Sans témoin raconte l’histoire de Sam, une avocate de la défense criminelle, qui se retrouve kidnappée et abandonnée sur une île isolée en compagnie de Paul, un ancien client qu’elle avait auparavant réussi à faire acquitter d’accusations d’agression sexuelle. Alors qu’ils tentent de traverser l’implacable nature sauvage du mont Owl’s Head, en Estrie, le comportement de Paul pousse Sam à remettre en question l’homme qu’elle a jadis défendu.
Ce film québécois a été présenté dans sa version originale anglophone en première mondiale au Festival Fantasia le 21 juillet dernier, en présence de Pascale Bussières, de la réalisatrice et de l’équipe de production. François Arnaud était présent par message vidéo, retenu sur un tournage. Le festival est reconnu pour ses films de genre.

Dans le cas de Sans témoin, je le qualifierais plutôt de film d’auteur. La grande particularité est que c’est une histoire à deux personnages, avec un 3e en introduction et un 4e à la toute fin. Ce sont Pascale Bussières et François Arnaud qui portent tout le film sur leurs épaules dans des conditions qui n’ont pas dû être de tout repos, pour eux et pour l’équipe technique, puisque l’action se passe entièrement en montagne.
Le père de famille qui les abandonne tous les deux sur une île en veut particulièrement à l’avocate qui a fait acquitter le violeur de sa fille quinze ans plus tôt. Il lui dit : « Une seule décision peut créer une avalanche ».
Comme la réalisatrice nous l’a confié à la fin de la projection, nous avons un historique de prédateurs sexuels puissants qui s’en sortent grâce à des avocats réputés et forts, et ce sont souvent des femmes qui sont volontairement choisies.
Sans témoin est une histoire de vengeance, un véritable thriller très bien construit à la photographie magnifique. Les nombreux plans rapprochés contribuent à nous transmettre les craintes, les peurs et les insécurités des protagonistes, parce que Paul (François Arnaud) nous apparaît vulnérable et insécure, tandis que Sam, le personnage de Pascale Bussières, est dur, fort, déterminé et très indépendant.
Le tour de force est de nous faire ressentir cette peur et cette fatigue qui les envahissent pendant 90 minutes. S’en sortiront-ils… et comment ? On ne nous impose aucune longueur. C’est captivant du début à la fin.

La chimie entre Pascale Bussières et François Arnaud (Heated Rivalry) fonctionne à 100 %. Et comme elle a répondu à la question d’un spectateur sur la difficulté de tourner entièrement dans la nature : « Il y a pire que de passer quelques mois en montagne avec celui qui est considéré comme l’un des acteurs les plus sexy de la planète ». Elle a aussi ajouté qu’elle a aimé le défi physique, ce qui n’a peut-être pas été le cas de l’équipe technique.
On se demande souvent comment une idée de film peut se manifester. Dans ce cas-ci, selon la réalisatrice Wiebke von Carolsfeld, c’est le pouvoir de l’argent qui fait en sorte que des criminels s’en tirent trop facilement.
Distribution Pascale Bussières, François Arnaud, Michael Greyeyes et Peter Outerbridge
Réalisation Wiebke von Carolsfeld
Scénario Doug Taylor, Wiebke von Carolsfeld
Direction photo Léna Mill-Reuillard
Montage Marie-Pier Dupuis
Direction artistique Félix Larivière
Musique originale Peter Venne
Production Frédéric Bohbot, Kacim Steets Azouz
Production exécutive Robert Vroom
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