C’est un fabuleux spectacle d’émerveillement intitulé Action! que La Tohu présente jusqu’à la fin du mois et on le trouvera propice aux plus spontanées réjouissances du coeur pendant l’actuel temps des Fêtes.
La production a surgi d’une douzaine de raffinés artisans du cirque formant une experte compagnie de Québec, le Théâtre à Tempo dont la réalisatrice Geneviève Kerouac a mobilisé les talents pour nous fournir ce spectacle exportable à peu près partout sur la Terre!
Acrobaties, mimes, chanson splendide
L’énumération de tout ce qu’on verra (ou qu’on reverra, car je m’empresserai bientôt d’y retourner absolument!) suppose qu’on adhère tout de suite à l’histoire qui se raconte : l’adroite fiction d’un tournage de film par lequel on prend part — comme spectateur emballé— à cette aventure d’une série de prouesses sans relâche rythmées de percussions et de mélodies entraînantes au-delà de quoi se révèlera un souhait universel.
Au coeur des numéros virevoltants et gravissant le Ciel d’échelles et de fils de fers ascendants, on voit d’habiles prodigieux athlètes-jongleurs-saltimbanques-équilibristes-souvent chansonniers et danseurs aussi.
Précision et perfection dans la rapidité
Franchement, j’ai eu l’impression de revivre la Belle Époque des cafés-concerts ou cabarets en plein air avec des carrousels imaginaires en des foires si fréquentes jadis en province française, ces lieux nourris des amuseurs typiques de la joie de vivre propre à l’enfance.
Quelque chose comme un creuset des arts de la scène sur le Vieux Continent! Et il y avait beaucoup d’attendrissants jeunes radieux enfants dans l’assistance des gradins de la Tohu à la Première!
Un mime à la Marceau
L’art du mime atteint un haut sommet : des mouvements suggestifs en un éclair, la fulgurante ruse d’une épicée malice des yeux mariée à cette parfaite exactitude de l’intelligence des mains et du corps. En un mot, François-Guillaume Leblanc, un mime d’une précision, d’une rarissime légèreté d’adresse des mains, sa gestuelle parfaite qui suggère la bête, le numéro, la scène contrefaite et esquisse subito presto l’idée ou l’intention.
Et il y a aussi cette mesure métronomique (Philippe Normand-Jenny) des rythmes musicaux (Guillaume Fontaine) qui entraîne à la danse ou aux pirouettes de haute voltige avec notamment les corps si aptes et pourtant si dissemblables d’Augustin Thériault et de l’Argentin Santiago Esviza.
Tant d’entrain en feu roulant à tel point que je ne pouvais me retenir de danser sur ma chaise- oui, moi, spectateur pourtant d’écoute si inerte de nature.
Avec de talentueux musiciens et chanteuses dans cette équipe du tonnerre comment se lasser de revoir cette production?
Parolier Patrick Ouellet
Le fait musical et clou artistique universel de cette performance tout à fait optimale se cristallise dans une chanson digne du premier prix de l’Eurovision à l’époque antérieure à Frida Boccara soit celle fort lointaine où music-hall et chanson française s’incarnaient par euphorie générale en un air à jamais célèbre!
Voici quelques paroles mémorables et choisies de cette chanson : Je n’étais encore qu’une enfant et je ne me connaissais pas Je rêvais d’un projet plus grand que ce qui pesait devant moi.
N’est-ce pas le rêve de tout humain que de transcender et s’extraire de la triste gravité du monde ayant perdu idéaux, valeurs et horizons lumineux pour se propulser dans un nouveau cosmos où tout deviendrait possible?
Et encore. Puis un jour, vers moi s’est tendue une main ; j’ai levé mon regard et croisé le tien: je voyais dans tes yeux sincères et généreux que tout irait mieux.
À ne pas rater de telles volutes en soi!
L’air de la musique de Frédérick Desroches et du beau Philippe Normand-Jenny m’a ainsi ému aux larmes comme jadis — presque gamin encore — à l’immédiate écoute sous la grande tente de la chanson-thème d’Alegria.
C’est la magie des grands spectacles que de faire sourdre du coeur la joie et l’espoir.
Durant cette production, tout resplendit d’une telle énergie souriante de chance et de ce rare ou libérant humour qu’on a l’impression que ces grands artisans du cirque, ici, font tout ça — ces numéros complexes —avec l’heureux bonheur d’une improvisation spontanée et un synchronisme parfait au bout desquels tant de surprises nous caressent d’un rare amour de tout ce qui est vibrant.
CRÉDITS Action! du Théâtre à Tempo
Écriture et mise en scène Geneviève Kérouac
Scénographie Jean-Francois Gosselin, Philibert Hébert-Filion Huguette Lauzé
Costumes et accessoires Huguette Lauzé
Éclairages Bruno Matte
Musique Frédérick Desroches, Philippe Normand-Jenny
Paroles Patrick Ouellet
Sonorisation et direction technique Patrick Paquet
Conception des appareils acrobatiques Collectivlab
Régie Sonia Montminy
Direction de production Carole Demers
Artistes
Santiago Esviza, Guillaume Fontaine, François-Guillaume Leblanc, Justine Méthé-Crozat, Philippe Normand-Jenny, Marie-Michèle Pharand, Jérémy Saint-Jean, Augustin Thériault


































































