Voyagez à travers l’œil de Jean-René Dufort

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Besoin d’évasion? Pas besoin d’aller bien loin. La recette est simple : Installez-vous confortablement, emmitouflez-vous dans une couverture, enfilez vos bas de laine, servez-vous un bon thé avec des biscuits et décollez via le livre de Jean-René Dufort : « Mon œil! ». Le voyage promet d’être riche en découvertes!

En librairie depuis octobre dernier, le livre de Jean-René Dufort contient ses plus beaux clichés. D’une curiosité enivrante, l’œil de l’animateur capte l’humanité dans sa plus vaste authenticité et son objectif l’immortalise pour notre plus grand plaisir. Le journaliste à l’humour acéré et pince-sans-rire nous emmène au quatre coins du monde : de Vancouver à Shanghai, en passant par Jacmel, Stockholm, Prague, Berlin, Seattle, Barcelone, Kiev, Gaza, Mexico, Los Angeles et j’en passe. D’un esthétisme à la fois brut et poignant, les photographies donnent à voir une diversité de situations des plus drôles aux plus touchantes. Leur contemplation s’enrichit des commentaires de l’auteur.

La première photo, celle sur laquelle le livre s’ouvre, est symbolique. Elle est la première capture numérique de Jean-René Dufort. Un homme marche sous la pluie. Il semble aussi triste que le photographe, endeuillé après avoir délaissé l’argentique. Mais Jean-René Dufort ne se contente pas de nous émouvoir, il entend bien nous faire rire et articuler notre matière grise. Le livre laisse apercevoir une démarche cartésiennes, du type : « Je photographie donc je suis ». À bas le connu, l’interprété et bienvenu dans la quête d’une réalité qui nous est singulière!

Jean-René Dufort a un talent innommable. Celui de saisir les petites choses du quotidien qui passeraient inaperçues pour la plupart d’entre nous. « Ce matin-là, à Portland, en ouvrant les rideaux, j’ai vu, droit devant moi, cette robe suspendue […]. J’ai perdu de longues minutes à imaginer son histoire. Mariage? Bal de finissant? Séchage express? Folle nuit? Comme vous, je ne le saurai jamais. J’ai cependant trouvé qu’elle apportait une touche de douceur à ce froid décor urbain ».

Toutefois, le livre de Jean-René Dufort n’invite pas seulement la pensée à errer. Il a également quelque chose d’engagé, de politisé. « Mon œil! » décortique divers enjeux : l’appropriation de l’espace, le rapport aux objets, la géopolitique, le féminisme, le rituel de l’égoportrait, la religion, la misère, le « trumpisme »… Le lecteur ou la lectrice oscille entre l’absurde, l’original, le rassurant, la perdition, le sentimental et le drôle. Le livre offre un choix; celui d’être lu avec sérieux ou beaucoup de légèreté. Dans tous les cas, sa lecture est des plus dépaysantes!

Pour que l’envie de dévorer ce livre vous gagne, je vous laisse sur les mots de l’auteur à propos de sa démarche. « Lorsque l’on prend une photo, on ne se pose pas de questions. On voit une belle image et on appuie sur le déclencheur. C’est le côté « sans préjugés » de la photographie que j’aime beaucoup. L’écrivaine française Sophie Bassignac a dit :  » Ce n’est pas parce que l’on photographie le réel que l’on montre la réalité « . Parfois, je pense, au contraire, que l’on photographie une réalité qui nous ouvre au réel ».

« Mon œil! », Jean-René Dufort, Éditions La Presse, octobre 2016

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