L’élégance d’un jeune slovaque dynamise l’OSM

À quarante-deux ans, le chef d’orchestre invité Juraj Valcuha a déjà une impressionnante feuille de route attestant de son expérience tout en restant suffisamment libre pour adopter une attitude ouverte face aux propositions d’engagement. Il a agréablement accompagné notre agile virtuose québécois, le pianiste André Laplante, dans le premier concerto pour piano et orchestre en sol mineur de Mendelssohn. André Laplante a joué d’alacrité et de grande gaîté de coeur le sémillant concerto méconnu qu’il vient d’enregistrer d’ailleurs (comme son collègue de l’ancienne École normale de musique Louis Lortie l’a fait deux fois) tout en fredonnant tendrement selon son habitude la touchante mélodie de l’andante.

C’est un concerto peu connu du public tout comme le second concerto pour piano et orchestre de Mendelssohn (Rudolf Serkin avait aussi tenté de faire renaître en popularité ces concertos par l’enregistrement), mais il s’y trouve une liesse mozartienne qui réchauffe le cœur. Parlant de réjouissances, ce fut un grand plaisir de voir naître, en fin de concert, un immense sourire de satisfaction sur le visage du ravissant chef Juraj Valcuha aux derniers moments de la Symphonie alpestre de Richard Strauss tout comme de voir s’illuminer le regard des mélomanes fascinés par la richesse sonore qui fut tirée de l’orchestre sous le bâton de cet invité surprenant que la salle a ovationné debout de franche reconnaissance.

Les occupants des loges desquelles se décident les choix éventuels du remplacement de Kent Nagano étaient aussi ravies si on en juge par l’extra rarissime de voir tout l’orchestre piaffer énergiquement de contentement -surtout face au chic savoir-faire de l’adresse distinguée de ce visiteur discret et apprécié. Une des plus hautes pages de la musique orchestrale allemande a ainsi pris forme en volutes retentissantes avec ses orages conviant les cuivres et les bois à des prouesses musicales que l’orgue accompagnait en des tableaux vertigineux dignes souvenirs des émotions d’un adolescent de 14 ans, jadis prisonnier des montagnes alpestres et de leurs bourrasques de vent. Telle est l’histoire de la genèse de l’œuvre de Richard Strauss. À ne pas manquer prochainement, parmi tant de régals musicaux, la venue imminente du pianiste Martin Helmchen jouant le concerto pour piano de Schumann avec l’OSM.

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