Le pianiste Christian Blackshaw dans des sonates de Mozart de très haut niveau d’interprétation

Le pianiste britannique Christian Blackhsaw ne figurait pas au Dictionnaire des interprètes d’Alain Paris  jusqu’à cette édition du Nouveau dictionnaire de 2015 ni ne figurait-il à la série de 200 CDs intitulée Grands Pianistes du Vingtième siècle parue chez Philips au tournant de l’année 2000…néanmoins, il a offert, avec sobriété et élégance, son premier de deux récitals de ses belles interprétations des sonates de Mozart à la salle Bourgie les 19 et 20 mars.

Deux autres récitals suivront les 11 et 12 mars 2020 pour compléter l’intégrale. Par ailleurs, Christian Blackshaw ouvrira la saison des récitals et concerts de la série 2019-2010 du fameux Ladies Morning Musical Club le dimanche 15 septembre prochain à la salle Pollack (la saison du LMMC se terminera, notez-le, le 26 avril  2020 avec le sublime artiste canadien James Ehnes au violon).

C’est beaucoup de récitals pour un seul pianiste encore méconnu dans une même ville agitée comme Montréal, en tout cas c’est beaucoup en douze mois, mais cela ne bat pas Louis Lortie et son intégrale prochaine de sonates de Beethoven (qu’il a enregistrées magistralement sur étiquette Chandos d’ailleurs) l’an prochain à la même salle Bourgie. Pour dire un mot d’éloges plus que mérités du premier récital du 19 mars de monsieur Blackshaw dévolu aux sonates no.1 (K.279), no.2 (K.280), no.9 (K.311) puis enfin en seconde partie à ses interprétations de la très belle sonate no.17 (K.570) et de la sonate no.8 (K.310), je dois admettre que ce sont uniquement les deux dernières sonates de la soirée qui m’ont ébloui et ému tellement elles furent parfaites en élocution, en maîtrise technique et en perspectives d’intimité excellemment rendues. Surtout que la huitième sonate est celle de l’époque du décès de la mère de Mozart, hélas, l’ayant accompagnée à Paris alors qu’il cherchait un poste partout (quasiment à genoux devant les grands sourds de ce monde), car toutes les portes lui étaient fermées.

Mozart avait à endurer les avanies de l’infâme potentat religieux Coloredo-Mansfeld à Salzbourg. Comme Schubert, la mort le guettait, jeune encore et de plus imposants que lui détenaient les postes importants (Haydn et les maîtres italiens postés dans toutes les cours d’Europe et y régnant sans partage) La sérénité d’un coeur sait y poindre dans ces mouvements de sonates de sa maturité et, partout, M. Blackshaw a fort bien réussi à y faire pénétrer les mélomanes et à enchanter le public qui s’était déplacé l’entendre.

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