Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) franchit une étape décisive dans sa transformation. Jusqu’au 11 octobre 2026, le 4e étage du pavillon Claire et Marc Bourgie est entièrement réaménagé et désormais dédié à la présentation d’expositions temporaires annuelles. L’objectif ? Offrir une relecture dynamique et inclusive de l’histoire de l’art québécois et canadien, exclusivement à partir des œuvres de la riche collection du Musée.
Pour inaugurer ce nouvel espace phare, le MBAM frappe un grand coup en mettant en lumière les voix et les histoires des Premières Nations. L’exposition inaugurale, intitulée « Soleils levants : l’art des Confédérations des fleuves et des grands lacs », rassemble une vingtaine d’œuvres, allant de pièces rarement montrées à de nouvelles acquisitions, pour témoigner de l’art autochtone des derniers siècles.
L’exposition « Soleils levants » s’ancre dans une géographie et une histoire fondamentales : l’archipel de Montréal. Ce territoire, baigné par le soleil levant et stratégiquement situé à l’est du continent, est reconnu comme un point de confluence majeur pour les écosystèmes, les relations diplomatiques, les langues et les traditions orales autochtones.
L’exposition vise, dans un premier temps, à relater et à honorer les échanges historiques de nation à nation au sein des confédérations autochtones elles-mêmes. Elle élargit ensuite cette perspective pour inclure les dialogues et les relations qui se sont développés au fil des siècles avec les communautés française, néerlandaise et britannique.
À travers leurs œuvres, les artistes présentés offrent des visions du monde et du territoire puissantes, façonnées par des milliers d’années d’échanges, de spiritualité, d’observation minutieuse et de respect profond de la nature.
Cette présentation muséale est la première du genre au MBAM à se concentrer spécifiquement sur les artistes contemporains des confédérations rotinonhsión:ni, wendat, w8banakiak et des alliances anishinaabeg des fleuves et des grands lacs, dont les pratiques s’étendent des années 1970 à aujourd’hui. L’exposition célèbre une diversité de techniques — perlage de wampum, peinture, photographie, sculpture, vidéo et installation — et met en évidence des courants de création distincts.
Ce geste fort vise à corriger une lacune historique en intégrant pleinement ces artistes, souvent marginalisés, dans les récits de l’histoire de l’art du Québec, du Canada et des États-Unis.
Enfin, l’exposition prévoit une rotation d’œuvres futures qui mettra en lumière des mouvements plus récents, essentiels à la compréhension contemporaine, axés sur la résistance, la résurgence et la revendication des terres, des eaux et des droits autochtones.
Le commissariat de l’exposition a été confié à Léuli Eshrāghi (Tagata Sāmoa), Conservateurice des pratiques autochtones au MBAM, assurant ainsi une perspective experte et sensible.
Pour cette initiative majeure, M. Eshrāghi a bénéficié de la collaboration essentielle de Katsitsanò:ron Dumoulin Bush (Kanien’kehá:ka), Stagiaire en art et design autochtones, garantissant une approche de l’histoire de l’art à la fois informée et co-créée.
Photo en accueil : Renée Condo (1979-), Lluigneg, 2023. MBAM, achat, fonds de la Campagne du Musée 1988-1993. Photo MBAM
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Tout savoir : https://www.mbam.qc.ca/fr/expositions/soleils-levants-lart-des-confederations-des-fleuves-et-des-grands-lacs/


































































