Confessions incursion au cœur de l’univers des motards. Grandiose performance de Luc Picard

Le film Confessions, produit par Christian Larouche, scénarisé par Sylvain Guy et réalisé par Luc Picard,  arrive dans nos salles de cinéma le 20 juillet prochain. En plus d’assurer de main de maitre la réalisation du film, Luc Picard y tient le rôle le plus marquant de sa vie, celui de l’étrange tueur à gages, bègue, calme et stoïque Gérald Gallant. David La Haye, Sandrine Bisson, Éveline Gélinas, Dany Boudreault, Emmanuel Charest, Jean-François Boudreau, Bobby Beshro, Maxim Gaudette, Catherine De Léan, Louise Portal et Raymond Cloutier complètent l’impressionnante distribution. Daniel Bélanger en signe avec brio la musique originale.

Résumé : Confessions raconte la vie de l’un des tueurs à gages les plus prolifiques de notre époque. Avec vingt-huit meurtres et une quinzaine d’attentats, pour la plupart des hauts gradés des Hells Angels, de la mafia et du crime organisé, Gérald Gallant étonne et déroute. Gallant est aussi indicateur de police et n’hésite pas à vendre ceux qui l’entourent. Comment ce petit homme bègue à la santé fragile et au QI modeste, vivant avec son épouse pieuse et généreuse dans une maison proprette au cœur d’un quartier tranquille, a-t-il su déjouer tant les criminels les plus endurcis que les policiers les plus futés ?

Mes entrevues avec les artisans du film sont disponibles via ce lien : https://lesartsze.com/entrevue-avec-les-artisans-du-film-confessions-a-laffiche-des-le-20-juillet-au-cinema/

On le sait, CONFESSIONS est l’adaptation du livre Gallant : confessions d’un tueur à gages des journalistes du Bureau d’enquête du Journal de Montréal Éric Thibault et Félix Séguin. Pour ceux qui ont lu le livre, celui-ci est très axé sur les faits, les événements importants dans la vie de ce tueur à gages, mais surtout le détail des 28 meurtres et les interrogatoires pour les confessions de Gérald Gallant. Le scénario de Sylvain Guy réussit à faire bien ressortir tous les éléments clés de la vie de Gallant, de son enfance entre autres, sa relation avec son épouse, sa maitresse et ses acolytes du monde criminel, qui ont forgé cet étrange personnage. Bien qu’il y ait plusieurs meurtres qui sont illustrés très réalistement, il y a aussi une belle légèreté et un certain humour qui vient apaiser les moments plus tristement sombres.

Ce film réussit à nous faire découvrir le monde des motards, à l’intérieur de la guerre des Rock Machines et Hells Angels de l’époque. C’est fascinant de voir la dynamique de ces hommes entre eux, prêts à vendre son prochain pour leur propre survie ou une poignée d’argent. Ces scènes de gang sont parmi les plus fortes et captivantes du film, à mon avis.

Parmi les moments plus tendres et même très amusants du film, il y a la relation qu’entretient Gallant avec sa maitresse. Une relation qu’on pourrait qualifier d’un peu tordue, mais où on comprend un peu comment une femme peut s’amouracher d’un tueur (ou presque). Sandrine Bisson capture avec justesse l’essence du personnage de Jocelyne (inspiré de la vraie maitresse de Gallant, Jacqueline Benoît). Elle compare leur couple à Bonny et Clyde et cela l’excite de penser qu’ils forment un duo en cavale où elle est sa complice. Elle le dit elle-même, que sa plus grande peur est l’ennui.

L’autre relation qui est savoureuse à regarder et qui nous fait souvent sourire c’est le duo que forment Gallant et son complice l’excentrique et loyal Donald «Dolly » Lemaire, que Davie La Haye incarne à la perfection en y donnant une belle profondeur. Les meilleures scènes sont celles où ils sont que tous les deux, et se chamaillent à coup de répliques succulentes et drôles. Ils sont opposés l’un et l’autre dans tout, et cela sert magnifiquement le film. L’un est calme, posé, méthodique, incognito et bègue. L’autre est impulsif, excentrique, bruyant, flamboyant. David La Haye réussit à montrer autant le côté dangereux, sans merci et violent du personnage de Dolly, que son côté plus vulnérable, émotif et tendre avec son amoureux, mais aussi son côté loyal, attachant et influençable. On sent qu’il a un passé douloureux et mal aimé qui le rend si fragile, mais qu’il tente de camoufler en joignant un gang de motards.

Naturellement, celui dont le jeu est le plus remarquable est assurément Luc Picard qui se transforme en Gérald Gallant, au point qu’on en oublie que c’est Luc Picard à l’écran. Avec justesse, Luc Picard transforme sa voix en y intégrant un léger bégaiement, qui est identique à Gallant. Pour avoir regardé sur YouTube l’émission J.E. de 2014 où l’on voit plusieurs extraits des interrogatoires avec Gallant et l’enquêteur, ceux-ci sont reproduits avec exactitudes et une ressemblance sans nom. Au-delà de sa voix, il y a toute la démarche, la gestuelle, lente, calme, inoffensive, mais méthodique de cet homme, qu’il reproduit si bien. En plus de le rendre attachant, on est à la fois déconcertés par ses propos, ses justifications étonnantes, mais surtout ses gestes violents qu’il accomplit avec précision et absence d’émotions. Cela donne froid dans le dos de le voir agir aussi froidement et avec détachement.

