Tout rayonne autour de l’Orchestre Métropolitain

Tout rayonne en ce moment autour de l’Orchestre Métropolitain qui donnait, vendredi soir 10 mai, un programme Beethoven fort solide, à la Maison Symphonique. Le programme comportait l’énergique et sereine quatrième symphonie précédée de l’Ouverture Léonore III. La jeunesse des écoles secondaires montréalaises où s’enseigne la musique était généreusement présente pour une première musicale constituant une création mondiale soit celle d’un Concerto pour trompette intitulé «En soi» et composée par Stacey Brown.

Le trompette solo de l’Orchestre Métropolitain,  Stéphane Beaulac l’a soutenue en ses timbres, ses rythmes, aussi ses mélodies abstruses fort bien jouées à pleins poumons! Des autres splendeurs à venir avec l’OM,  mentionnons tout d’abord une enlevante tournée d’une semaine, cet automne, du 18 novembre au 25 novembre, entre Chicago et Philadelphie via New York, une tournée de l’OM au complet à laquelle des mélomanes sont conviés. La mezzo Joyce DiDonato en sera avec Nézet-Séguin bien entendu. Ensuite n’oublions pas la nouvelle saison pour laquelle il faut souligner la constante invitation réjouissante en son sein de jeunes chefs, homme et femme, en beau mûrissement comme le jeune Nicolas Ellis (il fait beaucoup penser à un Jacques Lacombe au tout début de l’âge adulte).

Ellis qui dirigeait encore vendredi soir avec cette énergie enthousiaste d’un jeune dauphin associé au plus grand chef de l’heure, s’est adressé dans les deux langues nationales au public pour souligner l’importance de faire revivre l’émotion originelle ayant fait naître une oeuvre à l’esprit d’un compositeur. Cela est fort ambitieux et, pour le réconforter, disons qu’il n’y a que les longues lectures d’une vaste culture générale acquise au fil du temps (dévolu à s’y consacrer!) qui puisse nous rassurer sur le fait qu’on approche ou non de l’intention ou de l’ambiance originelle ceignant le créateur ou son monde le plus souvent imaginaire. Lorsqu’on entend des musiciens émérites ayant passé leur vie à lire les biographies ou oeuvres d’artistes divers et ayant assidûment fourni l’effort de se cultiver en plus de jouer du piano ou de leur instrument, on remarque cette pénétration cultivée de leur discours, pénétration devenue rarissime:  Claudio Arrau est un exemple probant en entrevue, également notre Louis Lortie très certainement et monsieur Louis Lavigueur parmi nos chefs doit y figurer. Tout professeur sait qu’il faut sans relâche continuer de conseiller aux jeunes musiciens, enfin à tous, de ne jamais cesser de lire les grands classiques de la littérature mondiale, d’aller au théâtre, au cinéma et de visiter les musées, de voyager surtout de s’intéresser aux autres pays ou cultures de notre vaste monde rempli d’histoires nationales évocatrices des luttes de libération et d’expression artistiques.

Je poursuis l’énumération des merveilles en gestation avec l’OM par le plus beau des fleurons et le plus près de nous: à ne pas manquer, absolument, annulez donc tout de suite vos plans de voyage à l’étranger et abonnez-vous aux programmes suivants bien conçus tels leurs trois concerts de juillet 2019 , au Festival de Lanaudière : le 6 juillet avec la sublime mezzo et diva Susan Graham dans du Berlioz, puis le 26 juillet le fabuleux premier prix du dernier Concours Chopin Seong-Jin Cho jouant le quatrième concerto pour piano et orchestre de Beethoven et, enfin, le 28 juillet nul autre que Marc-André Hamelin notre autre très grand virtuose québécois du clavier jouant rien de moins que les deux chevaux de bataille du répertoire pianistique soit les deux concertos pour piano et orchestre de Brahms. C’est à cet étalon qu’on mesure les indéniables plus grands pianistes du monde de la musique classique:  sous les doigts de notre retentissant Marc-André Hamelin accompagné par Nézet-Séguin et la force de l’OM, le beau temps d’une soirée étoilée dirigera tout ça de céleste main de maître. Ce sera un exploit, car notons que peu de pianistes possèdent brillamment au plus haut niveau technique et lyrique ces deux concertos. Et de mémoire vive sans partition, le tout à offrir en un même soir!

Je nommerai par ordre de splendeur ces joyaux du monde musical au chapitre musique orchestrale avec piano de Brahms:  Ivan Moravec (Supraphon, Belohvalek et l’Orchestre tchèque SU3865-2), ensuite la majestueuse  Idil Biret (Naxos, Antoni Wit, Orchestre national polonais 8.554088 et 89), évidemment Claudio Arrau (EMI, Giulini, Philharmonia 72435 et 75326), Emile Guilels avec (EMI, George Szell   Cleveland sur vinyles). Souvent les plus grands de ce répertoire n’ont endisqué que le second (Richter, inégalé sous Leinsdorf avec Chicago sur RCA Victor 0786356518-2) car véritablement beaucoup de pianistes n’ont enregistré brillamment que le second (opus 87) tels Vladimir Horowitz (Naxos, Toscanini, NBC Symphony 8.110671) Alexis Weissenberg (Arts-archives, Maag, RAI, 43038-2), Wilhem Backhaus (Naxos, Karl Böhm, Saxxon Staats Symphony, 8.110766) , Artur Rubinstein (RCA, Krips, RCAVictor Symphony 2296) et plus près de nous Stephen Hough (Virgin, Andrew Davis, BBC39136629) à l’égal dans le second concerto à l’Américain Van Cliburn sous Reiner dirigeant l’orchestre sublime de Chicago.

Imaginez-vous si, en juillet prochain, notre Marc-André Hamelin se retrouvait véritablement à la quintessence de cette liste universelle des Titans par ses versions de ces concertos de Brahms! Il est permis d’y rêver, car son enregistrement du second concerto (Hypérion, Andrew Litton, Dallas Symphony  CDA67550) est lui aussi d’une grande beauté.   Vivement l’été musical avec l’OM!

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