La huitième édition de Noël une tradition en chanson est un grand cru du genre cette année. Grâce à sept artistes et sept musiciens sur scène, on assiste à un divertissement total : émotions, humour et nostalgie au menu cinq étoiles. Et bien que le titre annonce une série de chansons de Noël, il n’y a pas que … car Joël Legendre, l’habile metteur en scène, jongle autrement avec Johanne Blouin – la reine de Noël –, Émily Bégin, Rita Tabbakh, Paul Daraîche, David Latulippe et Steve Veilleux (Kaïn). Voilà tout l’intérêt du spectacle !
Pour briser la glace, la dite reine de Noël fera une entrée éblouissante avec L’Enfant au tambour et glissera qu’il s’agit là de son premier retour sur cette chanson depuis la parution de son dernier CD, il y a 31 ans. C’est un plaisir d’entendre cet immense talent qui avait ravi nos cœurs à l’époque et que l’on voit trop peu souvent.
À mi-parcours de l’événement, Johanne Blouin, professeure de chant au cégep pendant 21 ans, confiera que sa plus grande fierté est de constater le succès de ses élèves. Dans ce cas-ci, il s’agit de nul autre que David Latulippe, revenu en début d’année d’une tournée internationale de presque trois ans en tant que Zéro Janvier dans Starmania. Le puissant duo qu’ils forment sur The Prayer vous tirera les larmes des yeux : un moment fort qui mériterait d’être capturé sur pellicule pour la postérité.
Mais les surprises ne s’arrêteront pas là, puisque Rita Tabbakh – chic dans sa robe de velours, fille d’un réfugié libanais et d’une Acadienne – viendra interpréter J’hais l’hiver dans un numéro comique avec Joël Legendre, chanson qui paraît d’ailleurs sur son premier album de Noël cette année. De sa voix d’or et de sa prestance, elle livrera également un vibrant Noël à Jérusalem.
Avec Émily Bégin, on est loin d’être en reste : voix splendide et style sophistiqué. Dans sa robe noire, sobre et raffinée, elle reprendra de façon émouvante Marie-Noëlle, un classique bien de chez nous (Claude Gauthier et Robert Charlebois). Elle offrira aussi un numéro émoustillant à la Chicago, en interaction avec trois prétendants (Latulippe, Veilleux et Legendre).
Le Gaspésien Paul Daraîche, fier représentant du country québécois, ne sera pas en reste puisqu’il présentera, entre autres, Noël d’autrefois et Petit papa Noël. Même si sa voix semblait fatiguée — après tout, il s’agissait de la deuxième représentation de la journée —, l’apparition d’un Daraîche sur scène demeure toujours un événement marquant.
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Cette année, c’est Steve Veilleux, du groupe Kaïn, qui tient la tête d’affiche pour le registre folk-rock à la québécoise. Il sera le meneur pour 23 décembre de Beau Dommage et interprétera Embarque ma belle, succès de Kaïn sur laquelle la foule se joindra allègrement.
Soulignons cette trouvaille de Joël Legendre, qui mixera Si Dieu existe de Claude Dubois avec Les enfants oubliés. Émouvant.
Si chacun des chanteurs présente son succès ou son choix personnel — Dors Caroline par Johanne Blouin, Danser Danser par Émily Bégin, Hymne à l’amour par Rita Tabbakh, etc. —, c’est David Latulippe qui se méritera une ovation bien sentie pour sa performance époustouflante de J’aurais voulu être un artiste. Respect !
Noël, une tradition en chanson sera aussi truffé de numéros hilarants et d’imitations (Filiatrault, Reno, Simard et Louvain) avec Joël Legendre comme protagoniste.
On sort repu et souriant d’un tel spectacle : un vrai feel-good show, nécessaire la veille du temps des Fêtes, période parfois stressante, qui est présentement en tournée à travers le Québec.
Musiciens sous la direction de Jacques Roy.
Photos : Sébastien Jetté


































































