Nous sommes tous Céline

The following two tabs change content below.
mm

Suzette Paradis

Suzette Paradis est journaliste depuis plus de 25 ans. Elle a fondé Les ArtsZé en août 2016. Précédemment, elle était à la tête de Cinéressources qui a traversé 20 belles années. Ses collaborations en tant que pigistes sont diversifiées - quotidiens, hebdomadaires, mensuels dans des domaines multiples (culturel, alimentation, médecine, politique, etc.)

Le sourire triste qu’arborait notre Céline à sa rentrée au Québec hier soir ne ment pas sur son état d’âme seulement six mois après le décès de son mari René Angelil.

Trois heures vingt
Comme en Belgique et en France, le concert  de Céline Dion a débuté avec le déroulement de cet écran géant vertical sur lequel apparaissait les paroles d’un couplet de «Trois heures vingt», chanson devenue fétiche depuis que cette pièce a ouvert la cérémonie funéraire pour René en janvier dernier.

En simultané, Céline, cachée derrière ce rouleau de parchemin, entonnait les paroles qui disent tout  – Je t’ai dit non, ça ne voulait rien dire, j’avais encore très peur hier, il me fallait le temps de réfléchir, j’étais encore bien jeune hier, mais ne fais pas cette tête, tout ira bien tu le sais, puisqu’à la fin, où tu vas, Je vais. – Le titre est sorti en 1984.

Le public généreux
Premier moment bouleversant d’une soirée au cours de laquelle les émotions fortes s’enchaîneront. Lorsque Céline est finalement apparue, le public du Centre Bell n’a pas boudé son plaisir devant celle que nous avons vu grandir pour devenir la plus grande chanteuse au monde.

Les ovations de la foule ont duré de longues minutes pour l’artiste et la femme qui paraissait mal à l’aise devant un tel déversement d’amour; elle a laissé couler quelques larmes. Puis elle y est allée de son succès de l’heure «Encore un soir» qu’un des bâtisseurs de carrière, Jean-Jacques Goldman, lui a récemment composé.

Goldman
À l’arrière-scène, l’horloge, symbole du temps qui passe, s’imposait. Justement, de Goldman, elle aura retenu plusieurs titres dont elle a fait un pot-pourri mais aussi «Et je t’aime encore» au cours de laquelle elle a craqué, question de paroles… : «Mais où es-tu ? Aussi loin sans même une adresse, et que deviens-tu ? L’espoir est ma seule caresse». Nous étions plus de 20,000 à craquer avec elle dans un stade bondé. Nous l’avons soutenue…

Elle avait promis un spectacle heureux. Force était de constater que cette rentrée sur la grande scène montréalaise qu’elle a toujours foulée alors que René était en coulisse, était très éprouvante pour elle et pour le public convié à cette grand-messe. À plusieurs reprises, le stade s’est levé pour l’acclamer et les lumières des cellulaires se sont allumées en communion avec elle.

100%
En annonçant qu’elle ne sortirait pas de scène pour passer le plus longtemps possible avec nous, elle faisait un choix assumé comme elle en fait désormais. Elle participe à la sélection des chansons et à la mise en scène, nous affirmera-t-elle à la généreuse conférence de presse d’après-spectacle. En récupérant le 50% qui revenait à René, Céline Dion est devenue une femme en équilibre, une femme à 100%, dira-t-elle.

Immensité pour René
Puis il y eut «Immensité», tirée de son album magnifique et tendre, D’elles. Un choix qui n’est pas banal puisque de tous les vidéos de musique qu’elle a tournés, René n’apparaît que dans celui-ci. Puis, inspiré par un grand classique de notre bonne chanson «À la claire fontaine», il y a ce nouveau titre écrit par Daniel Picard, un comédien québécois, qu’elle offrira en primeur, «À la plus haute branche», une ballade tendre et triste à la fois.

Scott Price
Scott Price, nommé directeur musical en avril 2015, aura finement installé un son plus classique, plus arrondi sur les titres que Céline chante. Près de 30 musiciens dont la moitié de cordes et trois choristes, forment une unité sans faille, et les solos de certains sont remarquables comme ceux de Kaven Girouard à la guitare pour «Ordinaire» de Charlebois et «Purple Rain» de Prince.

Après une première partie composée de chansons triées sur le volet, loin des succès connus du grand public, Céline a poussé les notes sur quelques grandes chansons d’amour en anglais dont «The Power of love» et «Because you loved me»,  fortement associées dans notre imaginaire à l’histoire d’amour qu’elle a connu avec René. À quelques reprises, elle s’est essuyée les yeux durant le concert.

Vole
Mais le clou de la soirée aura sans doute été la finale. Après avoir chanté «S’il suffisait d’aimer», elle a gravi solennellement la légendaire scène penchée, particularité de son spectacle en résidence à Las Vegas. Elle s’est retournée vers nous gardant le regard vers le sol pendant un long moment, puis en regardant au ciel, a capella, elle a entonné la déchirante «Vole». Puis le noir, et une immense photo d’elle et René enlassés, est apparue.

Nous sommes tous Céline
Céline incarne, au fin fond de nous, ces rêves qu’un jour ou l’autre nous avons contemplé sans jamais y croire. Elle y a cru. Je ne sais pas si y croire ou non fait la différence, mais les rêves que l’être humain équilibré entretient sont ceux de la réussite, de l’épanouissement, de la beauté, et parfois de la richesse.

Céline est une femme d’exception. Elle a cette beauté naturelle qui s’est imposée avec le temps, elle a connu le grand amour, elle a un fort appui familial, elle fait partie du club des célébrités, elle est très talentueuse, elle est mince, elle a de beaux enfants, elle est un modèle de réussite, de travail acharné pour les femmes mais aussi pour les hommes, elle a transcendé l’American Dream pour atteindre un succès planétaire. Et en ce sens, nous sommes tous Céline!

Liste des chansons

Trois heures vingt
Encore un soir
Je crois toi
Qui peut vivre sans amour
Immensité
Et je t’aime encore
Pour que tu m’aimes encore
Terre
À la plus haute branche
Ordinaire
Because you loved me
It’s all coming back to me now
Power of love
Le vol d’un ange
L’amour existe encore
Apprends-moi/Tous les secrets/Ne bouge pas/Valse adieu
Tous les blues sont écrits pour toi
Dans un autre monde
Naziland
Purple rain
Love can move mountains/River Deep
The show must go on
My heart will go on
S’il suffisait d’aimer
Vole

mm

Written by 

Suzette Paradis est journaliste depuis plus de 25 ans. Elle a fondé Les ArtsZé en août 2016. Précédemment, elle était à la tête de Cinéressources qui a traversé 20 belles années. Ses collaborations en tant que pigistes sont diversifiées - quotidiens, hebdomadaires, mensuels dans des domaines multiples (culturel, alimentation, médecine, politique, etc.)

Sujets connexes

%d bloggers like this: