Une intégrale des symphonies d’Anton Bruckner avec Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain: La plus grande réalisation musicale symphonique classique entièrement québécoise depuis 20 ans

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Eric Sabourin

Professeur de littérature française et québécoise, Éric Sabourin a été reporter à CKAC, correspondant de Radio-France Outremer à Montréal, envoyé spécial des stations radiophoniques de Télémédia aux premières élections démocratiques dans le bloc de l'Est à la chute du mur de Berlin, enfin reporter à la première crise du Golfe persique, puis chroniqueur et enfin critique littéraire au cahier Livre du journal Le Devoir jusqu'en 2001.

Aujourd’hui, 2 mars 2018, il s’agira désormais d’une date mémorable en musique classique, car la maison ATMA diffuse l’intégrale des symphonies du grand compositeur viennois Anton Bruckner (1824-1896) encore trop méconnu. Les symphonies de ce contemporain de Johannes Brahms que peu de gens connaissent encore, hélas, sont toutes  jouées d’adresse et de splendeur par l’Orchestre Métropolitain dirigé par leur fulgurant chef québécois Yannick Nézet-Séguin.

Depuis vingt ans, le Québec était en attente d’une telle réalisation globalisante sur disque: à part les réalisations extraordinaires du jadis enfant prodige Louis Lortie devenu l’immense pianiste que plus personne ne peut plus lui nier d’être devenu à force de tant d’intégrales  et de grand travail de mémorisation phénoménale, c’est un autre enfant prodige québécois (ayant fréquenté la même école secondaire, le Mont Saint Louis!) qui nous livre ce matin son nouveau-né en entier, en y ajoutant la première symphonie et la cinquième symphonie de Bruckner à tout cet ensemble des symphonies de Bruckner déjà parues au fil des dix dernières années!

L’homme prodigieux au comble de la fierté nationale actuelle des Québécois qui fut aussi un étonnant enfant prodige en son développement intérieur de futur chef d’orchestre s’appelle Yannick Nézet-Séguin : son enthousiasme et la grande générosité de son coeur d’artiste s’adressant au public chaque soir directement pour l’instruire et lui exprimer sa reconnaissance tout comme sa profonde connaissance de la musique, ces qualités donc l’ont conduit au sommet du monde musical classique contemporain à l’égal d’un jeune Karajan. En maturité, Nézet-Séguin atteint déjà le niveau d’un réfléchi, éprouvé et sensible Otto Klemperer, peut-être sans atteindre encore tout à fait cependant le niveau titanesque de Wilhem Furtwangler (qui fut aussi grand compositeur méconnu en plus d’avoir été un sublime chef).

Il est bien que Nézet-Séguin ait encore quelques sommets à égaler et supplanter (avec tant d’années de vie musicale devant lui, ça ne devrait pas tarder!).Au fil des prochaines semaines, je me ferai une joie de savourer une à une les versions offertes depuis toujours de chacune de ces symphonies d’Anton Bruckner pour les leur comparer cette version qu’en donne maintenant – comme entière et achevée- l’Orchestre Métropolitain et son éternellement jeune chef. Il s’agit tout d’abord de leur première intégrale. J’y noterai lentement et minutieusement mes impressions sur l’évolution resplendissante de la qualité sonore de l’ensemble, les ingéniosités de la direction de l’orchestre sous le flair des idées ressuscitées avec innovation, chaque fois par tous ces solistes des pupitres de l’OM, mais aussi tous ces musiciens de l’ensemble québécois formés chez nous dans nos écoles et conservatoires.

Désormais acclamés un peu partout, mais encore à mieux faire connaître, les musiciens de l’Orchestre Métropolitain auront donc de quoi célébrer, ce soir 2 mars, au concert de la Maison Symphonique où à 19h30, on jouera de manière concertante le premier concerto pour piano de Nicolas Medtner (compositeur méconnu lui aussi) avec le talentueux pianiste Serghy Salov, en résidence cette année à l’OM.

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Professeur de littérature française et québécoise, Éric Sabourin a été reporter à CKAC, correspondant de Radio-France Outremer à Montréal, envoyé spécial des stations radiophoniques de Télémédia aux premières élections démocratiques dans le bloc de l'Est à la chute du mur de Berlin, enfin reporter à la première crise du Golfe persique, puis chroniqueur et enfin critique littéraire au cahier Livre du journal Le Devoir jusqu'en 2001.

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