L’opérette «Les mousquetaires au couvent»: une histoire musicale pleine de rebondissements et de belles voix

Les Productions Belle Lurette fêtent ses 15 ans avec une opérette bien connue de Louis Varney, «Les mousquetaires au couvent». Cette équipe nous montre une fois de plus son savoir-faire avec un public qui revient année après année pour s’amuser et se divertir au son de belles voix. Mis en scène par Étienne Cousineau (qui tient aussi un rôle), ses fans qui le suivent depuis son passage à «La Voix-2013» sont comblés de l’entendre au meilleur de sa forme vocale. Malgré quelques longueurs et faiblesses de jeu, l’histoire ingénieuse, les belles voix et les multiples cabotinages humoristiques en font un autre succès pour Belle Lurette. Il reste encore quelques représentations pour vous amuser d’ici dimanche après-midi.

L’histoire se déroule à Touraine à l’époque des mousquetaires. Le mousquetaire Gontran est tombé en amour avec Marie, la nièce du gouverneur et pensionnaire au couvent des Ursulines avec sa sœur Louise. Aidé de son ami mousquetaire Brissac, ils s’introduisent au couvent déguisés en moines grâce à des costumes volés. Quand il découbre la supercherie, l’abbé Bridaine essaie des les en empêcher. Après que Brissac se soit saoulé et que Gontran et Marie déclarent leur amour, le gouverneur arrive pour résoudre l’intrigue.

Après avoir assisté à la Première vendredi soir, le public s’est amusé à souhait et on a été charmé par plusieurs belles voix parmi les personnages principaux. Le choeur nous a aussi offert de beaux numéros de groupe, avec des chorégraphies animées de mouvements qui font penser à l’époque d’Offenbach. Les «Couplets des marchandes» et «Dans le village on dansera» sont de beaux exemples, tout comme la chorégraphie avec une échelle au dernier acte. Quelques belles trouvailles humoristiques et des situations cocasses pimentent le texte un peu trop sérieux par moment. On aurait vraiment souhaité en avoir plus, surtout dans l’acte I qui semble plus rigide du côté de la mise en scène. D’ailleurs, le public s’amuse vraiment beaucoup à chaque fois qu’on déroge du texte pour insérer des expressions modernes comiques ou une parodie quelconque. On en aurait pris plus! Parmi les bémols, on note la longueur du spectacle (2:45 avec entracte), le jeu inégal et le fait de perdre quelques mots dans certaines chansons.

Même s’il occupe un second rôle, Etienne Cousineau en Simone vole la vedette à chacune de ses apparitions. Ses envolées vocales dans les aigus sont clairement dans son registre, et il démontre une forme et une force assurée. On le sent à l’aise dans les dialogues comiques qui fonctionnent particulièrement bien pour lui. Jonathan D’Amour (Brissac) n’est pas en reste, sa belle voix puissante et profonde donne du caractère à son personnage. Sa chanson «Gris, suis-je gris vraiment?» est vraiment un point culminant de l’histoire, autant par son interprétation vocale qu’humoristique. Son ami Gontran, joué par Simon-Charles Tremblay-Béchard, se fait plus discret malgré le rôle important. Sa voix est juste mais plus mince et il se retrouve à chanter souvent en falsetto.

Emilie Roy dans le rôle de Marie est une belle surprise. Sa voix douce et claire nous charme à chaque fois grâce à ses superbes aigus. Très expressive, elle joue facilement avec les nuances. Celle qui joue sa soeur Louise, Marie-Michèle Rivest, excelle autant par son jeu que sa voix. Elle sait vraiment raconter une histoire en chanson, surtout dans son solo «Curieuse! Curieuse!».

Benoît Godard nous montre un abbé Bridaine maladroit et attachant. Il chante d’une voix solide et avec du caractère, tout en apportant un jeu amusant par ses gaucheries. La caricature d’un Gouverneur frêle mais opiniâtre, joué par Donald Lavergne, offre plusieurs moments drôles. Les deux soeurs, joués par Nadine Arnaud-Drouelle (Soeur Opportune) et Jocelyne Cousineau (Mère Supérieure) sont de petits bijoux bien exploités qui excellent en humour. Quand Mère Supérieure lance son «Non mais tsé» et «Ah qu’a m’énerve!», elle est la raison qui font que ces vieux textes prennent vie encore aujourd’hui.

L’idée de déguiser les interprètes masculins en jeunes filles en deuxième partie est astucieuse. On ne s’y attend pas, et leur masculinité qu’on n’a pas cherché à cacher donne une raison de plus pour rire. Il faut noter que le spectacle profite de détails soignés au niveau des éclairages, ce qui donne de superbes visuels (voir les photos qui en témoignent). L’accompagnement au piano de Pierre McLean est toujours aussi impeccable. Je recommande ce spectacle aux amateurs de musique classique mais aussi à ceux qui aiment tout simplement de belles voix lyriques. Ceux qui aiment rire y trouveront aussi leur compte.

Les bons coups: bonnes voix, livret intéressant, musique, éclairages

Les moins bons coups: plusieurs longueurs, interprétation inégale

Équipe de création
Mise en scène/Chorégraphies: Etienne Cousineau
Directeur musical/Pianiste: Pierre McLean
Décors: SOS Décor
Costumes: Étienne Cousineau et Jocelyne Cousineau
Éclairages: Maude Serrurier

Distribution
Jonathan D’Amour (Brissac), Simon-Charles Tremblay-Béchard (Gontran), Benoît Godard (Bridaine), Donald Lavergne (Le Gouverneur), Etienne Cousineau (Simone), Emilie Roy (Marie), Marie-Michèle Rivest (Louise), Nadine Arnaud-Drouelle (Soeur Opportune), Jocelyne Cousineau (Mère Supérieure), Pierre-Luc Cossette (Rigobert), Jérémie Turgeon (Pichard), Maxime Gougeon (Langlois), Fred Leduc (Farin/Moine), Tristan Roy (Moine), Amélie Bélanger (Marchande/Agathe), Jacinthe Décarie (Marchande/Isabelle), Cassandra Beck (Marchande/Blanche), Marie-Pier Chamberland (Marchande/Pensionnaire), Lara-May Viger (Marchande/Pensionnaire).

info@alarie-photos.com
PHOTO: MARTIN ALARIE / 514 978 6076

Liens:
Productions Belle Lurette http://www.bellelurette.org/

Photos: Martin Alarie photographe

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