Une messe qui fait du bien avec le Choeur de l’OSM

On dit parfois qu’aujourd’hui, les salles de concert ont remplacé les églises en tant que lieux de recueillement et de communion à la beauté. Si tel est le cas, la Maison symphonique de Montréal serait sans doute à classer au rang des cathédrales, surtout depuis qu’elle est dotée d’un grand orgue. Or, en ce dimanche frisquet (8 avril 2018), le Choeur de l’OSM conviait ses ouailles à «La grande messe» de Mozart (1756-1791) non pas avec orchestre, mais plutôt accompagnée à l’orgue.

Le choeur, l’orgue et la messe sont inscrits si profondément dans nos racines que le public est tout de suite attentif, recueilli et touché au point de ne pas résister à l’envie d’applaudir quelques fois, bien avant la fin de cette oeuvre inachevée d’une cinquantaine de minutes. Si les solistes Florie Valiquette (soprano) et Christianne Bélanger (mezzo-soprano] sont à l’avant-plan, avant d’être jointes par le ténor Jean-Michel Richer et le baryton Hugo Laporte, il n’en reste pas moins que l’émotion qui se dégage de la Messe no 17 en do mineur, K. 427/417a repose en grande partie sur le choeur. Le Gloria, entre autres, a de quoi émouvoir aux larmes. Malgré ou grâce à sa complexité, cette musique nous touche directement au coeur. Et l’orgue ajoute au caractère religieux de ce moment. Plus encore, l’organiste américain Scott Dettra joue dos au public, de sorte que l’on peut admirer son travail à l’orgue placé sur la scène.
Le chef de choeur Andrew Megill nous a aussi donné un aperçu de l’étendue de son répertoire allant jusqu’à la musique contemporaine. C’est, en effet, avec une oeuvre du Québécois Claude Vivier (1948-1983), Jesus erbarme dich (Jésus, prends pitié) que s’est ouvert le concert. Ce fut suivi du magnifique Kyrie de la Messe pour double choeur a capella du Suisse Frank Martin (1890-1974). Pour compléter ce lumineux voyage, on a aussi eu droit à Sun, une pièce du compositeur canadien Murray Schafer (1933), extraite du prologue du cycle Patria. Le texte est composé du mot sun en trente-six langues. L’oeuvre évoque une journée du parcours du soleil d’est en Ouest, de l’aube jusqu’à sa graduelle disparition.
Un si grand voyage en une heure et demie, sans entracte et un tel bien-être, on pourrait sans doute dire que ça tient du sacré.

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