Le Apriliis Fest déploie ses ailes, majestueusement

Ce jeudi dernier débutait la deuxième édition du Apriliis fest. Un festival fort intéressant organisé et fondé par les ambitieux Guillaume Duguay et Adrien De Bessac, aussi responsables des productions Broken Chord. Soucieux de faire connaître la scène émergente et/ou locale, ils nous livrent depuis quelques années des événements et concerts intéressants tout comme ce festival qu’est le Apriliis fest.

 

 

Une belle brochette de formations locales québécoises se produisait au premier soir. Pour débuter, à l’instar de Drofnosura de Toronto, qui malheureusement a dû annuler, un projet solo électronique-noise du nom de Sol miracula a retenti à la Casa Del Popolo où se tient l’événement durant le weekend. Armé seulement d’un portable, d’un contrôleur ainsi que d’un Theremin, (un des plus vieux instruments électroniques créé en 1920 en Russie) instrument activé par contact d’ondes radio sans toutefois que l’on ait à toucher l’appareil a pour résultat de donner des airs de chef d’orchestre au musicien. Il est branché à son ordinateur, muni d’une banque comportant une panoplie de sons, une multitude de textures sonores savamment orchestrées par les mains de notre maestro de la soirée. Une façon très intéressante de se laisser entraîner dans de multiples concepts et atmosphères somme toutes assez sombres et planantes, voire cosmiques. Une belle surprise!

Ensuite vint le tour de la bande à Martin Bolduc, les Sherbrookois,  Aulnes, nous ont fait vivre de bons moments. Ce groupe allant du sludgecore au doom metal sait allier agressivité et émotions vives, le tout en français. J’aime beaucoup ce choix que de s’exprimer dans la langue maternelle. Cela donne une touche plus personnelle voire intimiste aux chansons. Avec des titres comme : J’espère à l’infini, Je suis une punition, La colère du passé, je m’y retrouve mieux. Cependant ils nous offrent aussi des pièces en anglais, s’assurant ainsi d’atteindre un plus grand public assurément. Leur prestation fut très bien accueillie. L’humour de Martin nous a fait sourire entre deux titres. Le bassiste arborant fièrement son shirt de la formation Death métal Deicide nous a apporté le côté métal avec ses vocaux et sa basse pickée.

Au fil de la soirée, il y a eu une hausse du taux d’humidité dans la salle… Les gars de la formation de Québec, Marécages, venaient nous jouer les pièces de leur album en lancement: des notes soutenues, de la basse fuzzée, une batterie lourde et sans merci, des chants gutturaux et un concept évoluant autour de la marijuana. Avec un album s’intitulant Marais Juana : Une ode cannabique, nous savions à quoi nous attendre ne serait-ce qu’avec des titres parodiant leur thème : Cannabysse, Sabouettage, Nauséabong.

Ils surent utiliser à fond leurs amplis de marque ORANGE et ce fut une excellente prestation (la deuxième pour moi en une semaine!). Il était très agréable de pouvoir voir si souvent les membres qui font partie d’autres formations en si peu de temps malgré leurs horaires chargés. Ils sont maintenant en tournée et seront ce soir à Ottawa, déplaçant leur marais nauséabong humide et fuzzé en Ontario.

Merci Sébastien , Maxime , et Christian!

Les derniers à se présenter et non les moindre ont été les Aiauasca, nom issu d’une plante hallucinogène utilisée par des chamanes, surtout au Pérou. Le groupe est en fait un duo. Je qualifierais cette formation de doom chaotique atmosphérique et avec peu de vocaux. Les ayant vu ouvrir le spectacle des Suédois  Monolord l’an dernier, je savais à quoi m’attendre mais oh! surprise Tony Ross était remplacé par un nouveau batteur. Fidèle à lui-même il était rageur, explosant d’énergie comme une bombe à retardement. Il nous a livré plusieurs riffs de son cru au grand plaisir de tous. Lors d’un momentum en pleine puissance, il y a eu une première perte d’alimentation. La chose se reproduira à deux autres reprises, enrageant davantage la formation que la foule. Après de multiples manipulations et l’odeur de plastique brûlé enfin dissipée, le groupe a poursuivi avec quelques pièces qui ont servi à l’exorcisme de la frustration intérieure de Tony, qui a brisé toutes ses cordes de guitare en assaillant un cabinet  et au lancer de six cordes  … heureusement en direction du sol. Malgré la tournure des événements, je comprenais la frustration et j’ose avouer avoir eu du plaisir à voir cette énergie primale et chaotique déployée avec autant de sincérité. J’ai vraiment apprécié le tout et je crois que la foule n’en a guère trop souffert. Une expérience à renouveler avec, espérons,  plus de chance!

 

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