Monsieur Hämmerli, un tueur à gages mélomane, un polar rempli d’humour et de musique

Pour son 7e roman, en librairie dès le 9 septembre 2022, Richard Ste-Marie a choisi de regrouper dans un même livre, ses cinq nouvelles publiées dans la revue Alibis, dont le personnage principal est un tueur à gages mélomane. Ces cinq histoires complètement différentes ont été remaniées et des détails ajoutés pour en faire ce polar, Monsieur Hämmerli, aux éditions Alire, rempli d’humour et de musique.

Résumé : Mon nom est Charles McNicoll. Mais pour mes clients, je suis Monsieur Hämmerli, tueur à gages. Voici quelques années, un important contrat m’a été présenté; il a aussi été le plus imprévisible, le plus surprenant… pour ne pas dire le plus éprouvant. Depuis, je n’ai plus jamais été le même homme. De fait, étant un mélomane averti, j’ai immédiatement reconnu la cliente: Donatella Bartolini, la célèbre cantatrice dont la voix rend si bien Le Pâtre sur le rocher, mon œuvre préférée de Schubert. C’est aussi parce que je suis un mélomane averti que je n’ai pu accepter son contrat. C’est que, voyez-vous, la personne que je devais occire, c’était la Diva elle-même. Mais Donatella est une femme résolue, et nous avons convenu d’une entente. Chaque soir, je viens écouter de la musique avec elle. Cinq CD, c’est la limite. Si elle parvient à rester éveillée – tout comme moi – jusqu’à la fin de l’audition, je la tuerai à l’aube, comme on dit à l’opéra. Bien entendu, en attendant cette nuit fatidique, je continue à remplir des contrats, et donc à tuer des gens, la plupart des crapules. Mais je sens venir le jour où je devrai changer de métier. Or le seul talent que je possède, c’est bien celui d’assassiner mon prochain !

Je ne connaissais pas cet auteur de polar, mais l’idée originale de son roman impliquant un tueur à gages amoureux de la musique classique m’a incité à vouloir découvrir ce petit bijou de roman unique en son genre.

Je dis bien unique, car je n’ai jamais vu un polar ainsi construit. Ce Monsieur Hämmerli est le narrateur et il raconte avec un ton moqueur et un regard cynique sur la société, une dizaine de ses divers mandats de meurtre qu’il a exécuté, tout en nous offrant ses réflexions personnelles sur l’aide médicale à mourir, la corruption, le racisme, le système judiciaire, la pédophilie, bref des sujets lourds qu’il amène avec légèreté et un humour parfois bon enfant.

En plus de ces récits, il y a une plus grande trame narrative qui est le cœur du roman, soit la relation que Monsieur Hämmerli entretient avec la cantatrice Donatella Bartolini, dont il a reçu le mandat par elle-même, de la suicider, puisque l’aide médicale à mourir n’est pas encore vraiment possible pour elle. Cette relation est basée sur l’admiration et le respect. Chacun d’eux se raconte à l’autre et on en apprend beaucoup sur la musique classique et sur les méthodes et la préparation pour un tueur à gages. Étonnamment, il y a beaucoup de similitudes entre ces deux êtres et leurs métiers très différents. J’ai adoré les entendre discuter de musique. J’en ai appris beaucoup sur la musique classique qui est en soi un personnage dans le livre (il y a même une section à la fin du livre avec des références musicales sur toutes les œuvres et interprètes qu’ils ont mentionné dans le roman.) J’en ai aussi appris beaucoup sur les armes à feu, et la préparation pour bien réussir un meurtre.

Je ne suis pas une grande amatrice de polar en général, mais celui-ci est tellement spécial, avec un ton léger et humoristique que j’ai bien aimé. Il y a des personnages secondaires, Roger et le Gros Luce, qui sont des acolytes de  Monsieur Hämmerli et qui sont très colorés. L’humour passe souvent par eux et c’est très drôle de les entendre discuter ensemble.

J’aime bien aussi que les intrigues du roman se passent dans la Capitale-Nationale, où j’habite. Ainsi, j’ai reconnu aisément les divers lieux qu’il décrit et j’ai pu donc me sentir plus proche de l’action, en m’y reconnaissant. C’est toujours agréable quand cela se passe dans des endroits que l’on connaît.

Finalement, j’aime bien que le narrateur parle directement au lecteur parfois, cela nous met dans la confidence et nous rapproche de l’auteur. Il utilise aussi des notes de bas de page qui sont franchement très rigolos.

Au final, ce polar se lit facilement et nous donne le goût d’écouter de la musique en même temps. C’est presque dommage d’arriver à la fin assez rapidement. J’ai pris grand plaisir à connaitre ce tueur à gages, mélomane et sans malice, tout comme j’ai aimé découvrir ce nouvel auteur pour moi.

RICHARD STE-MARIE est né à Québec en 1945. Après une carrière de trente ans à l’École des arts visuels de l’Université Laval, il a pris sa retraite de l’enseignement en 2000. Ses œuvres ont été exposées dans plus de soixante-dix expositions personnelles et collectives au Canada et à l’étranger. De 2002 à 2010, il a été animateur à CKRL où il a interviewé plus de six cents créateurs. Musicien, il a été membre de la Fanfafonie, une des troupes fondatrices du Cirque du Soleil en 1984. Son roman L’Inaveu, finaliste 2012 du prix Saint-Pacôme du roman policier, a remporté le Prix Coup de cœur, décerné par le club de lecture de la bibliothèque Mathilde-Massé de Saint-Pacôme, honneur qu’il a de nouveau remporté en 2016 pour Le Blues des sacrifiés.

Polar

Date de parution : 9 septembre 2022

Nombre de pages : 228 pages

Prix :  24,95 $

Nouvelles ayant inspiré le roman

  • « Monsieur Hämmerli », Alibis 35, 2010.
  • « La Colère d’Hämmerli », Alibis 41, 2012.
  • « Petite Suite Hämmerli », Alibis 44, 2012.
  • « Docteur Hämmerli », Alibis 50, 2014.
  • « Le Monde selon Hämmerli », Alibis 56, 2015.

Éditions Alire : https://www.alire.com/

 

Sujets connexes

%d bloggers like this: