SOULFLY 2018 : le retour aux racines tribales

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Leslie Anna

Journaliste et auteure d’un premier ouvrage - La beauté au naturel : produits d’ici et d’ailleurs- aux Éditions Vuibert, Leslie évolue dans le journalisme nature et la communication. Tout en restant profondément attachée à sa première passion, elle n’hésite pas à allier son amour pour la musique et son métier.

Pour tout métalleux qui se respecte, Max Cavalera est un musicien que l’on ne présente plus. Leader incontestable de plusieurs groupes à succès tels que Sepultura, Cavalera Conspiracy et Nailbomb, c’est à l’occasion du futur nouvel album de Soulfly que nous l’avons interrogé.

Trois ans après le dernier opus intitulé Archangel, le groupe, basé dans l’Arizona, a décidé de retourner en studio pour l’enregistrement de leur 11e album : “J’ai essayé de nouvelles choses, j’ai fait des expériences : des paroles différentes et des façons différentes d’exécuter mon chant et mes cris. J’ai fait des essais pour voir si ça passait bien. Mais dans l’ensemble, je n’ai rien planifié : je l’ai fait au feeling et je trouve que mon chant est vraiment unique sur cet album”.

Même si on ignore encore tout du titre et de la date de sortie, Max a révélé quelques inédits : “Dans cet album, on a inséré plein d’éléments que l’on retrouve dans l’ensemble de notre carrière, des choses qu’on a repris de nos débuts et des choses un peu plus trash des albums précédents. […] Il y a de la spiritualité. J’ai changé un peu mon style d’écriture mais je garde toujours des sujets politiques, des thèmes qui font référence au passé, par exemple, la colonisation des Autochtones, la destruction de cette culture, l’une des plus belles cultures tribales au monde. D’ailleurs, une chanson est inspirée du meurtre d’une jeune fille navajo dans l’Arizona [Ashlynne Mike, 11 ans, retrouvée morte en mai 2016 dans la réserve indienne Navajo au Nouveau-Mexique]. […] Je reviens tout juste de la réserve où j’ai joué de la musique avec des instruments traditionnels en compagnie de Navajos. On a fait des chants traditionnels qu’on a inclus dans cet album”.

Pour ce 11e opus, il faudra donc compter sur une forte présence tribale, un composant qui a contribué à construire l’identité musicale et la carrière des frères Cavalera : “Pour moi, c’est normal que le tribal fasse partie du métal, c’est pourquoi j’ai voulu le faire revenir dans ce dernier album de Soulfly. J’ai toujours était très impliqué, voire obsédé par la culture tribale, toute ma vie. Faire un album comme Roots [Sepultura], et enregistrer plusieurs fois dans les réserves Navajos m’a donné encore plus d’inspiration pour faire de la musique”.

Les années ont beau passé, l’engagement de Max reste intact, comme le démontre l’affiche de son actuelle tournée, en compagnie de plusieurs groupes, dont Cannabis Corpse et Lody Kong formé par ses deux fils Zyon et Igor (deuxième du nom) : “C’est la couverture de l’album Point Blank de Nailbomb, un projet punk rock. Ça s’est déroulé le siècle dernier. C’est une simple photo en noir et blanc, qui, à elle seule peut symboliser la haine et la colère de ce nouvel album. C’est une femme vietnamienne avec une mitraillette sur la tempe : c’est une vraie photo, ça montre la vraie réalité de la guerre, c’est choquant, mais il faut que nous fassions face à ce genre de chose pour que cela n’arrive plus. Parfois, les gens essayent de nier les choses comme, par exemple que l’holocauste n’aurait jamais existé. Bien sur que cela s’est passé : des gens sont morts à cause de ça, arrêtons de le nier, des gens ont été emprisonné et torturé. Dans le même thème, on a sorti une vidéo pour Cavalera Conspiracy : elle est très choquante également car elle montre des images de guerre, sanglantes et horribles. Nous nous devons de les regarder pour y faire face et ne pas oublier”.

Parmi ces autres choses qui ne changent pas : la musique reste une affaire de famille. Depuis mai 2013, c’est Zyon Cavalera, son fils aîné qui a rejoint officiellement le groupe et composé l’ensemble de la batterie « quand on travaille, on essaye vraiment de mettre notre relation père-fils de côté. Je lui parle comme je parle aux autres membres du groupe. Il a particulièrement été bon, il a vraiment créé des rythmes tribaux originaux sur ce nouvel album”.

Concernant la date de sortie, Max reste encore relativement vague : « il devrait être disponible cet été, en juillet ou en août. Toutes les musiques sont terminées, il ne me reste que deux chansons à chanter mais dans la globalité, c’est terminé”.

Soulfly sera en concert le 14 mars aux Foufounes électriques.

Rodrigo Fredes Copyright © 2018, Pacific San Diego

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Journaliste et auteure d’un premier ouvrage - La beauté au naturel : produits d’ici et d’ailleurs- aux Éditions Vuibert, Leslie évolue dans le journalisme nature et la communication. Tout en restant profondément attachée à sa première passion, elle n’hésite pas à allier son amour pour la musique et son métier.

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