Lascaux : où est le père ?

La pièce Lascaux, à l’affiche à la Salle Fred-Barry, semble prendre les traits d’une fable sur les origines humaines. Le spectacle commence dans la pénombre, puis on entrevoit les murs d’une grotte où se trouve Madeleine (Marjorie Vaillancourt), une femme vraisemblablement seule au monde et pourtant enceinte. Elle donnera naissance à Lascaux, une marionnette à laquelle Jules Ronfard prête habilement voix et gestes. Le fils sera donc élevé dans cette caverne par sa mère qui lui apprendra les dangers du monde violent et sans pitié «des hommes». Cet enseignement sera complété, voire répété, par la voix de Dordogne (Éva Daigle) dont les interventions ne sont pas toujours clairement audibles. Ajoutons que les possibilités de déplacements dans cet abris souterrain sont limitées.

Il en résulte un spectacle plutôt statique et hermétique destiné, entre autres, à un jeune public qui, malgré tout, était remarquablement attentif, vendredi dernier. Mais comment peut-on parler aux jeunes de leurs origines en excluant totalement le père ? L’auteure Jasmine Dubé dit avoir écrit cette pièce après avoir vu, en rêve, une femme courir dans une atmosphère de fin du monde, avant de tomber dans une caverne. En quoi cette histoire sombre peut-elle éclairer le public quel que soit son âge ?

Lascaux

Texte : Jasmine Dubé

Mise en scène : Jasmine Dubé et Pierre Robitaille

Avec Éva Daigle, Jules Ronfard et Marjorie Vaillancourt

À la Salle Fred-Barry, jusqu’au 2 mars

 

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