Le jeu de l’amour et du hasard : un classique magnifiquement dépoussiéré par Alain Zouvi !

Avec un brillant mélange d’amour, d’humour, de plaisir, de fraîcheur et de profondeur, Alain Zouvi a su dépoussiérer le théâtre du xviiie siècle et redonner un second souffle à la célèbre pièce Le jeu de l’amour et du hasard, présentée au TNM. Respectant la tradition du marivaudage, cette comédie met en scène des imbroglios amoureux, des jeux de séduction ainsi qu’une dualité entre les classes sociales.

Dans cette pièce écrite par Pierre Carlet de Marivaux  en 1730, Orgon (Henri Chassé) a des projets de mariage pour sa fille Silvia (Bénédicte Décary) qui est méfiante face à ce nouveau prétendant et qui va donc décider de se faire passer pour Lisette (Catherine Trudeau), sa soubrette afin d’observer en douce celui à qui elle est destinée. Elle ne sait alors pas que son promis, Dorante (David Savard), a eu la même idée qu’elle…

Très vite, tout le public dans la salle devient complice de ce chassé-croisé amoureux et se laisse porter et amuser par les échanges cocasses entre les maîtres travestis en valets et les valets en maîtres. En effet, comme Arlequin (Marc Beaupré) se fait passer pour Dorante et Lisette pour Silvia, cela engendrera des conflits, des soupçons, des maladresses et des quiproquos hilarants ! À cet effet, Catherine Trudeau (Lisette) et Marc Beaupré (Arlequin) brillaient hier soir de par leur humour et leur complicité; ils nous ont offert une performance tordante en se prenant très au sérieux dans leur rôle de bourgeois improvisé !

Les comédiens ont été à la hauteur de ce défi de taille, soit celui d’honorer par leur interprétation ce classique en trois actes et en prose où s’épousent la beauté de la langue et le plaisir du jeu. Pendant 1h45, sans entracte, les personnages se sont donnés la réplique dans un vieux français sans la moindre hésitation et tout ça, en passant du drame à la comédie et de la comédie au drame

En résumé, Le jeu de l’amour et du hasard est une pièce intemporelle qui, comme le dit si bien Alain Zouvi : « […] est porteuse d’un message universel, qui serait l’amour comme façon d’être et manière de vivre. »

 

Présentée du 25 avril au 20 mai 2017 au Théâtre du Nouveau Monde

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