Olivier, une histoire déchirante mais nécessaire

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Marie-Pier Malouin-Ducharme

Marie-Pier s’est lancée comme journaliste indépendante après avoir passé plusieurs années sur les bancs d’école à étudier les sciences politiques et les communications. Passionnée par les arts de la scène et le cinéma depuis son tout jeune âge, elle se fait un poing d’honneur de mettre en valeur les artistes d’ici et faire découvrir les talents émergents.

La nouvelle série Olivier, dont le premier épisode sera diffusé le lundi 11 septembre à 21 h sur les ondes de Radio-Canada, dépeint une réalité bien triste des années 1960. Dès les premiers épisodes, on est plongé dans la vie d’un petit garçon abandonné à la naissance et qui sera ballotté d’une famille d’accueil à une autre. Le petit bonhomme ne rencontrera malheureusement pas seulement des gens bienveillants sur son chemin.

Les deux premiers épisodes, dans lesquels on découvre la famille Surprenant, sont probablement les deux durs de la saison. Monsieur Surprenant (Sébastien Ricard) est un monstre violent. Il bat son épouse (Évelyne Rompré) et fait régner un climat de peur dans la maison. On entre dans un univers où le silence, les tabous et l’Église font loi. Heureusement, les prochaines familles apporteront plus de lumière dans la vie du jeune garçon.

Olivier est une histoire de résilience, et « pour montrer la résilience, nous n’avons pas le choix de montrer les zones d’ombre », mentionnait Josélito Michaud. Olivier se veut « un témoignage sur une réalité. C’est pour tous les Olivier qui n’ont pas de voix, pour qu’ils en aient une. » Rappelons que la série est adaptée du roman autobiographique Dans mes yeux à moi de Josélito Michaud. On comprend mieux d’où le célèbre animateur et producteur tient sa sensibilité lors de ses entrevues.

L’auteur Serge Boucher (AveuxApparencesFeux) a fait un travail de maître en adaptant le texte de Josélito Michaud pour le petit écran. Il dit avoir traité comme l’histoire comme une fiction non comme une biographie. Et c’est réussi ! Le réalisateur Claude Desrosiers également a su porter l’œuvre avec brio à l’écran. Il fait ressortir le meilleur des acteurs et malgré un univers étouffant, l’image est lumineuse. L’espoir de vivre des jours meilleurs transparaît.

Tous les personnages ne sont pas encore apparus à l’écran dans les deux premiers épisodes, mais quelques-uns brillent par leur interprétation. Le petit Anthony Bouchard qui joue le rôle d’Olivier dans les âges de 6 à 8 ans est étonnant. C’est son premier rôle principal et même s’il n’a que de courtes répliques, toute l’émotion transparaît dans ses yeux.

Isabelle Vincent qui campe le rôle de Sœur Noëlla, la directrice d’école, est tout simplement magistrale. Son interprétation est juste, sincère et nous fait nous réconcilier avec l’Église de l’époque. Finalement, Sébastien Ricard (M. Surprenant) aussi est impressionnant. C’est un homme violent qu’on déteste dès ses premières secondes à l’écran, mais qui réussit aussi à laisser transparaître des zones de faiblesse. À un certain moment, nous avons même envie d’aider cet homme malade.

Même si la série Olivier est dure, elle porte sur des sujets qu’il ne faut passer sous silence. Si cela peut éviter à d’autres enfants ou d’autres femmes de subir de telles violences, il est tout à fait justifié de porter un tel projet à l’écran. Pour ma part, je ne peux que remercier Josélito Michaud de nous confier ainsi une partie de sa vie, pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas.

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Marie-Pier s’est lancée comme journaliste indépendante après avoir passé plusieurs années sur les bancs d’école à étudier les sciences politiques et les communications. Passionnée par les arts de la scène et le cinéma depuis son tout jeune âge, elle se fait un poing d’honneur de mettre en valeur les artistes d’ici et faire découvrir les talents émergents.

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