Nos femmes chez Duceppe – 26 octobre – 3 décembre

Que sont mes amis devenus Que j’avais de si près tenus Et tant aimés. – Rutebeuf

Paul, Max et Simon sont amis. Depuis plus de trente ans. Dans le vaste appartement de Max, ils ont rendez-vous pour leur partie de cartes hebdomadaire. Paul est déjà là lorsque Simon arrive enfin, ivre et complètement bouleversé. Il vient de commettre l’irréparable. Il supplie ses deux amis de le couvrir. Max, refuse. Il considère que Simon est allé trop loin. Paul, au nom de l’amitié et de la loyauté, hésite. Les trois hommes débattent, s’opposent. Au fil de leurs vifs échanges, les vieux copains sont inconsciemment amenés à dresser l’inventaire de leur propre vie. Et à laisser tomber les masques.

Le temps d’une nuit, d’un bref sursis, on devra trancher : l’amitié peut-elle aller jusqu’à fournir un alibi à un proche coupable d’un acte criminel? Voilà une pièce prenante, d’une grande efficacité, qui exige du public une implication de tous les instants. Au-delà du terrible dilemme dans lequel se retrouvent Paul et Max, ce sont l’amitié et ses limites, les apparences et le vernis social, la vérité et le mensonge, qui sont ici auscultés. Créée en 2013 au Théâtre de Paris avec les acteurs Daniel Auteuil et Richard Berry, Nos femmes d’Éric Assous pose un regard aiguisé sur le cœur des hommes et chaque spectateur, pris à partie, se demandera sans doute ce qu’il ferait face à une telle situation.

Michel Poirier
Metteur en scène

« Fabuleuse Guylaine Tremblay. Touchant Henri Chassé. Émouvant Michel Poirier. Un must » dira Guy A. Lepage. « Cette production ressemble à une production absolument parfaite, une des productions les plus fortes que j’ai vues de ma vie. », renchérira Jean-Sébastien Girard de La Soirée est encore jeune.

C’était au lendemain de la première chez DUCEPPE d’Encore une fois, si vous permettez de Michel Tremblay où Poirier dirigeait la grande Guylaine Tremblay. Le metteur en scène n’en était pas à ses premières armes chez DUCEPPE. En 2011, il montait Match de Stephen Belber, La Vénus au vison en 2013 et Judy Garland, la fin d’une étoile en 2015.

Intense, chaleureux et exigeant, acteur et metteur en scène, Michel Poirier aborde toujours ses personnages avec une extrême rigueur. En plus de vingt ans de métier, il a laissé sa marque dans de nombreux théâtres : Théâtre de l’Opsis, Théâtre Beaumont St- Michel, Théâtre de Rougemont, Théâtre du Chenal-du-Moine, Théâtre du Nouveau Monde, Théâtre d’Aujourd’hui et le Théâtre Sainte-Adèle.

Au Théâtre Beaumont St-Michel, Michel Poirier a signé les mises en scène de Faits pour s’aimer (2006) — qui fut présentée chez DUCEPPE à l’hiver 2008 —, Sacrée Famille (2007), Le Gars de Québec (2008), La cousine Germaine (2009) et Coco Chatel (2010), À la recherche d’Elvis (2011), Femme cherche homme désespérément (2012) et Adieu, je reste  ! (2013). Il y monte aussi Mon beau-père est une princesse en 2014 et, finalement, La nuit sera chaude de Josiane Balasko en 2015, qui souligne les 40 ans du théâtre. À l’été 2015, il met également en scène Coco Chatel au Théâtre Sainte-Adèle.

Au fil des années, son talent d’acteur a aussi fait la joie du public de DUCEPPE qui l’a vu évoluer dans La Maison suspendue de Michel Tremblay, Sainte Jeanne de Bernard Shaw, Ivanov d’Anton Tchekhov, Après la chute d’Arthur Miller, Le Nombril du monde d’Yves Desgagnés, Mambo Italiano de Steve Galluccio ainsi que dans Petit déjeuner compris de Christine Reverho.

Il faut aussi signaler la présence de Michel Poirier au petit écran (Scoop, La Maison Deschênes, Ent’Cadieux, Les Machos et L’Auberge du chien noir) depuis presque trente ans, alors qu’il incarne Mathieu dans Le cœur découvert de Michel Tremblay, en 1987  ! Il a également incarné Claude dans Le vrai monde  ? et Serge dans Bonjour, là, bonjour de Tremblay, deux téléthéâtres diffusés aux Beaux Dimanches.

Éric Assous
Auteur

Originaire de la ville de Tunis et Français d’adoption, le prolifique auteur Éric Assous écrit autant pour le théâtre que pour le cinéma, signant notamment plus de 80 textes de radio-théâtre pour France Inter dans les années 1980. Outre cette énorme contribution, on doit à Assous de nombreuses pièces destinées à la scène, dont Les acteurs sont fatigués, Les Montagnes russes, Les Conjoints, Mon meilleur copain et L’Illusion conjugale pour laquelle il récolte, en 2010, le Molière de l’auteur francophone vivant. Il a également signé la pièce Les Belles-Sœurs, présentée chez DUCEPPE en 2014 dans une adaptation de l’auteur Michel Tremblay… qu’il a renommée L’esprit de famille  !

