chaque résolution alimentaire, se cache bien souvent la volonté de perdre du poids, introduisant ainsi la notion d’orthorexie (NDLR : Ensemble de pratiques alimentaires caractérisé par la volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. De nouveau, l’importance d’être à l’écoute de ses besoins est ressortie, ainsi que l’idée de conserver le plaisir de manger, sans se sentir coupable de ne pas se rallier aux tendances et autres saveurs du mois (le jus de céleri, c’est non!).

La troisième et dernière partie s’inscrivait dans le contexte actuel de déperdition des ressources environnementales, les impacts de la production alimentaire – le « kilomètre alimentaire, les emballages plastiques, les pesticides – ont suscité un débat virulent. À la froideur de certains joueurs s’est opposée l’envie des producteurs bovins d’être mieux outillés, mieux informés sur les méfaits de leur secteur. Une invitation a même été clairement lancée envers les organismes environnementaux, afin que des solutions concrètes leur soient proposées pour améliorer leurs pratiques tout en conservant leurs emplois. Sans surprise – mais il est toujours bon de le rappeler – les aliments locaux et biologiques sont une solution éprouvée pour protéger notre environnement et garantir notre santé.

Cette table ronde – que l’on espère la première d’une grande série – a posé les bases d’une alimentation saine, responsable et non dénuée de plaisir. Cela peut sembler acquis ou logique, mais souvent, le manque de temps, le coût et la disponibilité des aliments promus, peuvent avoir raison de nos bonnes résolutions. Cela dit, les voies de communication semblent ouvertes entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire ; les prochains mois risquent d’être déterminants pour mesurer pleinement les résultats de cette journée.

NDLR : À la fin de la journée, un sac contenant une bouteille d’eau et des aliments, tous emballés dans du plastique a été remis aux participants. Nous avons pu remarquer que cela suscitait un certain malaise, surtout après les derniers panels, qui parlaient d’environnement. Par la présente, je me permets de communiquer l’information aux membres de l’organisation, qui sauront sans aucun doute remédier à ce problème, qui a été le seul bémol de la journée.

Pour toutes les informations sur la journée et sur le programme DUX, cliquez ici.

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