Le déclin à l’ère Trump

L’adaptation théâtrale du film culte de Denys Arcand, Le déclin de l’empire américain, est de retour à l’Espace Go, où elle a fait salle comble, l’an dernier. Patrice Dubois et Alain Farah se sont mis au défi d’actualiser ce scénario culte créé il y a plus de 30 ans. L’histoire demeure la même; un groupe d’amis plutôt intellectuels sont réunis pour une fin de semaine. De leur côté, les hommes préparent le repas, en parlant principalement de sexe, alors que les femmes font du yoga en se racontant leurs fantasmes. Une fois réunis, hommes et femmes échangent plusieurs théories sur l’histoire et le faux constat d’un déclin qui ne se concrétise pas plus qu’autrefois. On expose des visions de l’amour et du couple, brisant au passage quelques illusions.

Actualisation ?
Les propos universels d’Arcand demeurent pratiquement les mêmes. Tout au plus, on y ajoute des références qui n’existaient pas en 1986: le président Trump, le 11 septembre 2001, Facebook, etc. Le tout n’en demeure pas moins d’une grande pertinence et offre de nouvelles résonances, à l’époque de #metoo. C’est le cas, entre autres, lorsque le personnage d’Anne Casabonne soulève des rires embarrassés en s’extasiant sur les incroyables pouvoirs de la victime.

Les protagonistes de ce «nouveau déclin» sont en général si crédibles qu’on laisse vite tomber les comparaisons avec les comédiens du film d’Arcand. Mention spéciale à Alexandre Goyette, criant de vérité dans son personnage qui n’aime pas la bière sans gluten et qui laisse éclater sa colère contre les bien-pensants détenteurs de la vérité.

Bref, un bon spectacle de théâtre rythmé et truffé de répliques cinglantes, après une actualisation plutôt cosmétique du Déclin de l’empire américain.

Le déclin de l’empire américain, d’après le scénario de Denys Arcand.
Adaptation: Patrice Dubois et Alain Farah,
Mise en scène: Patrice Dubois
Avec: Dany Boudreault, Anne Casabonne, Marilyn Castonguay, Patrice Dubois, Rose-Maïté Erkoreka, Alexandre Goyette, Simon Lacroix, Bruno Marcil et Marie-Hélène Thibault.
À l’Espace Go, jusqu’au 27 octobre.

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