Hier soir, la Maison symphonique vibrait au rythme de la fête pour la première de quatre soirées réunissant l’OSM et le groupe acadien Salebarbes (Éloi Painchaud, Jonathan Painchaud, Jean-François Breau, Kevin McIntyre, Georges Belliveau) dans le cadre des concerts Pop. Entre rires, chants et pieds qui tapaient le sol, le public est ressorti léger, porté par une sensation de bien-être, presque comme sur un nuage. Même les néophytes de l’OSM y trouveront leur compte : impossible d’assister à ce rendez-vous sans avoir ensuite l’envie de revenir découvrir d’autres séries dans ce lieu majestueux.
Le concert s’est ouvert sur « La dernière fois », d’abord porté uniquement par l’orchestre symphonique, offrant une version émouvante de ce succès. Puis, des coulisses, les violoneux de Salebarbes se sont joints à l’ensemble avant que les cinq musiciens-chanteurs fassent leur entrée sur scène. Dès ces premières minutes, la complicité avec la cheffe Dina Gilbert s’est imposée, autant dans le dialogue musical que dans les regards échangés.
Puis les succès s’enchaînent en encourageant la participation du public en nous faisant chanter avec eux «Chat par la tcheu». «Good Lord» a été chaudement applaudi grâce à une finale grandiose. Les intros des chansons se font souvent par du beau travail de l’orchestre symphonique qui apporte cette sensation de grandeur.
Au milieu du concert, l’ambiance devient plus intimiste sans perdre en intensité. « Jo Richard » s’ouvre sur une introduction surprenante de l’OSM, tandis que « Yink moi qui t’faut » mise uniquement sur l’orchestre pour mettre en valeur les voix de Kevin et Georges, créant un moment magique et tout en finesse, salué par de chaleureux applaudissements.
Totalement inattendu, le grand orgue de l’OSM s’est fait entendre discrètement dans « Parlez-nous à boire », apportant un soutien subtil, avant de s’imposer pleinement dans « C’est la vie », évoquant l’ouverture d’un grand mariage. Comme un symbole, il scellait l’union entre Salebarbes et l’OSM, offrant au public le plaisir de redécouvrir la richesse de cet instrument majestueux.
Et quand est arrivée « C’est la vie », ce classique de Chuck Berry, la salle s’est levée spontanément pour danser et taper des mains : le party était vraiment « pogné » !
« Un autre soir ennuyant » a enveloppé la salle d’une chaleur conviviale, portée par l’OSM et les harmonies à trois voix de Jean-François, Georges et Jonathan, tandis qu’Éloi y ajoutait son grain de sel avec un solo d’harmonica.
Jean-François a confié qu’après 200 spectacles en deux ans de tournée, le groupe s’accordera une pause de six mois pour préparer un nouvel album. Et pour le public, ils ont offert un avant-goût avec l’une de leurs nouvelles chansons, « Ma maison c’est toi ». La mélodie, magnifiquement soutenue par les cordes de l’OSM, a transformé ce moment en un véritable baptême musical, couronné par une ovation debout.
J’ai adoré « La rivière ». L’orchestre symphonique brillait seul, tandis que les cinq membres de Salebarbes se contentaient de chanter en harmonie. Le contraste entre les cordes majestueuses et les voix, pleinement mises en valeur, a offert un moment de pure magie qui a transporté le public au septième ciel.

À l’approche de la fin du concert, les chansons les plus connues et celles qui font lever le public ont pris le relais, faisant grimper l’énergie et transformant la soirée en un party inoubliable.
Avec « Gin à l’eau salée », c’est toute l’Acadie du bord de mer qui a envahi la salle, portée par une section de cuivres enfin mise en avant. Quand le rythme a démarré, le public s’est levé pour danser, conquis. Le succès s’est poursuivi avec « Y’a le bon Dieu », qui a enflammé la fin du concert.
Impressionnante, la réplique entre la section des cordes et le violon de Salebarbes dans « Bosco Stomp », ponctuée par un solo de guitare électrique final, a déclenché une nouvelle ovation debout du public.
Pour clore le concert, quoi de mieux que « Les haricots », en chanson à réponse, où Salebarbes a joué avec le public en nous faisant chanter? Mais le groupe nous réservait encore un rappel bien mérité avec « Marcher l’plancher », une finale plus blues pour boucler la soirée en beauté.
Même si Jean-François plaisantait : « On est chanceux d’être ici ce soir avec l’OSM, pour un band de garage des Maritimes. Va falloir changer la porte de garage ! », c’est finalement le public qui se sentait le plus chanceux d’assister à ce moment unique.
Impossible de passer sous silence les magnifiques arrangements de l’OSM signés Antoine Gratton, ni les éclairages de Louis-Xavier Gagnon-Lebrun qui ont offert de superbes visuels. Tout au long du spectacle, le travail exemplaire de la cheffe d’orchestre Dina Gilbert a sublimé chaque moment.
Salebarbes est un groupe exceptionnel qui fait briller toute l’Acadie. Leurs harmonies vocales, impeccables, ont été un vrai régal pour les oreilles, et leurs talents de musiciens ne sont pas en reste : ils s’échangent les instruments au fil des chansons, passant de la batterie aux percussions, de la guitare au violon, sans oublier l’harmonica.

Même si la Maison Symphonique offre une acoustique parfaite, quelques mots se perdaient parfois à cause des microphones, mais l’énergie, elle, était pleinement présente à chaque instant.
Ce concert a réussi l’exploit de marier la virtuosité de l’OSM à l’énergie contagieuse de Salebarbes. Du début à la fin, la salle a vibré au rythme de chaque chanson. Un spectacle à ne pas manquer, que je recommande fortement.
Maison Symphonique de Montréal (Place des Arts, 1600 St-Urbain, Montréal)
Du 30 septembre au 3 octobre 2025 à 20h.
Billets en vente (à partir de 45$) au https://www.osm.ca
Prochain concert «Pop» de l’OSM en février 2026 :
«Pérusse symphonique: de Snack bar à l’OSM» avec François Pérusse
https://www.osm.ca/fr/concert/perusse-symphonique-du-snack-bar-a-losm/
Autres concerts intéressants de l’OSM sur https://www.osm.ca :
19 novembre : 2001 L’Odyssée de l’espace (concert avec projection du film)
10-11 décembre : Le Messie, Alléluia!
3-4 mars : La magie de Harry Potter
3-4 avril : Le Requiem Allemand par Kent Nagano
Photos: Antoine Saito, photographe



































































