Une récidive fortement réussie pour le Apriliis Fest

Vendredi dernier était la deuxième date au calendrier pour le festival Apriliis. Cette fois-ci le thème donnant plus dans le post-rock mais avec un niveau d’énergie tout aussi convaincant ne serais-ce que par les émotions livrées. Nous avions droit a de la belle visite française de nos amis de la formation Féroces, un dernier concert pour Jared de la formation Appalaches quittant le groupe, les vétérans du post-rock ambiant et cinématographique de Thisquietarmy, venant faire escale à Montréal après avoir une fois de plus parcouru l’Europe,les américains de la formation Cavern ainsi que Milanku, une force locale et incontournable dans le genre prôné ce soir, et Martlet pour couronner le tout.

 

 

La soirée débutait très tôt (18h30) alors il me fut impossible d’être présent pour Martlet à mon plus grand regret. Formation très intéressante dans la scène post-rock locale Martlet est un projet reconnu de ses pairs qui offrit (selon les dires de mes amis présents) une performance remarquable quoique différente dans sa sonorité versus les pièces disponibles sur Bandcamp ou sur média cd. Commentaire positif ou non? Je ne saurais quoi en dire, à chacun ses perceptions.

Ensuite vint le temps de la formation montréalaise thisquietarmy  de venir nous envoûter. Habituellement Eric Quach (membre fondateur) joue seul mais depuis quelques temps il est entouré d’un batteur, d’un bassiste aussi trompettiste et d’un second guitariste et joueur de trombone, Eric lui, jouant de la guitare alliant plusieurs effets énigmatiques et structurés donnant un son enveloppant et grandiose, plus grand que nature. De la projection visuelle fut aussi utilisée, ajoutant un effet cinématographique au tout, fidèle à une certaine tradition des groupes post-rock. thisquietarmy est une valeur sûre.

 

Pour continuer la soirée en beauté nous avons droit à la formation américaine Cavern, qui venait nous épater de leur rock avec touche progressive, tantôt agressive et complexe (voire sludge). Armés de la basse et de la voix de Rose Heater, des percussions de Stephen Schrock
et de la guitare électrisante et captivante de Zach Harkins,  le trio sut se faire apprécier de par son originalité et son contraste vis-à-vis de ses pairs. À souligner aussi l’utilisation d’un MOOG (clavier avec son rétro enveloppant et chaud ) qui donna une touche particulière a leur son.

Plusieurs et dont moi avaient hâte soit de renouer avec les français de la formation Féroces pour la deuxième fois en sol montréalais ou bien de les découvrir pour la toute première fois en concert. Pour ma part c’était ma toute première fois. Féroces sont un groupe de post-rock inspiré de grands films de type drame psychologique et ils utilisent de façon assez originale, la narration de divers protagonistes de long métrages les ayant marqués, choisissant les passages les plus évocateurs et émotifs afin de rendre à leur musique une profondeur extraordinaire ainsi que des visuels frappants, car, utilisant des images étant des passages de  ces dits films nous pouvons voir tout aussi les narrations, écrites sur le fond d’écran, le tout donnant une puissance, une envergure toute nouvelle à leur musique. Aussi, chaque mots sont bien rythmés, bien situés dans la mélodie, tout peut alors se fondre dans un tout resplendissant et très poignant. Nous avons aussi des titres plus rythmés presque dansants me rappelant les années 80, un peu la post-punk britannique des Joy division sous une forme moins noire et glauque quoique triste par moments. Ils ont a leur actif quatre  parutions , Juliette, Donna, Victor, Joséphine ainsi qu’un single , Sometimes (Jamais on ne nous dit ces choses​-​là). Quoique affectés par le changement de fuseau horaire, ils donnèrent une prestation qui me fit voyager à travers leurs projections et me donnèrent le goût de me ressourcer dans le septième art, art que je néglige que trop.

 

La dernière formation de la soirée (Milanku) et non la moindre, est un groupe de Québec que je connais déjà, les ayant vus a plusieurs reprises. Oeuvrant dans le post-hardcore et le sludge ils sont passé maître dans l’art de stigmatiser les démons intérieurs et d’exorciser la négativité par une musique bien orchestrée, intelligente, structurée, explosive lorsque requis. La bande de Guillaume Chamberland  (chanteur bassiste)nous offre un rock planant, tantôt agressif, tantôt mélodieux, envoûtant et atmosphérique. Milanku s’exécute avec trois guitares, chacune d’elle ayant un rôle particulier, soit d’ajouter à l’atmosphère, soit agissant comme une guitare rock ou les deux. Nous avons eu droit à des morceaux de l’album Convalescence, Mouvement du non-être et mouvement du non-vivant leur tout dernier paru et De fragment. L’intensité était à son paroxysme et après une très imposante prestation il fallut à nouveau leur dire au revoir! Un grand merci à Adrien, Guillaume et Vincent et on se revois l’an prochain!

 

 

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