Robert Charlebois – Et voilà : un bilan qui groove !

À l’approche de ses 75 ans, «Garou 1er» nous offre dix nouvelles chansons propulsées en partie par de jeunes collaborateurs, mais le chanteur ne renie pas pour autant les vétérans. «Et voilà» s’ouvre d’ailleurs sur un texte de Réjean Ducharme, retrouvé par la conjointe de Charlebois.  Heureusement, cette chanson à prime abord défaitiste, intitulée «Le manque de confiance en soi», est teintée de l’humour grinçant qu’on trouve dans «Mon pays ce n’est pas un pays c’est une job», également du tandem Ducharme-Charlebois. Vient ensuite «Monsieur l’ingénieur», un duo avec Louise Forestier, sa complice de l’époque de Lindberg, il y a plus d’un demi-siècle ! Cette fois-ci, on a droit à une chicane de couple sur fond de cri d’alarme environnemental : «Ton vieux piano Tes maudites guitares… Tes stores électriques L’arrosage automatique… Sur la planète du tout à jeter… J’récupère tout Toi tu jettes tout tout tout tout.»

Mis à part l’adaptation française de Can’t Help Falling in Love d’Elvis, toutes les musiques sont de Charlebois qui est passé par New York pour travailler avec le duo de réalisateurs Gus Van Go et Werner F. Les cuivres et les cordes contribuent largement à la diversité des ambiances de ce disque auquel les multi-instrumentistes américains Jesse Singer et Chris Soper ont aussi prêté main forte.

Auto-dérision

Quel plaisir de se laisser emporter par «Musique de chambre» écrite par Simon Proulx (Les Trois accords) ! Sur un rythme qui n’est pas sans rappeler «Entre deux joints», Robert passe en revue, d’un ton sarcastique, divers moments plus ou moins heureux de sa carrière: «J »ai pratiqué mon swing avec un beau petit polo» (album controversé «Swing») «J’ai fait du canot dans mon tuxedo» (pochette rigolote de l’album «Heureux en amour»)

Hommages

Charlebois chante aussi «J’ai toujours aimé les filles de mon âge» et livre un touchant hommage à Johnny Hallyday «en paillettes pour l’éternité». Puis, quel beau texte que «La divine», signé Daniel Thibon, auteur de «Je reviendrai à Montréal», racontant la puissance d’une star, même après sa disparition: «Les bravos se sont tus mais elle est toujours là Si tu regardes bien au bout là-bas Brille au fond de la nuit le diamant de sa voix.»

Bref, cet album de moins de 35 minutes est à la fois émouvant, drôle et dansant. Après plus de 50 ans de carrière, notre Robert n’a pas dit son dernier mot, mais il n’est pas dupe: «La mer continue à monter Ma bonne étoile est un peu fatiguée… Et toi tu vas continuer à briller sans moi C’est la vie c’est comme ça… Et voilà».

Robert Charlebois – Et voilà

4 / 5

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