Il y a des artistes qu’on écoute, et d’autres qu’on adopte. Renaud fait partie de la deuxième catégorie. Depuis des décennies, ce titi parisien au bandana rouge entretient avec le Québec une histoire d’amour qui ne s’est jamais démentie. Cet automne, c’est à notre tour de lui dire merci. Lancé hier, Renaud symphonique : 50 ans de carrière ! sera présenté deux soirs seulement : le 9 octobre à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, puis le 11 octobre à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.
Et fait assez exceptionnel : Renaud sera lui-même dans la salle, à Montréal comme à Québec. Vous imaginez ? Chanter ses mots… devant lui !
Diane !
Et voilà que la nouvelle tombe : notre Diane Dufresne se joint à la fête ! Libre, entière, inclassable, elle viendra poser sa voix et son univers sur l’œuvre de Renaud, le temps d’une interprétation imaginée spécialement pour ces deux soirées.
Deux monstres sacrés, deux rebelles qui ont toujours refusé les conventions et qui ont marqué leur époque avec une liberté folle. Elle, avec ses chapeaux, ses plumes et ce cri du cœur qui vous décroche 1000 émotions. Lui, avec son blouson de cuir et ses colères tendres. La rencontre promet d’être l’un des clous de la soirée. Et j’ai déjà hâte de voir le regard de Renaud à ce moment-là !
Les générations
Je l’avoue d’emblée : c’est la distribution qui m’a d’abord séduite. Quatorze artistes de chez nous ! Il y a Diane Dufresne, bien sûr, mais aussi notre grande Édith Butler et l’inoubliable France Castel, qui ont grandi en même temps que les premières chansons de Renaud.
Puis Marie-Jo Thério, Luc De Larochellière, Daniel Boucher et Mara Tremblay, des plumes qui savent ce que veut dire raconter une histoire en trois minutes. Betty Bonifassi et cette voix bouillante qui vous enveloppe. Keith Kouna, Gaële, Antoine Gratton et Yann Perreau, qui signe aussi la mise en scène. Et la relève, avec Émile Bourgault et Édouard Tremblay-Grenier, qui n’étaient pas nés quand Renaud chantait Laisse béton.
Certains ont grandi avec ses chansons. D’autres les ont découvertes bien plus tard, sur un vieux vinyle des parents ou au détour d’une playlist. Pourtant, tous se retrouvent aujourd’hui autour de la même œuvre. C’est peut-être la plus belle preuve que Renaud a traversé le temps sans jamais se figer dans une époque.
Le Québec
D’ailleurs, pourquoi l’aimons-nous autant, ce Renaud ? Il me semble que c’est sa franchise. Son franc-parler, sa poésie populaire, son irrévérence, sa fragilité… et cette immense tendresse qu’il cache si mal. Il a chanté les copains, les filles, les injustices et les petits bonheurs avec des mots de tous les jours. Ici, ça nous a parlé tout de suite. Nous aussi, on aime appeler un chat un chat.
Et ce public québécois, fidèle comme pas un, l’a suivi dans les hauts comme dans les bas. Le voir assis dans la salle pendant que des artistes de chez nous, de plusieurs générations, font siennes ses chansons ? Préparez vos mouchoirs.
L’orchestre
Pour habiller tout ce beau monde, les 35 musiciens de l’Orchestre national de jazz, sous la direction musicale d’Antoine Gratton. Celui-ci tiendra d’ailleurs la baguette de chef d’orchestre pour la toute première fois. Un baptême du feu… et pas devant n’importe qui ! Les arrangements ont été créés spécialement pour l’occasion. Imaginez Mistral gagnant portée par les cordes. Frissons !
Au programme, les immortelles : Mistral gagnant et Morgane de toi, écrites pour sa fille Lolita, Dès que le vent soufflera, Laisse béton, En cloque, et bien sûr Hexagone, cette charge féroce de ses débuts. Je vous mets au défi de lire ces titres sans fredonner.
Plus qu’un concert hommage, ces deux soirées seront une déclaration d’amour du Québec à Renaud. À l’artiste, à l’auteur, et à cette œuvre qui, cinquante ans plus tard, rassemble encore toutes les générations. Combien d’artistes peuvent en dire autant ?
Renaud, pour tout ça : respect !
Renaud symphonique : 50 ans de carrière !
Avec l’Orchestre national de jazz
Direction musicale : Antoine Gratton
Mise en scène : Yann Perreau
Direction artistique : Luce Rozon
Conseiller artistique : Loui Mauffette
- Montréal : vendredi 9 octobre 2026, 19 h 30, Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts. Billetterie
- Québec : dimanche 11 octobre 2026, 19 h 30, salle Louis-Fréchette, Grand Théâtre de Québec. Billetterie
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)





























