Tout comme de nombreux auteurs qui développent des liens créatifs forts avec certains metteurs en scène, Éric Assous vit une collaboration très fertile avec l’homme de théâtre Jean-Luc Moreau, qui a dirigé plus d’une dizaine de ses productions depuis 1995.

En septembre 2013, Éric Assous voit trois de ses pièces prendre l’affiche à Paris, dont Nos femmes avec Daniel Auteuil, Richard Berry et Didier Flamand qui ouvre la saison du Théâtre de Paris et que DUCEPPE a le plaisir de présenter cette année. En 2015, sa pièce On ne se mentira jamais lui vaut, pour une seconde fois, le Molière de l’auteur francophone vivant. Aussi, Représailles est créée au Théâtre de la Michodière avec Michel Sardou et Marie-Anne Chazel.

Sa rencontre avec le réalisateur de cinéma Philippe Harel est déterminante. Ensemble, ils piloteront les projets des longs-métrages Les Randonneurs et La Femme défendue. Si le premier remporte un grand succès public au box-office français, le second représente la France en Sélection officielle au Festival de Cannes. Suite logique dans son parcours impressionnant, le cinéma devient une vraie passion pour l’auteur. Il scénarise notamment le film Petits désordres amoureux d’Olivier Péray pour lequel on lui reconnaît une écriture habile, dépeignant les relations hommes-femmes. Qui plus est, Une hirondelle a fait le printemps rejoint le nombre impressionnant de deux millions de spectateurs. Éric Assous réalise deux films Les Gens en maillot de bain avec Gad El Maleh puis Sexes très opposés.

Auteur à la plume réaliste et reconnu pour son sens de l’humour des plus incisifs, Éric Assous recevait le prix théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre en 2014.

Monique Duceppe
Adaptation

La saison dernière, chez DUCEPPE, Monique Duceppe montait Une heure de tranquillité du dramaturge français Florian Zeller. Elle y dirigeait alors Roger La Rue qui y brillait dans le rôle principal. Elle s’attaque cette année à une touchante comédie avec Les héros, qui met en lumière trois personnages aussi malcommodes que réjouissants  !

Les réussites théâtrales de la metteure en scène sont éloquentes. Citons Fleurs d’acier, Petit déjeuner compris, Haute Fidélité, Vice et Versa, Folle à lier, Chapitre deux et Mambo Italiano, qui figurent toutes au palmarès des productions qui ont rejoint le plus grand nombre de spectateurs chez DUCEPPE. Lors de la saison 2014-2015, on la voit renouer avec l’auteur Steve Galluccio qui crée, treize ans après Mambo Italiano, sa nouvelle pièce Les Chroniques de Saint-Léonard. Monique en signe la mise en scène et collabore à la traduction.

C’est en 1985 que Monique Duceppe débute comme metteure en scène avec État civil : célibataire de Wendy Wasserstein. Forte de ce succès, elle enchaîne avec C’était avant la guerre à L’Anse-à-Gilles de Marie Laberge, Yonkers de Neil Simon, Le vent et la tempête de Jerome Lawrence et Robert E. Lee, La Preuve de David Auburn, Billy l’éclopé de Martin McDonagh, La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller (Masque du public Loto-Québec en 2000), La Casta Flore de Peter Quilter, Halpern et Johnson de Lionel Goldstein, Une maison face au nord et La traversée de la mer intérieure de Jean- Rock Gaudreault, Elling d’Axel Hellstenius et Petter Næss et Un Village de fous de Neil Simon.

Monique Duceppe a œuvré au Théâtre d’Aujourd’hui, au Théâtre du Chenal-du-Moine, au Théâtre Le Patriote, au Théâtre de Rougemont, au Théâtre Sainte-Adèle et au Théâtre Beaumont St-Michel, sans oublier l’Opéra de Québec qui lui a confié la mise en scène de Don Pasquale de Donizetti.

Respectueuse des auteurs et des interprètes, sensible et instinctive, Monique Duceppe cumule plus de quarante années d’expérience. Dès son plus jeune âge, elle est passionnée de tout ce qui se déroule sur une scène. Déjà à l’adolescence, au Théâtre des Prairies, elle est une touche-à-tout infatigable. «  La meilleure école  », dira-t-elle.

En 2012, elle fait ses premières armes comme traductrice  ; on présente chez DUCEPPE

Les Peintres du charbon, sa version de la pièce de Lee Hall, The Pitmen Painters.

Monique Duceppe assume la responsabilité du comité de lecture chez DUCEPPE et fait partie du conseil d’administration.

mm

Written by 

Sujets connexes

%d bloggers like this: