Les Belles-sœurs : nos Queen B !

Au royaume des arts du Québec, Les Belles-soeurs en sont définitivement les reines. L’œuvre de Michel Tremblay est un classique et il va s’en dire que René-Richard Cyr et Daniel Bélanger avaient déjà prouvé qu’ils étaient parfaitement capables de chausser ses grands souliers. Quelle est la variante de cette nouvelle mouture alors ? La distribution. Qu’en est-il donc de ces nouveaux visages, de cette nouvelle dynamique ?

Les 50 ans de cette comédie musicale se fêtent en grand et vous l’aurez compris, avec brio. On se souvient que plus tôt cette année, des chamboulements de dernière minute avaient forcé le metteur en scène à revoir sa distribution. Des départs, des remplacements, des arrivées, des ajouts.. qui n’ont pas perturbé l’équipe, celle-ci accueillant avec positivisme ces changements. S’en résulte une très belle complicité sur scène, entre les deux sœurs – Kathleen Fortin et Sonia Vachon – mais aussi entre les 10 autres protagonistes.

L’histoire tient en une ligne : Germaine Lauzon, qui a gagné un million de timbres-primes, invite ses voisines à les coller dans ses carnets, afin de pouvoir s’offrir tous les meubles et bébelles hors de prix dont elle rêve. Mais la jalousie de ces dames viendra quelque peu perturber cette soirée de femmes.

Deux heures très bien maîtrisées, avec des comédiennes très en voix. Imaginez douze ‘matantes’, chacune avec son bagout, sa gouaille impayable et sa robe aux couleurs discutables. Des personnalités très différentes, qui ont le tour pour nous raconter leur misère avec un maudit sarcasme. Les années 60, se sont aussi des enjeux très bien représentés : l’importance de la religion, la femme limitée aux foyers, les devoirs envers le mari, les difficultés à joindre les deux bouts… Autant d’éléments qui permettent de comprendre la rancœur de ces voisines et la glissade moins joyeuse dans le deuxième acte.

Simple au premier abord, le décor regorge de petites trouvailles qui permettent au public de changer d’ambiance selon l’humeur de la voisine en prestation : bougies, néons… appelons cela des clichés savamment revisités ! Le tout baignant dans les compositions de Daniel Bélanger : sa griffe est reconnaissable entre mille, et pourtant, chacune de ses pièces parvient à capter l’essence de la pièce.

Deux actes donc, inégaux dans leur vitalité : on note quelques longueurs dans le deuxième, car il est plus dramatique : l’arrivée de la troisième sœur, celle qui a si mal tourné, les frustrations des voisines poussées à leur paroxysme, jusqu’au final qui nous montre que même dans l’émotion et la tristesse, les comédiennes restent justes dans leur interprétation et les personnages, impitoyables dans leur réactions.

Un sans-faute ou presque donc, et parmi les coups de cœur de la soirée : L’Ode au bingo bien sûr et Hélène de Courval, plus que crédible, en wannabe d’Outremont, dont la voix et le charisme ont plus d’une fois reçu l’approbation du public.

Durée du spectacle : 1h50, avec entracte.

Le théâtre musical Les Belles-soeurs est présenté jusqu’au 27 octobre, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

Livret, paroles et mise en scène : René Richard Cyr

Musique : Daniel Bélanger

Interprétation : Kathleen Fortin, Sonia Vachon, Éveline Gélinas, Geneviève Alarie, Édith Arvisais, Frédérike Bédard, Jade Bruneau, Sylvie Ferlatte, Michelle Labonté, Hélène Major, Monique Richard et Geneviève St Louis

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