Le mystère d’Irma Vep : quand le décrochage devient un art

Théâtre, chant, danse, impro, cirque, stand-up… Le mystère d’Irma Vep, c’est tout ça, avec seulement deux comédiens, Éric Bernier et Serge Postigo, qui tiennent le rythme infernal et éclaté de ce spectacle depuis 14 ans.

Le mystère d’Irma Vep, c’est le genre de pièce pour laquelle vous vous demandez ce que l’auteur a fumé ou pris lorsqu’il l’a écrite.

1840 : Lord Hillcrest (Éric Bernier) et sa plus ou moins jeune épouse, Lady Enid (Serge Postigo vivent dans leur manoir, en compagnie de leurs domestiques, Nicodemus (Serge Postigo) et Jane (Éric Bernier). Le souvenir de la première épouse du Lord, Irma Vep (Éric Bernier), qui hante encore le manoir, va être le point de départ d’une rocambolesque aventure (avec Serge Postigo et Éric Bernier toujours).

Après avoir regardé les deux comédiens sauter, ramper, crier, chanter, mourir, ressusciter, et ce, multiplié chacun par quatre personnages, on espère sincèrement que eux aussi ont pris quelque chose pour tenir la cadence !

Qu’on se le tienne pour dit : on ne vient pas voir ce spectacle pour l’histoire. Oui, le contexte peut avoir son importance, mais la véritable performance tient au jeu des acteurs. Il faut les voir enchainer leurs pitreries, briser le quatrième mur, improviser et revenir dans leurs personnages, suivre leur texte et faire en sorte que le public suive. Eh oui, malgré toutes ces interruptions forcées, mais appréciées, on se régale. On se surprend à guetter un four rire entre les deux protagonistes, mais il n’en est rien. Le contrôle vous dis-je…

L’autre performance de l’impayable duo, tient dans les très nombreux changements de costume qui font passer ceux de Céline Dion pour de la petite bière. Réalisés en moins de dix secondes, à l’aide de deux techniciens – chaudement applaudis en fin de représentation – ils sont suscités d’enthousiastes exclamations.

Par ses différents niveaux d’humour, cette pièce réussit à convaincre n’importe quel septique. Tantôt pipi/caca, tantôt absurde, décalé ou inattendu, on se laisse prendre au jeu. La Lady Enid de Serge Postigo, semble tout droit sortie d’une relation illégitime entre Mado et de Brenda Montgomery ; quant à Éric Bernier, son flegme et son élégance adoucissent mêmes les scènes les plus… originales !?

Chacun trouvera donc son moment dans ce spectacle… je pense même que vous en trouverez plusieurs !

Durée du spectacle : 2h10 avec entracte

Le mystère d’Irma Vep est présenté jusqu’au 24 novembre au Monument National de Montréal, et sera en tournée dans tout le Québec à partir du 1er décembre.

Une pièce de Charles Ludlam

Mise en scène Martin Faucher

Traduction Geneviève Lefebvre

Interprétation Éric Bernier, Serge Postigo

 

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