Les Chaises au TNM : Pour revoir encore une fois Monique Miller et malgré l’ignorance irrespectueuse de jeunes collégiens sans discernement

Évidemment, un mardi soir de toute première (et non de première média) la salle avait été envahie par des élèves collégiens bruyants, bavards, irrespectueux de la grandeur des artistes sur scène. Jeunes, imperturbables, sûrs de leurs privilèges, jamais évalués en termes exacts décrivant leur comportement social. Les étudiants parlaient à voix haute pendant les échanges absurdes des très grands comédiens qui étaient leurs serviteurs de divertissement, valets idiots à leurs oreilles ignorantes, une indifférence pas même dissimulée.

Personne pour les rappeler à l’ordre ni de leur institution ni du personnel des placiers. Mais cela ne devait pas m’empêcher de jouir de l’excellence des comédiens Gilles Renaud et de la splendide Monique Miller. Le jeu est parfait, la mise en scène sobre, les réparties savoureuses pour autant qu’on puisse imaginer que nous vivons dans un monde irréel tout à fait imaginé à l’échelle de notre cerveau ou de nos ambitions ou de notre amour-propre.

Ainsi défilent les invités distingués imaginaires au discours pompeux expliquant la quintessence de ce qui est évident et primordial dans la vie sociale si difficile à supporter. Le théâtre de l’absurde, devenait le théâtre de l’insupportable, car ce n’est pas pour tout le monde surtout quand l’absurdité même se retrouve dans l’assistance de jeunes ne reconnaissant pas la grandeur des interprètes, la valeur de la comédie ou les proportions alarmantes de la tragédie immanente à l’oeuvre, parodie de l’existence humaine qui se leurre de son importance. Mais malgré la retenue des interprètes, je pouvais imaginer le désarroi des grands comédiens sur scène du désintérêt que leur manifestaient une jeunesse insolente.

Tout de même, quel vacarme incessant que ces jacasseries étudiantes au premier balcon duquel portait toutes ces voix à travers tout le théâtre. Je suis forcé de le dire, nous étions au TNM, premier théâtre de notre peuple cultivé et valeureux et c’était une bande de jeunes nullement concernés par une pièce obligatoire du cours obligatoire de littérature numéro quatre au collégial…

Au sortir de la pièce, j’ai demandé à l’un d’eux d’où ils venaient… pour avoir tous si peu de savoir vivre, car j’étais consterné: on m’a répondu sans rougir, le Collège Marie de France sur Queen Mary face à l’Oratoire saint Joseph… Incroyable! Évidemment, ils ont tous les droits et aucune pudeur de se moquer du monde artistique qui les invite à faible prix à assister à une production soignée. On ne peut pas en dire davantage sur l’absurde de tenir à bout de bras la haute culture pour un agglomérat d’indifférents sans discernement.

 

Photo: Yves Renaud

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