Pour ce qui est de l’histoire qui nous est racontée, tout comme dans le livre, cela nous est proposé dans le désordre, avec des allers-retours entre les moments d’interrogatoires en Europe en 2006 et les divers événements clés de la vie de Gallant. Chaque scène est importante pour bien saisir le personnage de Gallant, d’où il vient et quelles sont les relations avec les autres. Bien que l’on voit peu sa mère dans le film, chacune de ses apparitions nous dévoile à quel point elle a été l’instrument majeur et dévastateur qui a engendré le Gallant qu’il est devenu. Catherine De Léan et Louise Portal incarnent l’une la mère jeune, l’autre la mère plus âgée de Gallant. Mais surtout les deux réussissent à merveille à nous dépeindre cette femme autoritaire, cruelle et sans merci qui n’a que des paroles plus coupantes qu’un couteau à lancer au visage de son fils. Cela m’a glacé le sang d’entendre ces propos aussi dévastateurs, d’une mère envers son fils. Au final, on remarque qu’il y a une grande profondeur et un constat de société qui nous est montré par ce film. On voit bien que derrière toute cette violence, ces meurtres, vols, agressions, se cachent des êtres écorchés par la vie, des mal aimés, mal compris, mal éduqués. Et l’autre constat que l’on fait est celui-ci encore plus décourageant, que notre système de justice est assez déficient et a permis à un homme comme Gallant d’agir comme tueur à gages pendant autant d’années et passer sous le radar, simplement par son attitude, sa manipulation et sa différence qui attire la sympathie.

Je me dois aussi de mentionner l’excellente musique de Daniel Bélanger qui accompagne le film. Alors que le film débute par une scène très violente, dès la première seconde, s’ensuit alors le générique avec une musique complètement opposée à ce que l’on a vu et les émotions éprouvantes qu’on vient de vivre. Une musique plus entrainante, légère qui nous calme et nous amuse. Le ton est donné. La musique de Daniel Bélanger est là à l’occasion pour accentuer une émotion, avec une mélodie grinçante, ou encore pour dédramatiser ce qu’on vient de voir et nous donner le droit de rire, de sourire. De plus, avec le générique de fin, Daniel Bélanger nous a concocté une chanson dont les paroles sont sublimes et qui nous incite à rester pour l’écouter. Ceux qui auront la patience de rester jusqu’à la fin seront récompensés par une scène finale du film, qui est en fait un extrait du vrai Gallant qui nous parle une dernière fois de sa mère.

CONFESSIONS est l’adaptation du livre Gallant : confessions d’un tueur à gages des journalistes du Bureau d’enquête du Journal de Montréal Éric Thibault et Félix Séguin, publié aux Éditions du Journal. Le livre a d’ailleurs été réédité le 22 juin dernier, avec l’affiche du film en guise de couverture. le lien vers mon appréciation de ce livre est disponible ici : https://lesartsze.com/gallant-confessions-dun-tueur-a-gages-fascinant-troublant-captivant/

Le long métrage «Confessions» a été primé au Festival du film de Whistler. L’acteur et réalisateur Luc Picard s’est vu remettre le prix Borsos du meilleur réalisateur. CONFESSIONS est produit avec la participation financière de Téléfilm Canada, la SODEC, le Fonds Harold Greenberg, le Fonds Québecor, Les Films Opale, ainsi que les crédits d’impôts du Québec et du Canada. Distribué par Les Films Opale, CONFESSIONS prendra l’affiche partout au Québec, exclusivement au cinéma, dès le mercredi 20 juillet 2022.

DURÉE   109 minutes

DISTRIBUTION

 GÉRALD GALLANT  :           Luc Picard

PAULINE GALLANT :           Eveline Gélinas

SERGENT CLAUDE ST-CYR :Emmanuel Charest

REJEAN DESLAURIERS :      Bobby Beshro

RODRIGUE « ROD » LEMAY : Maxim Gaudette

MARC LAROSE :        Jean-François Boudreau

DONALD « DOLLY » LEMAIRE : David La Haye

CARLO                       :           Dany Boudreault

JOCELYNE LACROIX :         Sandrine Bisson

JACINTHE GALLANT :         Louise Portal

JACINTHE GALLANT (1963) : Catherine De Léan

GERMAIN GALLANT :          Raymond Cloutier

 

RÉALISATEUR

Luc Picard

SCÉNARISTE

Sylvain Guy

PRODUCTEUR

Christian Larouche

MUSIQUE

Daniel Bélanger

DIRECTRICE PHOTO

François Dutil

DIRECTEUR ARTISTIQUE

Guillaume Couture

COSTUMES

Brigitte Desroches

SON

Pierre Bertrand

MONTAGE

Carmen Mélanie Pépin

DISTRIBUTEUR

Les Films Opale    

Crédit photos : Courtoisie des Films Opale 

 

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