L’éblouissant Jérusalem Quartet éblouit au moment même de la divulgation du programme de la prochaine saison du Ladies Morning Musical Club

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Eric Sabourin

Professeur de littérature française et québécoise, Éric Sabourin a été reporter à CKAC, correspondant de Radio-France Outremer à Montréal, envoyé spécial des stations radiophoniques de Télémédia aux premières élections démocratiques dans le bloc de l'Est à la chute du mur de Berlin, enfin reporter à la première crise du Golfe persique, puis chroniqueur et enfin critique littéraire au cahier Livre du journal Le Devoir jusqu'en 2001.

Encore un récital de haute quintessence, au terme du dimanche après-midi 18 mars avec un programme Mozart, Beethoven et Shostakovich par le célébrissime Jérusalem Quartet! Les violonistes Alexander Pavlovsky et Sergei Bresler, l’altiste Ori Kam et le violoncelliste Kyril Zlotnikov ont porté aux nues les auditeurs ou abonnés des concerts du Ladies Morning Musical Club.

Difficile d’imaginer une plus haute perfection dans l’agencement des dialogues entre les membres de ce quatuor par la finesse de l’exécution de chacun des quatre mouvements du Quatuor en si bémol majeur K.458 de Mozart. Malgré quelques ajustements essentiellement mineurs requis à l’instrument du premier violon dès la fin du premier mouvement, vu sans doute les fluctuations incessantes de notre exaspérant frisquet temps non encore printanier, ce fut un quart d’heure inoubliable. Mais si la perfection a eu un moment de gloire lors de ce récital ce fut sans contredit, après le Quatuor en fa majeur opus 135 de Beethoven bouleversant, pendant la durée entière du Quatuor en la majeur opus 68 de Chostakovich, chef d’oeuvre absolu qui nous l’aura à tous procuré. Des premières notes de  l’Ouverture, jusqu’aux dernières variations du Thème et variations, ce fut plus qu’une écoute religieuse et une oraison pour cénacle quasi ésotérique qu’on goutait avec délices, mais l’art du quatuor porté à son paroxysme.

Il faut maintenant annoncer les grandes lignes de la nouvelle saison à venir du Ladies Morning Musical Club fondé en 1892. L’an prochain, la saison s’ouvre avec l’incomparable Philippe Sly, le prodigieux baryton ottavien ayant ses racines de jouvenceau (ou d’échanson!) en Mauricie et qui chantera (première apparition au LMMC) le dimanche 9 septembre prochain le magnifique cycle Winterreise de Franz Schubert. Il sera suivi, le 30 septembre, d’un récital du Québécois Marc-André Hamelin (sa quatrième apparition au Ladies Morning).

Le contenu de ce récital n’est pas encore révélé (ce ne sera fait que deux semaines avant la prestation, me dit-on) mais on ne peut douter de l’intérêt qu’il suscitera puisque ce musicien est au zénith des meilleurs virtuoses de cet instrument. Il y aura, au total, cinq quatuors à cordes invités soit le Belcea, le Miro, l’Escher, le Fauré et l’Artémis. Un trio de musique de chambre, le Setzer-Finckel-Wu Han présentera un récital le 2 décembre. Mentionnons enfin que deux autres solistes de renom offriront un récital d’artiste, soit le violoncelliste Pieter Wispelwey qui jouera le 11 novembre, puis, en toute fin de programmation annuelle, le pianiste Richard Goode qui en sera à sa neuvième présence au LMMC. Sans nullement rien lui ôter, il faut quand même dire qu’il y a une pléthore de jeunes pianistes, en ce moment, qui mériteraient aussi l’encouragement d’une occasionnelle invitation mais ceci ne me regarde pas certes, seulement que la courte liste des récitals de piano ayant cours à Montréal, toutes séries et organismes confondus, n’est pas une chose à la hauteur du talent artistique vigoureux tout partout sur la planète, en ce moment même, du moins pour faire valoir l’immensité de la relève musicale méritant d’être tout à fait entendue puis, bien sûr, réentendue.

 

Ladie’s Morning Musical Club

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Professeur de littérature française et québécoise, Éric Sabourin a été reporter à CKAC, correspondant de Radio-France Outremer à Montréal, envoyé spécial des stations radiophoniques de Télémédia aux premières élections démocratiques dans le bloc de l'Est à la chute du mur de Berlin, enfin reporter à la première crise du Golfe persique, puis chroniqueur et enfin critique littéraire au cahier Livre du journal Le Devoir jusqu'en 2001.

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