Youngstown et leur country nouveau-genre

Youngstown est à cheval entre modernité et tradition. La musique de ce trio sonne comme la rencontre inespérée entre Dolly Parton et Albert Lee, mais avec la fougue et la fraîcheur de trois virtuoses qui vivent leur musique comme on vivrait ses dernières heures sur Terre: à fond et sans artifice.

Comment décrivez-vous votre musique?

« Youngstown s’inspire du meilleur de la country, du folk, du traditionnel, mais aussi du rock americana et pioche même dans le gospel. Notre musique est influencée par tout ce que nous écoutons, aimons et vivons, par nos croyances, nos expériences, nos émotions aussi. Youngstown est un savant mélange difficile à classer, mais qui séduit tant les puristes de la country que les amoureux du rock pur. Un mélange que nous voulons bien penser, bien arrangé, brillant et surtout qui ai du sens ».

Depuis combien de temps le groupe existe-t-il?

« Le groupe s’est formé officiellement en juin 2014, mais le passé musical de Lionel et Jeremy remonte à quelques années auparavant ».

Qui fait quoi dans le groupe?

« Lionel, guitariste, est le pilier mélodique du trio et son principal arrangeur et compositeur également. Il gère les morceaux de leurs premiers balbutiements à la patine finale en studio. Blandine, bassiste et chanteuse lead, est la voix remarquable du band. Elle oscille également entre composition, graphisme et communication. Jeremy, batteur, est la base rythmique du projet et les chœurs hauts perchés : sa tessiture vocale lui permet d’aller chercher des notes dans un registre très aigu, ce qui nous permet de faire des harmonies vocales à trois voies bien réglées … pour peu que l’on s’entende dans les moniteurs! »

Pourquoi avoir choisi de déménager au Québec?

« Pour échapper au désastre français (haha). Lionel a vécu à Montréal il y a une dizaine d’années et travaillé en collaboration avec l’écrivain Maurice G. Dantec pour la création d’une œuvre musicale liée à son œuvre littéraire. Jeremy a vécu à Montréal durant une année en 2013. Tous les deux se sont retrouvés en France pour faire de la musique avec l’idée de retrouver le Québec rapidement. Entre 2013 et 2014, Blandine rejoindra le duo avec la même envie d’exil et deux ans plus tard, Youngstown posera ses valises à Montréal ».

Comment avez-vous trouvé l’expérience de jouer au Festival de Jazz de Montréal?

« (Blandine) : c’était incroyable, indescriptible, dès les premières notes a capella, c’est comme si la foule envoyait une telle vague d’enthousiasme et d’émotion, comme un écho vers nous, que j’ai cru ne jamais pouvoir continuer à chanter tellement j’étais émue. J’en garde un souvenir exceptionnel ! Sans parler de l’accueil et de l’organisation qui étaient impeccables ».

Comment s’est passé l’enregistrement de votre premier album qui a été fait en 2016?

« C’est un album 100 % fait maison, composé, enregistré et désigné de A à Z entre notre appartement, au-dessus d’une école maternelle, et la résidence de Jérémy, où on a enregistré toutes les batteries . Le tout en pleine campagne! »

Sur cet album vous avez repris plusieurs chansons des grands du country, comme Alan Parson, Dolly Parton et Johnny Cash, qui d’entre vous écoute ces artistes?

« Pour être très francs, nous avons choisi de reprendre ces titres pour apprendre à mieux les connaître, Dan un premier temps.  Nous les aimions, mais ne les écoutions que trop peu souvent, car nous sommes venus à la country par effet ricochet. L’envie de remonter le temps, et de tirer sur le fil d’ariane pour trouver ce qu’il y avait en amont, nous a poussé à réaliser ce vieux rêve :  un groupe simple avec une formule très réduite, un trio! »

« Dans un deuxième temps, nous nous sommes réapproprié ces titres en les arrangeant à la sauce Youngstown, ce qui en langage concret signifie que chaque musicien doit se surpasser et exécuter le travail de deux à trois personnes sur scène. Blandine est donc passée du rôle de chanteuse à chanteuse bassiste, un bel exploit!  En plus de faire sonner ses futs comme un ensemble de percussions, Jérémy s’est attelé aux chœurs de haute voltige. Quant à Lionel, il joue essentiellement en »chicken-picking », une technique issue du banjo qui fait sonner sa guitare comme s’il en jouait deux à la fois ».

Qu’est-ce qui vous attire dans la musique country?

« Son rang de musique traditionnelle et sa dimension historique sont incontestablement les éléments en lesquels nous nous reconnaissons le plus. Musicalement, c’est un système d’exploitation qui ingurgite aussi bien le blues, que la musique irlandaise. Johnny Cash y a même introduit des influences mexicaines (Ring Of Fire)! »

« Historiquement, elle est inextricablement liée à la conquête de l’Amérique, elle a en son âme tout un tas d’histoires venues d’Europe et d’ailleurs. Son aura et sa mythologie, l’image du canon scié qui ronronne à côté d’un rockin chair, d’un banjo et d’une bible, c’est tout ce qui touche nos cœurs d’Européens romantiques et déracinés ».

À part le country quel style de musique aimez-vous?

« Tout ce qui est fait avec passion et dans une volonté de transcendance, même inconsciente. Jérémy est aussi bien amateur de musique irlandaise que du lourd métal allemand. Blandine peut chanter Dolly Parton avec un t-shirt à l’effigie de Kurt Cobain, tout en se revendiquant être la petite sœur de Cindy Lauper. Quant à Lionel, il navigue entre les musiques traditionnelles d’Asie et la pop psychédélique des années 60. Si vous secouez tout ça bien fort, vous entendrez »7807 Miles To », notre premier disque, qui au passage doit probablement être le seul disque country qui contient du târ (luth iranien) et de la tanpura (luth indien) … sur un texte qui rend hommage aux miracles réalisés par Jésus Christ! (He Turned The Water Into Wine -dernier titre de l’album)”.

Est-ce que vous travaillez sur un deuxième album. Si oui est-ce que ça va être des chansons originales ?

« Oui, à part peut-être un ou deux standards, le nouveau disque sera majoritairement composé d’originaux. L’esprit reste le même, mais le songwriting est plus puissant et plus épique. Il rendra compte des 3 dernières années qui ont été pour nous assez semblables à une bataille médiévale dans laquelle nous avons perdu beaucoup de proches que nous aimions. Musicalement, nous avons poussé les choses beaucoup plus loin, tant dans le travail vocal que la virtuosité de certains titres. Quelques balades influencées Neil Young / Roy Orbison / Hank Williams viendra contraster avec cette ambiance de train qui file à toute vitesse ».

Pour le concert du 31 mai prochain, allez-vous jouer de nouvelles chansons ?

« Nous jouerons un set de covers et compositions originales. Un mélange du premier album et du nouvel album en cours ».

Avez-vous des plans à court et long terme ?

« À court terme, finaliser notre nouveau disque, qui pour des raisons techniques a pris du retard. A long terme, parcourir l’Amérique du Nord, nos instruments dans une main, la boussole dans l’autre, pour aller à la rencontre de ceux qui peuplent ce Nouveau Monde et leur dire un grand merci pour leur accueil … en chanson bien sûr! »

 

Le groupe sera en concert le 31 mai prochain à la salle L’Escalier

https://www.facebook.com/youngstowncountrybilly/

www.youngstownmusic.com

https://www.facebook.com/events/1068596496683460/

 

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