Oslo a de quoi aider à rêver mieux

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Marc-Yvan Coulombe

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La pièce qui ouvre la saison chez Duceppe a de quoi étonner les habitués de ce théâtre. En effet, les codirecteurs artistiques David Laurin et Jean-Simon Traversy qui succèdent à Michel Dumont, frappent fort avec un suspense politique sur fond d’improvisation jazz… Explications.

14 artistes sur scène
À l’heure où on peut se demander comment se déroulent, derrière des portes closes, des tractations comme la renégociation de l’ALENA, la pièce Oslo de l’Américain J.T. Rogers, nous entraîne dans un huis clos visant à dénouer un conflit qui perdure depuis des décennies. Nous voilà spectateurs des négociations secrètes qui ont mené à la signature d’une déclaration de principes inattendue entre Israéliens et Palestiniens, en Norvège, en 1993. Un couple d’idéalistes (Emmanuel Bilodeau et Isabelle Blais) réussit à faire asseoir à la même table des ennemis qui se rencontrent pour la première fois en chair et en os. Colère et subterfuges, au coeur de séances de travail tendues, mais aussi des moments d’humour qui donnent à penser que les belligérants ont aussi des points en commun. Soulignons, ici, les excellentes performances de Jean-Moïse Martin et Manuel Tadros qui représentent respectivement les clans israélien et palestinien; Jean-François Casabonne injecte une généreuse dose d’humour à son Shimon Perez et Luc Bourgeois est franchement épatant dans les nombreux rôles qu’il défend avec une grande vigueur.

Chapeau à la metteure en scène Édith Patenaude qui dirige tout ce monde avec brio! On réussit aussi à habiter l’immense scène de ce théâtre, d’abord flanquée aux extrémités d’une estrade pour chaque clan. D’un côté, un contrebassiste, de l’autre, un batteur.

Des bémols
D’ailleurs, on peut se demander si la musique n’occupe pas un peu trop de place dans cette partition souvent tonitruante, à cause des protagonistes nombreux et enflammés. Le sujet étant déjà complexe, fallait-il en rajouter une couche en soulignant presque continuellement l’émotion des échanges avec de la musique ? Heureusement, les comédiens sont tous munis d’un micro, mais malgré cela, on perd des mots.

La tête et le coeur
La traduction de David Laurin s’avère d’une grande efficacité. Tout en étant tenu en haleine, on rit et on voyage dans l’Histoire sans trop voir le temps passer durant ce spectacle ‘une durée de 2 heures 40 avec entracte. Au bout du compte, après avoir résumé le destin des personnages historiques de la pièce, le dernier mot revient à un Emmanuel Bilodeau émouvant. Si ces ennemis jurés ont parcouru un si long chemin en si peu de temps à Oslo, dit-il, imaginez ce qu’on pourrait encore faire pour la paix. Vraiment, Oslo a de quoi aider à rêver mieux.

Texte J.T. Rogers

Mise en scène Édith Patenaude

Traduction David Laurin

Interprétation: Emmanuel Bilodeau, Isabelle Blais, Félix Beaulieu-Duchesneau, Luc Bourgeois, Jean-François Casabonne, Steve Gagnon, Reda Guerinik, Ariel Ifergan, Marie-France Lambert, Justin Laramée, Jean-Moïse Martin, Manuel Tadros, Mathieu Désy, Kevin Warren

(crédit photo : Caroline Laberge)

 

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